14 décembre 2012

Je viens de lire...

 
 
 
J'aurai pu écrire ce livre. J'aurais dû écrire ce livre.
Je pense cependant que pour réussir à faire publier ce genre de récit, il faut déjà être connu dans le monde de l'écriture.
Le plus drôle, c'est que son petits-fils est né en août 2004 et que ma petite-fille en juillet 2004.
 
Moi, je n'ai fait qu'écrire de la poésie dont ceci :
 
 
Un tourbillon printanier
 
« Une poule sur un mur… »
 
Non grand-maman : « Ainsi font, font, font… »
 
Tourbillon de comptines.
« On joue grand-maman? »
Une petite Sophie apprend des mots
Rire de grand-maman, grand devin
Balbutiements
Il faut de la patience
Longtemps sur le métier
Les mots viendront, les mots viennent
On pourrait croire au miracle
Non, l’enfant grandit
 
Petite souris trottine
Recherche le chat,
Impassible pour le moment
Non, Sophie, ne crie pas
Tout doux, tout doux
Ah! Mes oreilles, c’est trop!
Notre ami Coco s’enfuit
Il ne sait plus où se cacher
Elle retourne à la guerre, s’active,      déjà ailleurs
Réclame grand-papa. ©
 de Québec,  Ginette Chicoine. Avril 2006 ©
 

08 décembre 2012

Karen Thompson Walker présente son roman L'Âge des miracles

L'âge des miracles est un roman d'anticipation. La terre qui ralentit, mais pas à peu près, et ses conséquences.

Julia, qui est maintenant une jeune adulte, nous raconte ce changement et son évolution avec ses yeux de jeune adolescente de 11 et presque 12 ans, l'âge qu'elle avait lorsque le phénomène est apparu.

Ce premier roman de Karen Thompson Walker est bien mené et se lit bien même si la traduction est agaçante des fois. Cette traduction est faite pour les français et  certains mots sont traduits avec des mots utilisés en France et non en Amérique. L'idéal serait de pouvoir le lire en anglais.




« Dans la vie, on n'a qu'une seule obligation: mourir.... Tout le reste relève du choix. » p. 65

« La vie serait plus douce si elle suivait un cours inverse, si, après des décennies de déceptions,on atteignait finalement un âge où les sacrifices ne seraient plus de mise, où tout deviendrait possible. » p. 113

« Pensez à ce miracle inconcevable : un être humain qui en engendre un second, dans son sein; une femme qui développe un autre coeur, un autre cerveau, d'autres paires d'yeux, de bras et de jambes, un second corps complet, comme si elle prévoyait des pièces de rechange, puis qui, au bout de neuf mois, expulse cet autre être, hurlant et vivant, dans le monde. » p. 129-130.

« ... il semblait déjà savoir à l'époque que tout était sous-tendu par un chagrin universel. » p. 278

« Je ne savais pas, avant ce jour, que la neige étouffait tous les sons, assourdissant à sa façon le vacarme du monde. » p. 281

04 décembre 2012

Eureka!

Quand je suis allée en Italie du sud, ici à Tropéa, je me suis demandé pourquoi il y avait des cadenas au garde-fous.
J'ai trouvé la réponse en lisant 7 ans après... de Guillaume Musso. p. 221
Et oui, je lis Guillaume Musso. Je connais certaines personnes qui me crucifieront mais bon...Je lis pour le plaisir de lire quand je lis Musso qui écrit bien et qui ne nous prend pas non plus pour des cons.
Ses thrillers sont un peu pas mal irréalistes et frôles probablement les romans Harlequin mais ils me font sourire. Je ne suis pas dupe et probablement que personne n'est dupe. On se laisse quand même prendre par l'intrigue et les folles poursuites. Et il arrive qu'on apprend...

Toujours est-il que ce sont des cadenas d'amour.

 
 

02 décembre 2012

Pour Marsi , Venise...et les autres.

Curieusement et non
l'internet interfère sur nous, un peu partout.

En visitant le musée McCord, j'ai pensé à Marsi parce qu'il est bédéiste et à Venise qui, je pense, aime bien rire.
Pourtant Marsi je ne le connais pas vraiment. J'en sais ce que Venise nous en dit sur son blogue. Tant qu'à Venise, je l'ai rencontrée cinq minutes un jour au salon du livre de Québec et nous avons correspondu pendant une brève période.

Si j'ai pensé à eux, c'est à cause d'une exposition vraiment hilarante au musée McCord. La fin du monde... En caricatures !

Je ne suis pas spécialiste mais j'ai quand même pu admirer le travail de ces artistes d'ici souvent méconnus et leur humour aussi. Une exposition à visiter.
Il faut, cependant faire vite car le tout se termine en janvier.

Le site web du musée McCord est très intéressant et plein de richesse.

Nous avons vu cette exposition par hasard car nous étions là pour la photographie.


30 novembre 2012

La grande bibliothèque...

... vous connaissez ?

Je me sens encore euphorique.
Nous avons fait une petite virée à Montréal, histoire de briser la routine de la retraite.
La grande bibliothèque ouvre à 10 h. et nous étions là.
En attendant de traverser la rue au feux de circulation, nous avons vu une file devant la porte comme un lendemain de Noël à la porte des grands magasins.
On se demandait, est-ce qu'ils vont tous à la bibliothèque ?
Et bien, croyez-le ou non, c'est oui.
Nous avons suivi la foule, désemparés, les gens arrivaient d'ailleurs, aussi. Une vague, presque un tsunami de personnes et nous, là, au milieu.
Roger de dire: En tout cas, ils savent où ils vont.
Nous, on ne savait pas trop.

Nous nous étions abonnés à la grande bibliothèque via internet.
J'ai même lu un livre électronique.

Toujours est-il que nous osons un pas à l'intérieur.
Où aller dans ce vaste univers ?
Une gentille dame (nous n'avons rencontré que des gens aimables à Montréal, souriants et prêts à aider) voyant notre désarroi nous informe que nous pouvons faire une visite guidée avec un audio-guide et gratuitement.
La visite est très bien organisée. Tellement bien que nous pensons y revenir pour y passer plus de temps. Nous avons même pu emprunter un livre et récupérer notre carte d'abonné. Notre livre nous le rendrons à la bibliothèque Gabrielle-Roy le temps venu. Et nous pouvons réserver des livres que nous recevrons à G.-R.

Avec notre abonnement, nous avons accès à plusieurs services même à distance. L'abonnement est gratuit pour tous les Québécois. Quelle belle invention que l'internet !
 
Cette bibliothèque est d'une très grande richesse, il faut s'y arrêter un peu.
Beaucoup de personnes y travaillent et lisent dans un silence quasi religieux. Juste cette bibliothèque vaut le déplacement vers Montréal.


En sortant de la bibliothèque, je me suis sentie un peu voyeuse.
J'ai photographié ce monsieur qui lisait dehors malgré le froid et la neige.

 
On dira après que les Québécois ne lisent pas.

17 novembre 2012

Rivière Mékiskan

Rivière Mékiskan est le premier roman de Lucie Lachapelle.

Elle scénarise et réalise des documentaires dont
La rencontre, produit à l'ONF. En cliquant sur le lien Lucie Lachapelle vous pouvez regardez ce documentaire très intéressant  sur les relations de couple entre Blancs et Autochtones.
 
Je qualifierais son roman d'auto-fiction car elle a vécu à Senneterre pendant plusieurs années, elle a été mariée à un Cri et elle a eu deux fils qui sont métis.
Elle connaît bien le milieu qu'elle décrit, la culture et le peuple améridiens.
 
Dans ce roman plein de délicatesses, elle nous raconte les hauts et les bas de ces peuples autochtones.
Ce livre simple émeut et donne le goût d'en connaître un peu plus sur ces peuples souvent oubliés et que souvent on veut oublier.

12 novembre 2012

Les larmes de saint Laurent.

Au moment d'écrire ce billet, je remarque que l'écriture du mot saint Laurent est différente de notre façon d'écrire habituelle: Saint-Laurent.
Pourquoi?
 
Je sais que les mots Les larmes de saint Laurent ont un rapport avec les perséides.
J'ai fait une autre recherche sur internet et je n'ai pas  trouvé de réponse, sinon que Yves Saint Laurent écrivait son nom sans trait d'union.
J'ai courriellé M. Tanguay des éditions Alto pour savoir s'il y avait une autre explication, mais non.
Petit tatillonnage qui n'enlève rien au livre.
 
 
J'ai lu ce roman sur la liseuse électronique Sony. J'avoue que ma lecture électronique n'est pas probante surtout, je pense, quand on grossit les caractères. Des veuves et des orphelins en veux-tu en v'là,  des pages presque blanches avec quelques mots et des pages complètement blanches. Tu ne sais plus où tu en aies avec ta lecture: as-tu fini un chapitre ou non etc.... Toujours est-il que je savais en lisant la quatrième de couverture que l'action se passerait dans trois endroits différents, à la même époque et cent ans plus tard.
Comment Dominique Fortier présenterait son livre, je ne le savais pas.
Sans crier gare, je suis passée d'un chapitre à l'autre, en me demandant s'il s'agissait d'un roman ou de nouvelles rassemblés.
Après chacune des nouvelles, je restais sur ma faim.
J'ai appris qu'en 1902, la montagne Pelée, qui est un volcan, a fait éruption et a détruit le village de Saint-Pierre en Martinique. Il y eut quelques survivants dont Louis-Auguste Cyparis, un prisonnier sauvé à cause de l'épaisseur des murs de son cachot. Dans ce livre, il porte le nom de Baptiste. Plus tard, il sera engagé par le cirque Barnum and Bailey pour faire partie de la section des monstres.  


J'ai aussi appris, qu'à peu près à la même période, en Angleterre vivait Edward Love , un mathématicien spécialiste de la théorie des ondes et plus spécialement d'un type d'ondes sismiques, d'où le nom Love Waves.

Le dernier chapitre, Love Waves, se passe autour du Mont-Royal. Je n'en parle pas car ici la magie s'opère. Ici, on fait les liens. Il ne faut pas lâcher. On oublie vite les petites longueurs des premiers chapitres. On voudrait presque la lecture continue.


Dominique Fortier écrivait dans La Presse :

«Le livre est un mécanisme à la fois plus simple et infiniment plus complexe... il reste, sous sa plus simple expression, dans sa forme essentielle, un assemblage de pages blanches où sont imprimés des signes noirs diversement agencés. Mais ces signes, s'ils sont les mêmes pour tous, ne voudront pas dire la même chose pour tous les lecteurs.»


 
 

04 novembre 2012

Italie du sud, fin.

Les trulli d'Alberobello



dans la campagne



à Alberobello


à l'hôtel où nous logions à Martina Franca.

une haie de romarin en fleur.
À Québec, il y a beaucoup de chênes. J'étais surprise en voyant celui-ci à Martina Franca. Ses feuilles sont dentelées et épaisses. Le gland repose dans une cupule profonde à écailles. J'ai fait des recherches sur internet, son nom, chêne Valonia, appelé aussi chêne du Mont Thabor.

Il faisait chaud et humide cette journée là et pendant l'entièreté de notre voyage (32°c. et plus), les ânes recherchent un peu d'ombre.

 Une beauté, ce château médiévale qui a résisté au temps.

03 novembre 2012

Soleil, soleil

 Pour chasser un peu cette journée grise.
 

Sep.-0ct. suite


Basilicate


 Jusque dans les années 1950 des gens vivaient dans ces troglodytes.
Ils ont été forcés de déménager pour question de salubrité.



Église rupestre

Matera, le soir.


Les oliviers



 
Coeur dessiné dans le calcaire, sur le bord de la mer Adriatique.
Toutes sortes de questions me venaient dans la tête : Comment a-t-on fait pour buriner ce coeur, combien de temps...?

Nous sommes allés sur les bords des mers Thyrrhénienne, ionienne, adriatique.
Univers lointains qui ont bercé notre jeunesse.

02 novembre 2012

Septembre-Octobre

Pour répondre à une amie blogeuse qui se nomme Claudel, et peut-être aussi, un peu, pour les copains de défifoto
je publie ces photos de notre voyage en Italie du sud.
Je les publierai sur plusieurs jours car j'aime bien ajouter du texte.

L'Italie du sud, nous intriguait. Nous avons voyagé plusieurs fois en Italie mais nous ne nous sommes jamais rendus aussi loin.
Nous avons visité, en vingt jours, la Calabre, la Basilicate et les Pouilles.

Tout un programme et beaucoup de kilomètres.




1. Pianopoli, juste le nom de ce petit village, me réjouit.
Nous logions sur une ferme. Et le soir, malgré la fraîcheur, nous avons mangé en regardant ce coucher du soleil.


Les oliviers au loin, bien alignés, que nous verrons partout pendant notre voyage et cette amphore qui résume tout.


Ces éoliennes au coucher du soleil.
Ces pales quasi magiques qui transforment le vent.
Je les trouvais belles.
Et je trouvais qu'elles donnaient un cachet spécial au paysage.


2. De notre hôtel, à Tropéa, nous avons pu admirer le coucher du soleil et le Stromboli.



Les petites rues étroites du vieux Tropéa.
Nous en verrons beaucoup d'autres qui nous causerons des soucis.
On a beau être habitué au vieux Québec...en Italie c'est spécial.


Et ces cadenas, que font-ils là ?





01 novembre 2012

Lecteur électronique

J'avais besoin de lire.
J'ai réservé plusieurs livres à la bibliothèque mais voilà, je suis loin derrière.
Donc, j'ai commencé par télécharger des livres sur mon ordinateur, car je n'ai pas de lecteur.
Je m'assoyais aussi confortablement que possible, le dos bien appuyé et je lisais. J'ai fait cela quelques deux semaines. J'étais un peu frustrée car un ordinateur est plutôt encombrant (si mini soit-il) quand on veut l'apporter dans le lit.
Un jour de la semaine dernière, l'Homme m'a offert de me prêter son lecteur.
D'aucuns penseront, pourquoi l'Homme a un lecteur et toi pas?
Et bien moi, j'hésite a en avoir un.

On trouve plus facilement des livres en anglais que des livres en français.
Je pourrais lire en anglais, mais ce serait un devoir plutôt qu'un plaisir.
On peut en acheter, mais ils sont presqu'aussi chers que le livres papier.
Je regardais les livres électroniques de la bibliothèque mais ils ne m'inspiraient pas ou les titres voulus étaient déjà réservés. Voilà !

Je me rends compte maintenant qu'un coup l'engouement premier passé, je peux trouver plus facilement des livres électroniques qui me plaisent à la bibliothèque.
Le seul hic, à Québec, on me prête un livre pour trois semaines. Si j'ai fini avant, je ne peux le rendre et en choisir un autre. Et pendant ces trois semaines, j'ai droit à deux locations.
Or, je découvre que je lis plus vite avec le lecteur. Depuis une semaine et demie, j'ai lu trois livres :

Le cercle de Clara, de Martine Desjardins (214 p.)
Nous seuls, d'Emmanuel Kattan (229 p.)
Belle journée pour tomber en amour..., de Marcelyne Claudais (571 p.)

Et je lis présentement :
Les larmes de St-Laurent, Dominique Fortier (344 p.)

J'en suis à mon quatrième livre en quinze jours.
J'ai pu m'approvisionner ailleurs, c'est-à-dire à la grande bibliothèque de Montréal où j'ai un abonnement. Merveilleux n'est-ce pas la technologie ?

J'ai quand même un petit problème: je n'arrive pas à pondre un commentaire.
Le livre me manque.
Quand je commente, ordinairement, je feuillette le livre, je revois les chapitres, les premières lignes et l'idée me vient.
Là impossible !
Avec le lecteur, il est difficile d'avoir une vue d'ensemble.
Je me suis dit en commençant Les larmes du St-Laurent, je prendrai des notes.
J'ai lu plus de cent pages  et je n'ai pris aucune note.

Enfin, on verra...Je crois que j'aurai toujours besoin du livre, ne serait-ce que pour le sentir...

31 octobre 2012

Aude

En allant à la bibliothèque aujourd'hui, j'ai appris que Aude était décédée le 25 octobre.

J'admirais beaucoup son écriture.

30 octobre 2012

La Solde

Ce matin, j'ai pensé à La Solde et par conséquent à Éric McComber .

«Soir après soir, je révise des agendas scolaires destinés aux high schools américains.» p. 23
«Je travaille à la manufacture de connerie. Un connard compose la connerie et des graphistes la mettent en page.» p. 23

Dans ces agendas, à chaque mois, il y a une pensée (p.24 et 25)...

Je viens de m'acheter un
mini agenda : Un planificateur de succès .

Comme si j'avais besoin d'un planificateur de succès étant donné que je suis à la retraite.
À moins que je me décide un jour à écrire le fameux livre que je n'ai jamais écrit. Mais bon, c'est une autre histoire. Et puis, je pense bien que je n'aurais pas besoin d'un agenda. Quand j'écris, je m'évade dans un autre monde.

Je n'avais pas vraiment remarqué le titre. Ce qui m'intéressait, c'était le calendrier que l'on peut trainer avec soi. Je le trouvais aéré et facile à glisser dans un sac à main.

Ce matin,je l'ai regardé de plus près, et j'ai vu qu'en haut de presque toutes les pages, il y a une pensée :

«La vie a une multitude de présents à nous offrir. Il faut toutefois créer l'ouverture nécessaire et être réceptifs. Tout est dans l'art de permettre.» réf.: (C'est beau la vie).
L'agenda n'est pas paginé.

Et ceci:

«Le secret pour obtenir de la vie ce qu'elle a à offrir consiste à vous sentir heureux dès maintenant. C'est la façon la plus rapide d'attirer tout ce que vous voulez dans la vie.» réf.: (Heureux sans raison).

Et ainsi de suite, deux citations par mois.

Je me suis demandé quelle serait la réplique, l'ajout d'Éric McComber.

Et voilà, La Solde, un livre dont on se souvient.


24 octobre 2012

L'hibiscus

Mes connaissances s'arrêtent vite lorsque je songe à l'hibiscus.
J'admire quand je peux, ses fleurs flamboyantes, impudiques et fières.
Je sais que l'hibiscus est tropical mais, il s'adapte quand même bien à notre pays.
L'autre jour, j'en ai vu un qui gisait, abandonné par les horticulteurs. J'ai eu envie de le sauver.
Il est à l'intérieur maintenant. Je peux l'observer de près.
Deux jours d'abandon, les racines à tous vents, il a perdu presque toutes ses feuilles.
Il tient bon, car malgré le choc, il a fleuri.
Ses fleurs s'ouvrent la nuit. Au matin, elles éclairent nos yeux.
Elles sont éphémères.
Leur vie de fleur est courte. Une journée.
Quand j'y songe, je suis contente d'être un humain...

21 octobre 2012

Le cercle de Clara.


J'ai connu Martine Desjardins par son livre Maleficium que j'ai beaucoup aimé.


J'ai eu envie de connaître ce qu'elle avait écrit d'autre.
Tout de suite, je me suis sentie portée par les mots et l'histoire de Clara.
Ce roman se passe en 1895 en Nouvelle-Écosse.
Clara y vit avec son nouvel époux, Edmond. Ils sont mariés depuis au moins six mois et le mariage n'a pas été consommé.
On la dit neurasthénique et hystérique. Elle sera traitée pendant 8 mois dans une clinique.
On la retrouve à la sortie de cette clinique. Elle nous raconte à l'aide de son journal et de lettres, les mauvais traitements que lui fait subir son mari Edmond Weiss, ce spécialiste des sciences naturelles. Il veut la soumettre à ses désirs. Par l'écriture, Clara réussira à s'en sortir.

Tout au long de ma lecture, je trouve Martine Desjardins très savante. Je me demandais comment elle procédait. Aurélien Boivin, dans son excellente analyse de ce livre, nous dit que Martine Desjardins «s'est solidement documentée pendant 4 ans».

Je recommande ce livre finement ciselé.

10 octobre 2012

Se peut-il...?

... qu'un livre n'ait pas d'âme. Le mot n'est pas exact mais je ne sais pas quel mot employer pour expliquer ce que j'ai ressenti.

Je me cherchais un livre électronique disponible à la bibliothèque. Je vois cette auteure que je connaissais car elle a écrit plusieurs livres pour enfants. J'aimais beaucoup ses livres pour la jeunesse.
Le roman (un polar) en question est son premier livre pour les adultes.
J'ai hésité : est-ce que je continue jusqu'au bout.
Les mots s'alignent, couvrent les pages mais ils ne me disent rien.
Je sens que l'intrigue  m'intéresse. Je veux connaître la fin. Mais, c'est tout.
Je ne sens aucun plaisir à lire. Je fais de la lecture rapide pour connaître la fin. Il y a un dénouement lorsqu'il reste encore une dizaine de pages.
Comment ça me dis-je, il reste encore dix pages à lire ?
Ce sera ils se marièrent ...
Après un résumé fastidieux de ce qui venait de se passer, arrive un autre rebondissement qui est comme de trop ou peut-être placé à la mauvaise place.

En écrivant ce billet je pense à mes lectures d'adolescente. Je lisais tout, une boulimique de livres, dont «Les veillées des chaumières» qui étaient reliées quand nous les recevions par ici.
J'aimais bien les romans d'amour et je ne lisais pas tous les mots, seule l'intrigue m'intéressait. J'arrivais vite à la fin.

J'avoue que cette façon de lire me laisse sur ma faim.
Les livres ont-ils une âme

P.S. J'ai pu constater que Les veillées des chaumières existent toujours.

26 septembre 2012

Dans le fond...

... la planète est petite.

Je n'ai pas écrit depuis longtemps sur ce blogue.
Il me semblait n'avoir rien à dire.
Loin du quotidien, tout change.

Nous sommes en Italie. Présentement dans les Pouilles, à Otrante, cité balnéaire située au sud du talon de la botte.

Avant hier, nous étions à Matera en Basilicate, nous visitions les Sassi, des habitations troglodytiques.
Nous allions visiter une église rupestre. Nous parlions en français (ce qui est rarement possible en Italie) avec une jeune dame à l'acceuil. Un moment donné, nous lui avons dit que nous venions du Canada et plus précisément du Québec. Alors, elle nous a dit qu'elle avait étudié et fait une thèse sur la poésie québécoise féminine à Bari car son professeur était fou de la poésie québécoise  .
Elle a particulièrement étudié la poésie de Nicole Brossard et d'une autre poète dont elle ne se souvenait plus du nom.

J'étais fière, de connaître un peu notre poésie. Elle se souvenait de Nicole et je lui ai soufflé Brossard.

Je ne suis pas sûre que beaucoup de québécois connaissent Nicole Brossard. En tout cas, mon époux ne la connaissait pas, lui qui a une réputation d'érudit.

03 mai 2012

Jean Provencher écrit...

 dans L'homme enchevêtré

Flamme banale
L'étincelle muette infuse, s'insinue entre les cordes sensibles, gagne doucement, comme à la dérive, chaque entaille. Dérive bientôt rageuse, implacable.
L'étincelle se prépare au combat dans une sorte de compassion. Dévorante.
p. 37 
 

02 mai 2012

Une blessure de luxe

Le voyage quotidien
sous le fardeau du mensonge
Derrière les masques multiples.
Faire semblant de se battre
pour devenir.
Éviter de voir
ce qui se trame sous les choses.

La conscience est une coupure profonde.
Une blessure de luxe.

Pour le reste, chacun sait qu'il est sage
d'assurer sa survie avant de mourir.

Laurier Veilleux La peur des éclipses p.46

01 mai 2012

Étrangement...

Mes lectures se recoupent.

Michel Pleau écrit dans Regards sur le poème :

Le poème est une terre qu'il faut remuer avec délicatesse.  Le travail du poète consiste à retrouver ce qu'il a enterré. Rouvrir la petite boîte des mots et redonner la mémoire aux choses et aux êtres en lui, leur laisser reprendre la parole. Il se cache sous les décombres du poème l'autre que je cherche et dont j'entends la respiration en moi. L'autre n'est pas ailleurs que dans la conquête du langage, que je déterre enfin, pour retrouver une voix originelle. p. 13
Mais elles diffèrent.

Je lis présentement un roman de Jean-Paul Dubois : Le cas Sneijder

Le personnage parle aussi de la mémoire qui est plutôt dérangeante pour lui.

Je me souviens de tout ce que j'ai fait, dit ou entendu. Des êtres et des choses, de l'essentiel comme du détail, fût-il mièvre, insignifiant ou superfétatoire.  Je garde, je stocke, j'accumule, sans discernement ni hiérarchie, m'encombrant d'un accablant fardeau qui en permanence travaille mon âme et mes os. Je voudrais parfois libérer mon esprit et me déprendre de ma mémoire. Trancher dans le passé avec un hachoir de boucher. Mais cela m'est impossible...Je n’oublie rien. Je suis privé de cette capacité d’effacement qui nous permet de nous alléger du poids de notre passé. En le retaillant saison après saison, en lui donnant une forme acceptable, nous nous efforçons de le cantonner dans des domaines raisonnables. C’est la seule façon de lutter contre cette fonction d’enregistrement envahissante et destructrice. Mais quelle que soit l’ampleur de nos coupes, année après année, tel un lierre têtu et dévorant, lentement, notre mémoire nous tue. Préface du livre.

 Je pense à la mémoire, à son emprise accablante, à ces lests écrasants qu'elle dépose en nous avec une constance désarmante. Parfois lorsque je suis en haut, à ma table, ou dans mon lit, à attendre le sommeil, je la sens se glisser à mon côté, serpent à l'épiderme glacial, afin de m'infliger les films de ses archives, tout ce que je n'aurais pas dû voir, tout ce que je redoutais, (...).
On ne devrait plus se rappeler d'où l'on vient ni où l'on va. J'aimerais appartenir à une espèce amnésique, conçue pour vivre au jour le jour, débarrassée de l'histoire, filant sa vie au gré des rythmes nycthéméraux. Sans aucun patrimoine. Ni passif. Ni génétique. Pas de lien, pas de cariotype. Une aube, un jour, et voilà tout. Chaque matin l'odeur du neuf. Et tout un monde à flairer. Je ne sais à quoi pourrait bien ressembler une pareille vie, mais elle ne pourrait être pire que celle que nous essayons de mener sous l'envahissant protectorat de la mémoire. p.62

29 avril 2012

LES OFFENSÉS

LES OFFENSÉS


Par ordre de famine les indigents furent alignés
Par ordre de colère les séditieux furent examinés
Par ordre de bonne conscience les maîtres furent jugés
Par ordre d'offense les humiliés furent questionnés
Par ordre de blessure les crucifiés furent considérés.
En cette misère extrême les muets venaient en tête
Tout un peuple de muets se tenait sur les barricades
Leur désir de parole était si urgent
Que le Verbe vint à leur rencontre de par les rues
Le faix dont on le chargea fut si lourd
Que le cri « feu » lui éclata du cœur
En guise de parole.


Anne Hébert p. 114 Oeuvre poétique 1950-1990

Anne Hébert écrit...

Écrire un poème s'est tenter de faire venir au grand jour quelque chose qui est caché. Un peu comme une source souterraine qu'il s'agirait d'appréhender dans le silence de la terre. Le poète est une sorte de sourcier, sans baguette de coudrier, ni aucune baguette magique, qui se contente d'être attentif (à la pointe extrême de l'attention), au cheminement le plus lointain d'une source vive. La moindre distraction de sa part suffirait pour que disparaisse et se cache ailleurs ce souffle d'eau dans le noir, cette petite voix impérieuse qui cogne contre son coeur et qui demande la parole.

La ferveur ne suffit pas, il faut la patience quotidienne de celui qui attend et qui cherche, et le silence et l'espoir, sans cesse ranimés, au bord du désespoir, afin que la parole surgisse, intacte et fraîche, juste et vigoureuse. Et alors vient la joie.

Le poète est au monde deux fois plutôt qu'une. Une première fois il s'incarne fortement dans le monde, adhérant au monde le plus étroitement possible, par tous les pores de sa peau vivante. Une seconde fois il dit le monde qui est autour de lui et en lui et c'est une seconde vie aussi intense que la première.

L'imaginaire est fait du noyau même de notre être avec tout ce que la vie, au cours des années, a amassé de joie et de peine, d'amour et de colère, tandis que la terre qui nous entoure fait pression, dans sa puissance énorme, et s'engouffre et il y a passage du dehors au dedans et du dedans au-dehors, échange et jubilation. Le poète saisit sa propre vie à deux mains, au moment même où l'univers sauvage bascule en lui. La parole, empoignée de toutes parts, est dite, surprenante et de naissance inconnue, pourrait-on croire, tant l'événement nous dépasse et nous enchante. p. 97 Oeuvre poétique 1950-1990.

Boréal Compact.


28 avril 2012

Nos poètes québécois.

Nous parlons beaucoup des romanciers québécois et peu des poètes québécois.

Les poètes qui mettent un baume sur les égratignures et les autres blessures plus profondes.
Un poème ne se lit pas comme un roman.
Il faut le lire à petites bouchées et le savourer.

Souvent  il faut le lire à haute voix et le laisser agir doucement comme une médecine douce.
Souvent, il faut le relire sans se poser mille questions.

Voici une petite bouchée d'un poème de Michel Pleau tirée de son dernier livre : Le petit livre de l'été.

Les fraises des bois nourrissent l’âme et tachent les doigts. On ne sait pas encore qu’ elles mûriront longtemps dans la mémoire. Pour l’instant, on s’agenouille, on récolte le bonheur au ras du sol. p. 62

19 avril 2012

RAS LE BOL

Pourquoi faudrait-il se sentir coupable ?
Pourquoi faudrait-il se sentir coupable de vivre à l'aise en cette fin de vie ?

Selon certains, on devrait se sentir coupable d'avoir fait des études et surtout que nos parents aient payés ces études. Pourtant, mon père a travaillé à la sueur de son front. Il en est mort dans la jeune cinquantaine. Nous étions six à la maison.
Mon époux, ils étaient 11 enfants. Ces enfants ont aussi fait des études universitaires pour la plupart. Et qui a payé, le père qui entretenait une petite terre.
Nous avons, à notre tour, travaillé à la sueur de notre front et payé des impôts que nous payons encore. En même temps, nous avons eu nous aussi des enfants que nous avons élevés sans l'aide de l'état et dont nous avons payé les études.

Tous les matins, durant notre vie d'adulte, nous nous sommes levés pour aller travailler.

Pourquoi faudrait-il se sentir coupable de vivre à l'aise en cette fin de vie ?

05 avril 2012

Lune

La lune m'a dit:
regarde-moi, je suis là -

Vite, une échelle.

02 avril 2012

Le prince de la brume, Carlos Ruiz Zafon.

Le Prince de la brume relate l'histoire de Max et Alicia, sa soeur. En 1943, pendant la guerre, leur père Maximilien Carver, horloger, décide de quitter sa ville et de migrer vers une petite ville sur les rivages de l'atlantique, en Angleterre. Il ne veut pas exposer sa famille aux affres de la guerre. Ils habiteront une maison laissée à l'abandon par le docteur Fleischmann et son épouse. Très tôt, Max se rendra compte de quelques anomalies dans le jardin tout près de la maison. Leur petite soeur Irina adoptera aussi un chat errant qui a des comportement suspects. Max et puis Alicia feront la rencontre de Roland avec lequel ils se lieront d'amitié. Roland aime plonger tout près d'un bateau naufragé. Ils rapportent souvent des trophées. Il entrainera ses amis dans son sillage.
Mais là entre en jeu, Le Prince de la brume, un esprit maléfique qui ne les ménagera pas.

Carlos Ruiz Zafón a écrit ce roman pour la jeunesse, je dirais pour les adolescents. Au début du livre, il y a une note de l'auteur dans laquelle Carlos Ruiz Zafón souhaite que son livre plaise aussi aux adultes. Il n'a pas manqué son coup. J'avais déjà lu L'ombre du vent que j'avais beaucoup apprécié.
Sûrement que les ados et les autres apprécieront le suspense qui nous tient jusqu'au bout et son côté fantastique qui nous capte totalement. Je pourrais même dire que j'en ai rêvé. Avec ce livre, il a commencé sa carrière d'écrivain en 1992. Je lirai certainement les autres.



19 mars 2012

Yeah!!!

Le livre numérique est arrivé à la bibliothèque Gabrielle Roy.

Chouette pour les gens qui voyagent.

Juste à temps pour moi.

18 mars 2012

Sous la Glace, Louise Penny.

Armand Gamache enquête dans un village fictif des Cantons-de l'Est, Three Pines.
Un meurtre à Three Pines et un autre à Montréal.
Ces crimes sont-ils reliés ? Voilà une des questions posées.
En parler trop, serait risquer de dévoiler des secrets romanesques.
Je trouve toujours un peu long, les débuts de ces romans car il faut camper les personnages et il faut attendre avant de voir ou comprendre leur interaction.
J'ai bien aimé ce roman qui se passe dans un village chaleureux. J'ai pensé qu'il était, peut-être, un peu idéalisé. Ou peut-être est-ce ainsi dans les villages anglophones: tout le monde se connaît et sympathise. J'aurais aimé vivre dans ce village.

J'ai aussi lu une entrevue que Louise Penny a accordé à Nathalie Petrowski. Je trouve, qu'au point de vue écriture, j'ai des atomes crochus avec Louis Penny. Son parcours est semblable au mien, sauf que moi, j'ai un peu abandonné après la vague de refus et je ne crois pas avoir encore trouvé mon genre en écriture.

14 mars 2012

1Q84 suite

Les deux personnages principaux de ce livre, Aomamé et Tengo, se sont rencontrés quand ils étaient enfants. Ils vivaient un peu en marge des autres enfants car ils étaient éduqués de façons différentes. Un jour Tengo est venu en aide à Aomamé. Aomamé a gardé un souvenir impérissable de Tengo. Les parents d'Aomamé ont un jour déménagé. Ils ne sont plus revus. 
Tous les deux se souviennent de l'autre. Se rencontreront-ils ?
Le livre nous les présente alors qu'ils ont trente ans. Chacun vit sa vie. Des vies paralèlles.
Elle est tueuse à gages, très efficace. Et lui est un écrivain qui se cherche.

Quand je lis, je m'interroge souvent sur le titre. Par exemple, pourquoi avoir donné ce titre 1Q84 ?
Bien avant d'avoir trouvé la réponse dans le livre lui-même, j'étais allée voir sur internet.
Je n'avais pas pensé à Orwell car je ne connaissais pas cet auteur. Maintenant, je me sens un peu ignare de ne pas l'avoir lu. J'y verrai.

Dans le livre, les deux personnages principaux en parle :

«1Q84 - voilà comment je vais appeler ce nouveau monde, décida Aomamé.
Q, c'est la lettre initiale du mot Question. Le signe de quelque chose qui est chargé d'interrogations.... Que cela me plaise ou non, je me trouve à présent dans l'année 1Q84. L'année 1984 que je connaissais n'existe plus nulle part. Je suis maintenant en 1Q84. L'air a changé, le paysage a changé. Il faut que je m'acclimate le mieux possible à ce monde lourd d'interrogations. Comme un animal lâché dans une forêt inconnue. Pour survivre et assurer ma sauvegarde, je dois en comprendre au plus tôt les règles et m'y adapter.»
 p. 199



Et Tengo de dire

«Oui, nous sommes justement en 1984. Le futur aussi devient réalité. Et puis, aussitôt, il se transforme en passé. George Orwell, dans ce roman, décrit une société future très sombre, sous le joug du totalitarisme. Rigoureusement contrôlée par un dictateur, Big Brother. La moindre information est soumise à la censure, l'Histoire est sans cesse récrite. Le héros travaille dans un ministère, sa tâche consiste à remplacer les mots, à choisir les nouveaux termes qui conviennent. Du fait qu'une nouvelle Histoire est fabriquée, l'Histoire ancienne doit être entièrement annulée. Comme la langue doit changer, la signification des mots en vigueur jusque-là aussi. L'Histoire ne cesse d'être récrite, si bien que plus personne, en fin de compte, ne parvient à savoir ce qui est vrai. Plus personne ne sait qui est l'ennemi, qui est l'allié.»
 p. 443




Aomamé et Tengo s'interrogent sur des événements qui ont eu lieu et dont ils n'ont aucun souvenir. Pourtant, ils lisent très régulièrement les journaux. Il leur arrive aussi d'entrer dans un état second. D'où le côté fantastique de ce roman.

J'ai aimé ce roman, même si au début, j'ai failli tout laisser tomber.
Le fait d'écrire, de faire vivre deux personnages qui se sont connus et qui vivent chacun leur vie, relève du défi. Il y a danger de redondance même si les héros ont vécu de façons différentes.
J'ai manqué de concentration quand Murakami épluche les journaux de l'époque et qui plus est du Japon. J'avoue avoir fait de la lecture rapide à certains endroits.
J'ai quand même hâte de lire le second volume.

Quand je lis, j'aime aussi les références à la musique, aux lectures etc. de l'auteur. Curieusement, avec ces liens, j'apprends à mieux connaître l'auteur, car je pense souvent à l'auteur pendant ma lecture et non seulement à ce qu'il écrit.

J'adore la guitare et j'ai particulièrement aimé cette musique.




Citations:

«La plupart des gens ne savent pas appécier la valeur d'un roman. Mais, ils ne veulent pas rester à l'écart de la mode. Donc, il suffit qu'un livre ait reçu un prix, que tout le monde en parle, pour qu'il soit acheté et lu.» p.51

« L'Histoire nous enseigne que, au fond, nous sommes les mêmes, autrefois
comme aujourd'hui. Même si nos vêtements ou nos modes de vie ont beaucoup changé, nos pensées et nos actes ne sont pas très différents. L'être humain, finalement, n'est qu'un simple véhicule, ou un vecteur, pour les gènes. Nous sommes leurs montures tout au long de leur voyage, de génération en génération, exactement comme les chevaux que l'on remplace lorsqu'ils vont mourir. Et les gènes n'ont aucune notion de ce qui est bien ou de ce qui est mal. Ni la moindre idée de ce que nous éprouvons. Ils ignorent si nous sommes heureux ou malheureux. Nous ne sommes pour eux qu'un moyen. Leur priorité, c'est d'obtenir pour eux-mêmes le meilleur rendement.» p. 373


21 février 2012

Un goût de jeunesse

Sporadiquement, je prépare ces tartines pour déjeuner.
La première fois que j'en ai mangé, j'étais au couvent. On ne disait pas des tartines, on disait des toasts à la mélasse. Ce jour-là, il y en avait des montagnes, au centre des grandes tables, des pensionnaires que nous étions.
Rien que d'y penser, je salive.
Dégoulinantes de mélasse.
Imprégnées de mélasse. Nos doigts tout collés.







Elles me rappellent qu'un jour ce fut la fin.
La fin de l'école élémentaire comme on disait en ce temps.
Il fallait choisir, l'ordinaire ou l'extraordinaire.

Fallait-il vraiment choisir ?
Non, pas vraiment. Mais déjà, j'avais des goût différents.
Déjà, je m'affirmais. Il fallait que je sorte de l'ordinaire.
Comment cela m'est-il venu ?
Mystère et boule de gomme.

Mes parents n'étaient pas instruits. Ils auraient voulu l'être. Mon père en souffrait. Pour eux, s'instruire était primordial. Mon père nous répétait souvent qu'il nous léguait l'instruction.
Pour moi, l'ordinaire, consistait à continuer à fréquenter l'école de ma ville et ensuite l'école normale.
Moi, je voulais faire mon cours classique : apprendre le latin et tout et tout.
J'avais Judith Jasmin dans ma mire. Rien de moins. Que d'ambition !

Alors mes parents m'inscrivirent au collège de Lachine chez les soeurs de Sainte-Anne. J'étais loin de me douter des contraintes de la vie de pensionnaire. J'y restai deux ans.

Les tartines hantent encore ma bouche.





18 février 2012

1Q84

Je lis présentement ce livre de Haruki Murakami.

Il fait dire à Komatsu (éditeur) à la page 39 :

«... on ne peut écrire un bon texte si on en a l'intention, mais pas la moindre idée de la façon de s'y prendre. Pour écrire, il faut soit en avoir reçu le talent à l'origine, soit dépenser une énergie démentielle pour s'améliorer, jusqu'en en crever.»


Il faut aimer écrire pour devenir écrivains.

« - Pourtant, ce n'est pas suffisant.
   - Il faut aussi un «quelque chose de spécial». À tout le moins, il faut qu'il y ait quelque chose qui m'empêche d'interrompre ma lecture.» p. 40


Ceci me fait réfléchir :

 «Cette petite Fukaéri, elle a quelque chose de particulier. Quand on lit, La chrysalide de l'air, on le comprend. Ce n'est pas rien, cette puissance imaginative . Malheureusement, sur le plan formel, ça ne vaut rien. Un style d'une extrême pauvreté. Alors que toi, Tengo, tu sais écrire. Tu as ce don et, en même temps, tu as un sens artistique. Même si tu as tendance à en faire trop, ton style est spirituel, délicat et dynamique, c'est sûr. Seulement, à l'opposé de Fukaéri, tu n'as pas encore saisi ce que tu devais écrire. Alors bien souvent, dans tes textes, on ne voit pas où est le coeur de l'histoire. Ce que tu devras écrire, tu le trouveras en toi. C'est comme un petit animal apeuré tapi dans un trou profond, qui aimerait s'enfuir, mais qui n'arrive pas à s'échapper. Tu sais qu'il est caché là, au fond. Mais tant qu'il ne sort pas, tu ne pourras pas l'attraper.» p. 50