30 novembre 2010

La carte du territoire Michel Houellebecq.


Résumé du livre à lire à cette adresse.

Ouf! Je me suis rendue jusqu'au bout.
À certains endroits, j'avoue avoir fait de la lecture rapide.
Houellebecq a le don de faire des digressions parfois fastidieuses. Par exemple, à la page 296(je n'ai rien noté avant, car j'avais fort envie de tout lâcher) il nous parle d'oligospermie probablement pour justifier l'achat d'un bichon bolonais par Jasselin, un de ses personnages :

Sa femme Hélène dira : « un chien c'était aussi amusant, et même beaucoup plus amusant qu'un enfant... »

Et du fameux bichon, on en entendra parler pendant plusieurs pages. Tout cela n'ajoute rien au roman à mon humble avis.
Et quel roman?
H. nous parle d'un artiste Jed Martin qui est un peu maniaque. Il s'adonne à la photographie dès son entrée aux Beaux-Arts de Paris et
« rien n'échappait à son ambition encyclopédique, qui était de constituer un catalogue exhaustif des objets de fabrication humaine à l'âge industriel. »

Plus tard, quand il aura à gagner sa vie, il tombe sous le charme d'une carte Michelin au 1/150 000

« Cette carte était sublime; bouleversé il se mit à trembler devant le présentoir. Jamais il n'avait contemplé d'objet aussi magnifique, aussi riche d'émotions et de sens que cette carte Michelin au 1/150,000 de la Creuse, Haute-Vienne. L'essence de la modernité, de l'appréhension scientifique et technique du monde, s'y trouvait mêlée avec l'essence de la vie animale. Le dessin était complexe et beau, d'une clarté absolue, n'utilisant qu'un code restreint de couleurs. Mais dans chacun des hameaux, des villages, représentés suivant leur importance, on sentait la palpitation, l'appel, de dizaines de vies humaines, de dizaines ou de centaines d'âmes — les unes promises à la damnation, les autres à la vie éternelle. »

Un petit bout de lyrisme qui me fera voir les cartes autrement.
Mais en, même temps, je me dis: est-ce que H. ne se fout pas de notre gueule.
Je me demande, en écrivant ces lignes, si à part les 428 pages, il ne faut pas lire entre les lignes. Probablement, comme c'est souvent le cas.

Toujours est-il que ces fameuses cartes rendront Jed Martin riche et célèbre car il les photographiera de tous bords tous côtés et les exposera. Et il y rencontrera Olga. Amour ou non. Difficile à dire. Jed Martin semble dénué de sentiments et presque inodore, incolore et sans saveur à part le fait qu'il est surtout maniaque.

Après cet épisode photographies, il y aura la période peinture. Il réalisera "des tableaux de la "série des métiers simples". Et le portrait de Michel Houellebecq. M. H. entre dans son roman.
Alors là, Jed atteindra tous les sommets de la gloire et de la fortune.

Tout ce branle-bas pour nous amener à la troisième partie du livre, un meurtre cousu de fils blancs et un peu capilotracté.

Et tout le long du livre je me suis demandé quels sont les critères qui font que l'on mérite le prix Goncourt.
Très difficile à savoir. D'ailleurs, d'après Wiki. en 1999, le magazine Lire résumait le problème en une phrase :"Le prix Goncourt couronne rarement le meilleur roman de l'année."
Alors pourquoi ce prix est-il tant convoité ? L'auteur reçoit un prix dérisoire.

Vous le saurez ici
Et vous saurez combien gagne un écrivain en France.

Une citation intéressante de H.

«...mais pour se lancer dans l'écriture d'un roman il faut attendre que tout cela devienne compact, irréfutable, il faut attendre l'apparition d'un authentique noyau de nécessité.On ne décide jamais soi-même de l'écriture d'un livre,...;un livre, selon lui, c'était comme un bloc de béton qui se décide à prendre, et les possibilités d'action de l'auteur se limitaient au fait d'être là, et d'attendre, dans une inaction angoissante, que le processus démarre de lui-même »





26 novembre 2010

Créativité quand tu nous tiens...



Ce matin, je me suis sentie créative.
Je me félicitais. Dieu que tu es bonne!
Et pourtant, je ne concoctais qu'une soupe.

J'avais acheté un poulet bio de Charlevoix.
Je ne suis pas pingre, mais je n'aime pas perdre de la nourriture. J'aime aussi maximiser mes achats.
Nous ne sommes que deux. Deux petits vieux. Et nous avons un appétit de poulet. À vrai dire, d'habitude, nous mangeons presque un poulet de Cornouailles à deux.

Donc, hier soir, l'autre duettiste, qui s'est mis à la cuisine depuis qu'il est à la retraite, a fait rôtir la demi-bête.
L'autre moitié a fini au pot. Donc me voilà avec un bon bouillon et du poulet.
Tous les ingrédients nécessaires pour cuisiner une soupe.

Une soupe poulet et nouilles?
Non!
J'ai horreur de la routine.
Je fais le tour du frigo. Des restes, nous avons toujours des restes : des tomates en boite, des asperges, des carottes, du clamato et hop! un peu de riz et le tour est joué.

Le hic, arriver à mitonner un repas qui ne durera pas une semaine.

Cuisiner pour deux n'est pas toujours évident. Je devrais peut-être écrire un livre de recettes pour deux personnes ou pour deux p'tits vieux comme ça je réussirais peut-être à me faire publier.





22 novembre 2010

5 ans déjà.


Mon blog
a 5 ans aujourd'hui.

Il n'est pas très lu mais je m'en fous.............presque.

13 novembre 2010

Une poupée de quoi ?


Une suite à

La poupée de Kokoschka d'Hélène Frédérick

Deuxième partie

La poupée de Kokoschka fait son petit bonhomme de chemin.

J'ai écouté l'émission sur France Culture. Avec Internet, on peut se rendre à Paris le temps de le dire. J'aimerais que ce fût moins loin en temps réel, je sauterais dans l'avion.

Après avoir lu le livre, entendre des bruits et des voix, génial.
Il m'en vient la chair de poule.
Ils ont cependant oublié le chat d'Hermine qui, à mon avis, joue un rôle important.



12 novembre 2010

Des fois...


... je n'ai pas besoin d'histoires pour lire. Je lis pour lire. Je lis pour entendre la musique des mots et pour m'émerveiller de ce que l'humain a de plus merveilleux, la vie, bien sûr, et le pouvoir des mots.
De la poussière d'étoiles intelligente.

Je lis depuis que je sais lire... Une sorte de boulimie des mots. Les mots entrent par une oreille et sorte par l'autre. Pourquoi par une oreille? Je lis pourtant avec mes yeux. Pour dire, lus et oubliés. Oubliés? Peut-être que non, sûrement non. Il ne reste que l'essentiel.

J'avais été un peu déçue par Mon enfant de Berlin parce que je recherchais certains renseignements sur l'Allemagne que je n'avais pas trouvés. J'avais quand même aimé l'écriture fluide comme une musique. C'est pourquoi, j'ai voulu lire un autre livre d'Anne Wiazemsky. Un livre qu'on lit sans tracas. Un livre tranquille, c'est-à-dire qui se lit bien.
Trois récits: elle parle de son Prince russe de père, de Madeleine, une de ses gouvernantes et de Maud, une maîtresse de son père. Trois hymnes à l'amour. Et le fantôme de François Mauriac.

Quatrième de couverture

Pourquoi le père d'Anne a-t-il demandé, dans son testament qu'on donne à une certaine dame résidant à Genève le disque bien connu d'Edith Piaf Hymne à l'amour ? Pourquoi la même chanson a-t-elle une si grande importance pour sa mère, comme si elle avait été l'hymne national d'une passion défunte ? Plus tard, bien plus tard, Anne partira pour Genève, à la recherche de la mystérieuse dame qu'avait aimée son père. Ce beau livre, écrit avec tendresse, recèle bien d'autres histoires. Par exemple celle de Madeleine, qui avait illuminé les jeunes années de l'auteur. Il était si doux, pour les enfants, de se blottir contre ses jolis seins. Malgré la déchéance finale de Madeleine, elle aussi inspire un hymne à l'amour. De temps en temps, l'illustre grand-père, François Mauriac, apparaît au moment le plus insolite. Va-t-il se fâcher ? Le temps qui a passé permet d'en rire. On oublie pour un instant tous ces coeurs blessés, qu'Anne Wiazemsky sait faire renaître avec l'ambiguïté du souvenir.


On a même fait un film de ce livre Toutes ces belles promesses.

Bien sûr, si j'avais écrit un livre dans lequel j'aurais parlé de mon père mort à 54 ans d'un cancer généralisé, je ne sais pas si une maison d'édition aurait publié mon livre. Mon père n'avait pas nom François Mauriac.
Et comme je suis curieuse de connaître, un peu mieux, même par le biais, la vie des écrivains célèbres, je lis...
car j'ai beaucoup lu François Mauriac et dans le temps nous n'avions pas accès à l'immense base de données qu'est internet.

11 novembre 2010

Je voulais tellement...


.... recevoir un livre " gratis " que j'ai coché plusieurs cases dans Masse Critique. Quand j'ai reçu la nouvelle que j'étais sélectionnée pour lire deux livres, je me pétais les bretelles jusqu'à ce que je lise les titres. Un livre pour enfant, j'en voulais un. L'autre titre, je ne me souvenais plus l'avoir pointé. Je peux tout de suite dire que je ne lis pas ce genre de livres, habituellement. Je ne l'aurais pas acheté et je ne l'aurais pas réservé à la bibliothèque.

Tout cela n'enlève rien aux auteurs.
Je les appelle des livres instants qui foisonnent dans nos librairies et qui trouvent preneurs puisqu'on continue à en publier. Un peu sensationnels. Et surtout publiés en un laps de temps étonnant. De quoi rendre jaloux le plus prolifique écrivain.

Disons que ce livre est honnête. (Pour qui je me prends). Il me tape un peu sur les nerfs au début, à cause du choix des noms des personnages : Mon Chum, Mon Fils etc. Mais finalement, je réussis à m'habituer pour le reste du livre.

Je retiens de ce livre qu'il vaut mieux ne pas être malade (ironie, car on ne choisit pas d'être malade), qu'il ne faut pas hésiter à poser des questions car si on ne les pose pas, on ne saura rien, qu'il faut s'occuper de son dossier (je n'aurais jamais pensé demander des copies des divers documents, je serais portée à faire confiance).

J'ai aussi appris qu'il faut continuer à vivre ...malgré les aléas de la maladie, ne pas s'apitoyer sur son sort. Véronique Lettre semble très bien entourée mais il n'est pas dit que ce sera identique pour tout le monde.

Le passage qui m'a marquée : Le cancer "est une maladie si discrète et sournoise qu'on ne se doute pas de sa présence."


06 novembre 2010

Mon enfant de Berlin.


J'ai commencé à lire ce livre avant mon voyage en Allemagne. Dans le bus, qui nous conduisait d'une ville à l'autre, j'ai poursuivi cette lecture.
Je me posais souvent cette question : est-ce un roman ou un récit? Quelle est la part du réel? Il est classé « roman » par la maison d'édition. Peut-être à cause de l'histoire d'amour entre une ambulancière de la Croix-Rouge et son Prince charmant russe.

J'avoue que j'attendais plus de ce livre. J'aurais voulu savoir comment se déroulait la vie d'une femme à Berlin après la guerre. Claire Mauriac écrit des lettres à ses parents, tient un journal, mais je trouve ses lettres anodines et lassantes et son journal nous renseigne peu sur sa vie et ses sentiments. En fait, je trouve que ce livre manque de profondeur, il effleure les sujets. Nous en apprenons quelques bribes à la page 231 quand Hilde raconte:

«...la chute de Berlin, l'occupation par les Soviétiques; la famine, la mort, les viols; sa chance d'avoir survécu, ne pas avoir sombré dans la folie comme tant d'autres. Elle raconte encore le retour des hommes, leur refus d'entendre l'enfer enduré par les femmes`le silence désormais imposé aux Berlinoises; l'obligation qui leur est faite d'oublier.»

Mais, nous ne savons pas ce qu'elle raconte...

Claire a 27 ans en 1944. Elle est la fille de François Mauriac. Elle travaille comme ambulancière à la Croix-Rouge française à Béziers. Elle aime son travail. Et surtout, elle n'est plus la fille de François Mauriac. S'appeler Claire Mauriac est parfois difficile à porter.

« Au volant de son ambulance, quand elle transporte des blessés vers des hôpitaux surchargés, elle sent vivre, pour la première fois de sa jeune vie. Une vie sans passé, sans futur. Une vie au présent.
» p. 11

Ne nous méprenons pas, elle aime profondément sa famille (ses parents , deux frères, une soeur) et son fiancé Patrick, mais elle étouffe. Comment vivait une jeune fille de bonne famille en ce temps-là? On espère en savoir plus sur le sujet.
Quand sa mission se termine et qu'elle retourne à Paris, son travail à la Croix-Rouge ne semble pas tellement important aux yeux de son père et de ses frères et elle en souffre.

«Depuis son retour, elle peine à trouver sa juste place dans sa famille, dans le groupe encore clairsemé de ses amis. D'ailleurs, tous et toutes sont très occupés et de ce fait indifférents à ce qu'elle vient de vivre au sein de la Croix-Rouge. C'est particulièrement le cas avec son père et ses frères. Sa participation, même minime, à la Résistance n'a pas suscité l'admiration qu'elle souhaitait et dont elle a tant besoin.» p.38

Que faire à Paris? Son désarroi est grand. Attendre le retour de Patrick. Elle en a nullement envie. Elle hésite. Elle essaie de se raisonner. Elle sait qu'elle ne l'aime plus. Quand on l'appelle, elle accepte une mission en Allemagne du nord et puis à Berlin en ruine. C'est là qu'elle fera la rencontre de son prince charmant : Yvan Wiazemsky, prince d'origine russe, émigré en France au moment de la Révolution. Il ne connaît pas le célèbre François Mauriac.

«Quand Claire quitta le bureau pour rejoindre son étage, elle avait envie de chanter de joie dans l'escalier: elle venait de rencontrer enfin un homme qui ignorait l'existence de son illustre père et pour qui la littérature, les livres ne comptaient pas. Cette situation si nouvelle l'enchantait.»

Elle n'est plus la fille de François Mauriac. François Mauriac est le père de Claire. Mais, celui-ci se méfie du choix de sa fille. Il va jusqu'à contacter Henri Troyat ex-russe et exilé comme Wia. Le mariage aura lieu et comme dans les bons romans naîtra un enfant à Berlin. Claire voudra un garçon, mais une fille viendra au monde.

«L'accouchement se passe mal... Quand on lui dit que l'enfant est sauvé, que c'est une petite fille maintenant en parfaite santé, elle refuse de la voir. « Tout ça pour ça !» proteste-t-elle en se tournant du côté opposé et en sombrant dans un profond sommeil.»

Cette enfant se nomme Anne du nom de l'auteur de ce livre.


02 novembre 2010

Saviez-vous que...

Trinh Xuan Thuan, astrophysicien dit :

« Les étoiles naissent, vivent leur vie et meurent, comme les humains. »


« Nous savons maintenant que nous sommes des poussières d'étoiles, tous les atomes dans nos corps sont formés des étoiles. »

Bien moi, je ne savais pas. Je trouve merveilleux d'être de la poussière d'étoiles.

Christiane Charette