04 août 2015

La lucarne, José Saramago

«Le temps s'écoulait lentement. Le tic-tac de la pendule repoussait le silence, s'obstinait à l'éloigner, mais le silence lui opposait sa masse dense et lourde, où tous les sons se noyaient. Sans défaillance, l'un et l'autre se battaient, le son avec l'opiniâtreté du désespoir et la certitude de la mort, le silence avec le dédain de l'éternité.»

26 juillet 2015

Sèna par Françoise de Luca.

Tout un roman écrit au Tu. Comme si le personnage se regardait, ou  voulait se convaincre ou voulait tout dire sans trop s'impliquer comme on peut s'impliquer avec le Je.

Le roman est bâti en trois parties :
 - l'enfance de Thomas et la rencontre marquante avec Teresa.
 - l'étudiant Thomas qui rencontre Sèna, autre rencontre marquante
 - l'homme Thomas qui fait la paix avec lui-même
Chacune de ces parties comptent plusieurs chapitres courts et fort bien écrits.

J'avoue que, quand j'ai lu les premiers chapitres, j'éprouvais une certaine gêne, je n'arrivais pas à me concentrer. Disons-le, je trouvais cette lecture longue.
Pourquoi l'auteur s'attardait-elle aussi longtemps sur la relation de Thomas et de Teresa ? La suite saura nous le dire.
C'est à ce moment là que je me suis rendue compte que le livre était bâti en trois parties. Des fois, je trouve malheureux qu'il n'y ait pas une table des matières pour nous guider dans notre lecture.

Voyons ce qu'en pense Danielle Laurin 
                                  Josée-Anne Paradis de la revue Les libraires

En tout cas, je peux dire que ce livre m'a ému et m'a fait réfléchir sur la portée du regard que l'on porte sur l'autre et tous les préjugés que l'on porte avec soi.

24 juillet 2015

Petite promenade en ville.

Hier,
De gros nuages s'enfuyaient dans le ciel. Pleuvra-t-il ou non ? Les prévisions ne sont guère encourageantes. On nous tient en haleine. 
Nous décidons de risquer une sortie. Nous apportons nos parapluies au cas où.

Bois-de-Coulonge, nous voici...

Nous avions apporté nos caméras. Nous les négligeons.
Peut-être, parce que nous avons l'impression de toujours photographier la même chose.

J'ai vu :

Ce papillon, d'une rare beauté.
En fait, je le croyais rare mais en faisant des recherches, j'ai vu que c'était un papillon très commun au Québec. Morio (nymphalis antiopa,antiopa )


22 juillet 2015

Étude sur le tu.

P'tite tête. Tu es une p'tite tête. Tu essaies de tout mener. On peut dire que tu réussis bien.
Pas la peine de protester.
Cette nuit, souviens-toi de cette nuit.
Tout-à-coup, tu dormais à moitié. Tu avais les mains croisées sur ta poitrine. Tu avais la bouche sèche, il fallait que tu boives.
Tu pensais qu'il devait faire moins froid à l'extérieur que dans la chambre. L'air climatisé qui fonctionne, est-ce nécessaire ?
Tu avais envie et tu n'avais pas envie de te lever. D'aller boire, d'arrêter la machine à rafraîchir qui enlevait toute humidité.
Et puis, tu as senti ton cœur battre, tu as senti les vibrations de ton cœur. Tu as senti qu'il s'affolait. Que toi, tite tête tu l'énervais.

Et là enfin, tu as persuadé le reste de ton corps de se lever, de tout fermer et d'ouvrir les fenêtres.

21 juillet 2015

Voilà....

Comment j'occupe mon temps de retraitée.
Je continue à apprendre et à imaginer.
C'était l'anniversaire de ma petite fille.
Pour la première fois, j'utilisais du fondant.
Le résultat n'est pas si mal.
J'en suis fière.

 
 
 


10 mai 2015

Mircea Eliade

Curieusement, j'ai choisi de lire, sans que je le sache, trois livres dont les narrateurs sont des adolescents.

Le premier : «Si tu passes la rivière» de Geneviève Damas. Je crois l'avoir déjà lu mais cette fois-ci la lecture fut plus attentive. J'ai aimé l'histoire, l'intrigue et j'ai éprouvé  le besoin de me rendre jusqu'à la fin. La voix donnée au jeune narrateur me lassait par moment. Il n'y avait pas de réels chapitres, pour moi c'est un handicap.

Le deuxième livre : «Laisser parler les pierres» de David Machado . David Machado est un jeune écrivain portugais , prometteur semble-t-il. Je me suis rendue à la page 48. J'aime la voix du narrateur, mais là vraiment il n'y a aucun chapitre. Comment s'arrêter ? Il passe du présent au passé sans crier gare. J'ai lu quelques critiques pour essayer de comprendre le cheminement de ce jeune auteur que j'ai un peu mieux compris mais définitivement ce n'est pas le genre d'écriture que j'aime. Et il y a tant à lire...


Le troisième livre : «Le roman de l'adolescent myope» de Mircea Eliade, auteur que j'ai connu en lisant un livre de Valentin Musso qui avait lui-même lu ce livre à l'adolescence. Alors là, tout me plaît, la voix, les chapitres, l'écriture, l'intrigue... Je commence, je suis rendue à la page 46 et je n'abandonnerai pas.

Mircea Eliade, est un grand écrivain roumain. À 14 ans, il publiait déjà des articles dans un journal local.
Ce livre raconte la vie d'un adolescent, sa vie au lycée. Il se trouve laid, myope et il n'aime pas les mathématiques et l'allemand. Il aime lire. Il dévore les livres. Il veut écrire un roman pour montrer qu'il n'est pas un cancre. C'est pourquoi, il observe ses camarades, ses professeurs et la vie que mène tout ce beau monde.

Il ne veut pas être comme tout le monde mais il cède parfois à la mélancolie, il n'y peut rien.

«...Mais il n'en a pas été ainsi. J'ai cherché moi aussi, comme tous les hommes faibles, à lier des amitiés. J'ai dévoilé moi aussi mon âme, en mendiant un peu de consolation et d'appui. J'ai éclairé certains recoins de mon secret, en faisant voir aux autres ce que personne, sauf moi-même, n'aurait dû connaître. Je me suis voulu implacable. Et je ne l'ai pas été. J'ai été inconstant et j'ai consenti à des compromis, comme tout adolescent. » ... p. 147

Écrire ce roman lui semble finalement inutile et finalement puéril.
Il se retrouve aussi seul qu'il l'était :

«...Une année. Et je me sens si embarrassé  devant ce cahier... Que pourrais-je écrire ?... J'ai lu sans discontinuer et j'ai écrit et je suis resté toujours plus seul.» p. 208

En fait, ce journal est Le roman de l'adolescent myope qui sera publié à titre posthume.
Mircea Éliade nous lègue sa façon d'écrire ce livre.



30 avril 2015

Pin de Norfolk


Comment un pin de Norfolk (araucaria) peut-il me faire penser à un chat.
Je dis un chat mais je veux parler de mon ti-Mec.
Ti-mec était un chat noir, tout doux, avec une touffe de poil blanc sur le poitrail.
Il avait été sauvé, par mes filles, des sabots des chevaux à l'écurie. Quand il est arrivé de l'écurie, il était tout noir et tout rond dans la bombe de Véronique. Seuls ses yeux brillaient de peur. Irrésistible ! Nous avions déjà deux chats.
Il est toujours resté sauvage, sauf avec moi.
Quand j'étais seul, quand il sentait que ça n'allait pas, il venait se frotter sur mes jambes. Il mendiait mes caresses.

Pourquoi le pin de Norfolk me fait-il penser à lui ? Il ne miaule pas, il ne mendie pas mes caresses. Il est tout vert, vert forêt, au bout de ses branches, le vert est plus tendre. Ses aiguilles sont lustrées. Je crois que ce sont mes mains surtout qui éprouvent cette sensation de tendresse... Il est léger. J'aime le voir grandir. Il dépend un peu de moi.
 

29 avril 2015

Insomnie

Je me pensais insomniaque. À vrai dire, je ne le suis pas.

Voici la définition d'insomnie : L’insomnie se caractérise par de la difficulté à dormir suffisamment, au point où cela entrave les activités de la vie courante (somnolence, moins bonne attention, irritabilité, etc.). Certaines personnes dorment naturellement peu d’heures par nuit sans répercussion néfaste : elles ne sont donc pas insomniaques.

Donc, pour moi dormir 5 heures est normal.

Je ne me souviens pas avoir fait la grasse matinée. Même avant d'avoir des enfants. Quand mes enfants étaient petites, je ne dormais que d'une oreille.
Aujourd'hui, il m'arrive souvent de ne dormir que 5 heures et d'être en pleine forme. Autrement dit, je dois me forcer pour dormir plus longtemps.

Que faire lorsqu'il fait nuit ? Reproduire ce que l'on a fait toute la journée ?
Et le faire sans bruit pour ne pas réveiller l'autre.

Chiant que tout cela. C'est pourquoi, je me force à dormir.

27 avril 2015

Tutti frutti

La neige a fondu, enfin !
Je remarque que l'eau s'accumule dans les fondrières. Hier, j'ai vu deux canards qui profitaient de cet espace d'eau. Le mâle bien tranquille et la femelle qui lissait ses plumes.
Je me suis demandé si c'était la saison des amours.

26 avril 2015

Tutti Frutti

Je crois avoir résolu un mystère. Un petit mystère. Certes pas le mystère de la Sainte-Trinité. Il s'agit d'un petit mystère d'appartement. Nous vivons dans un condominium. Nous rencontrons tous les jours nos voisins. Et principalement la dame d'en haut qui stationne près de nous. Une dame d'un âge certain, veuve, musicienne et toujours tirée à quatre épingles. Comment fait-elle pour être toujours coiffée de façon quasi parfaite, pas une boucle défraîchie, pas une racine blanche. Parfaite ! Parfaite je vous dis cette coiffure. Et cette façon de bouger la tête...
Alors, vous voyez quels genres de soucis sont les miens.

Et j'ai aussi observé qu'elle n'est pas souvent là à l'heure des repas. Je la soupçonne de manger plus souvent qu'à son tour à l'extérieur. Manger seule n'est pas toujours intéressant.

Pour en revenir à sa chevelure, je crois qu'elle porte une perruque.
Cette idée m'est venue cet hiver avec nos froids plus que froids, elle ne portait pas de chapeau. Bon, j'avais pensé qu'elle ne voulait pas défaire ses boucles, une coiffure doit durer au moins une semaine. Mais là, avec ces froids sibériens ma tête a revu ses hypothèses. Définitivement, elle porte une perruque...
Je ne sais pas si je pourrai m'en rendre compte un jour... pour de vrai. Histoire à suivre.

16 avril 2015

Robert Lalonde, Le seul instant.

Je viens de finir la lecture de ce livre. Pour moi, Robert Lalonde égale ressourcement. Je sens le cœur qui déborde.
J'écris ici les mots qui me touchent. Quelques fois, ils viennent de lui et d'autres fois non.
Je les consigne ici, car j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque électronique donc je ne peux souligner des pages et des pages.

«Je cherche une clarté qui change tous les mots. La poésie est la langue naturelle de ce que nous sommes sans le savoir.» Joë Bousquet, Lettres à Poisson d'or. p. 36 du livre de R. L.

Ici, ce sont les mots pour le dire de Robert Lalonde qui me plaisent :

«Lune pleine, quasiment déjà la lune rousse de l'équinoxe. Il fait froid d'une perfidie hors saison. L'astre livide navigue laborieusement en brise-nuages. Le cœur se serre : serait-ce déjà la fin de l'été, de mon bonheur ici ? p. 114

LA TOURTERELLE TRAVERSE LE CIEL, lâchant son sifflement de moulinet qui se dévide. La lumière a changé : oblique, rasante, elle allume furtivement les feuillages, à présent  d’un vert dur, métallique, annonçant l’embrasement final, le roux, le bronze et le violet d’automne. Et c’est enfin l’été, comme l’année dernière, début septembre. Un alanguissement en retard, qui s’installe tout juste avant de décamper et brûle comme les derniers feux de l’amour, quand  l’arrachement approche. C’est poignant et triste et on  s’abandonne. Échoué au commencement du naufrage, on se pâme dans le deuil entamé, dans la perte anticipée. Aura-t-on le temps d’apercevoir tout ce qu’on n’a pas  découvert encore de la saison béatifique ? Il faudra y mettre  cette foi dont Goethe dit qu’elle est « amour de l’invisible, confiance dans l’impossible et dans l’invraisemblable ». Il  faudra tâcher de garder ouvert l’œil américain sur lequel  déjà retombe une paupière lourde, fatiguée d’avoir battu  dans l’attention fiévreuse. Et cela alors que le jardin et les  bois s’endorment, que la chatte rêve sur la galerie — peut-être de poursuites trop vite abandonnées —, que le bleu  du ciel nous ramène au printemps, laissant traîtreusement  croire que le jour va naître, qu’on aura le temps, qu’elle  sera longue et foisonnante cette nouvelle saison qui  démarre. Mais non, c’est presque fini. On ne le sent pas, mais on le sait. Le cœur devrait se serrer, mais il se dilate, il  se laisse abuser. La nécessité a achevé sur terre ce qu’elle  avait à accomplir, et s’ouvre un espace céleste où peut-être  il est permis de vivre, d’agir, de voir, d’aimer et de parler  dans une autre langue, une langue nouvelle qui nous révélerait que nous nous trompons, quoi que nous entreprenions, que les passions sont inutiles, les rêves insensés et les  espérances vaines, que tout ce qui depuis toujours nous est  demandé, c’est de rester là où nous sommes et d’ouvrir  l’œil pour voir tout apparaître sans qu’il nous soit nécessaire de rien faire, de rien décider, de rien espérer. Qu’il ne  nous faut pas en rajouter, qu’il faut au contraire en ôter, que le véritable art de vivre est fondé sur de grandes omissions, que l’oubli de notre personnage agité s’impose une  fois pour toutes et qu’il règne sur toutes choses une tranquillité qui naît d’un équilibre de forces contraires et  égales : énergie infinie et infini repos. Et qu’alors seulement la vision est possible, l’éternité retrouvée, la certitude  acquise que l’âme, celle que la tradition platonicienne et  chrétienne a coutume de voir comme l’opposée du corps, est de nature physique, comme l’arbre, le fleuve, le torrent, l’oiseau, la chatte, le vent.  Je rêve ? Peut-être et peut-être pas. C’est que bientôt il    me faudra retourner en ville, où la fameuse vision se cache  plus habilement que le soleil derrière les nuages.  p. 123-124

Et je comprends tellement Robert Lalonde dans cet article :

http://www.lapresse.ca/arts/livres/201103/13/01-4378825-robert-lalonde-la-creation-a-besoin-du-vide.php