31 janvier 2006

Prisonnier au berceau, Christian Bobin.

C'est dans la mesure où il n'y a rien à voir que les yeux commencent à s'ouvrir.

29 janvier 2006

Écrire. Qu'est-ce qu'il faut , au juste, pour écrire?
Pour écrire, il faut un crayon, du papier, une lampe, une planche, un peu de pain, un verre, du silence, de la tranquillité, des conditions - comment dire? - des conditions d'inertie dynamique. Il faut de l'eau, de l'air, de la terre et du feu. Et puis du temps. De longues plages de temps, des grèves, des anses, des fjords de temps gagnés à même le fleuve de la vie qui va. Il faut aussi, je pense, de l'audace. De l'audace liée au désir constant et inassouvissable de partir seul, de plonger, de circuler au fond, au désir de traquer ce qui remue là et que vous n'avez encore jamais pu nommer, au désir de faire, de fabriquer, d'inventer une histoire, un poème, un texte qui vous fonde et vous porte. Ensuite, il vous faut des mots, des souvenirs, beaucoup de souvenirs, des souvenirs qui n'appartiennent qu'à vous et qui seuls sont capables de fournir une matière neuve. Ces souvenirs cherchent depuis toujours à trouver vie et forme dans des mots. Votre métier d'artisan consiste justement à faire monter ces mots de vos profondeurs, à organiser, à charpenter ces matériaux quand ils commencent à affluer dans votre esprit. Cela prend du temps. Beaucoup de temps.Du temps, il en faut, puisque l'opération première, c'est l'attente. Travailler, pour un écrivain, c'est prendre un outil dans sa main, poser cet outil sur la page blanche. Et attendre. Être là à attendre, même si le corps souffre, même si l'esprit semble désert. Attendre qu'une vie advienne, attendre que de la réalité tactile une sorte de réel émerge. Tout est dans l'attente. Jamais il ne faut quitter la page des yeux, jamais. Bientôt, un mot surgira, puis un autre, qui permettront l'invention d'une première phrase. L'apparition de la première phrase sur la page: bonheur et récompense majeure de l'artisan. Pierre Morency La vie entière. p.80, 81.




La voix intérieure me disait: tu dois tendre vers le bonheur. C'est une nécessité vitale, presque une obligation venue de ton destin. Tu dois être heureux et pas seulement faire semblant que tu l'es, comme il arrive si souvent dans les premiers cycles de l'âge adulte. N'attends pas les niagaras, les dons fabuleux, les bouts du monde, les êtres à peine réels dispensant des amours sans fin. Dépouille-toi. Lave-toi de ces idées toutes faites, de ces jugements pervers qui circulent autour de toi et qui émanent des systèmes de la négation et de la pesanteur. Allège-toi. Pendant des années tu as laissé pénétrer dans ton cerveau des opinions dont tu n'as que faire désormais Rien n'est vrai pour toi que ce qui naît de toi. Dépouille-toi, oublie même les beaux préceptes, si lumineux soient-ils. Pour un temps, ils nous accompagnent sur le sentier, mais vient vite l'heure où il faut aller à son allure. Réforme-toi toi-même. Tu traverses en ce moment une plaine d'herbe rase et tu es seul. … Je te dis simplement: sois. idem p.135-136

p. 18

Il y avait là du plaisir, mais un plaisir qui s'usait. Il n'y avait pas de surprise.

p. 20

Et pourtant, dans chaque cas, c'est le lecteur qui lit le sens; c'est le lecteur qui accorde ou reconnaît à un objet, un lieu ou un événement une certaine lisibilité; il revient au lecteur d'attribuer une signification à un système de signes et puis de le déchiffrer. tous, nous nous lisons nous-mêmes et lisons le monde qui nous entoure afin d'apercevoir ce que nous sommes et où nous nous trouvons. Nous lisons pour comprendre, ou pour commencer à comprendre. Nous ne pouvons que lire. Lire, presque autant que respirer, est notre fonction essentielle.

p.27

Je crois que je lisais de deux façons au moins. La première consistait à suivre, en apnée, le événements et les personnages, sans m'arrêter aux détails, à un train dont l'accélération emportait parfois le récit au-delà de la dernière page… La seconde était une exploration attentive, un examen minutieux du texte afin d'en démêler le sens, en prenant plaisir non seulement à la sonorité des mots ou aux indices que les mots ne désiraient pas révéler, mais à ce que je soupçonnais d'être caché tout au fond de l'histoire, trop terrible ou trop merveilleux pour être regardé.

p.220,221,222

Un écrivain peut construire un texte de bien des façons, en choisissant dans le stock commun les mots qui lui paraissent le mieux exprimer son message. Mais le lecteur qui reçoit ce texte n'est pas confiné à une seule interprétation. …Tout écrit est lisible même si l'instant de sa création est perdu à jamais et même si l'on ignore ce que son auteur voulait dire au moment où il l'écrivait, qui est aussi celui où il l'abandonnait à sa dérive essentielle. C'est la raison pour laquelle l'auteur (l'écrivain, le scribe) qui souhaite sauvegarder et imposer un sens doit être aussi le lecteur.

Dans un texte célèbre Roland Barthes suggérait qu'on distingue l'écrivain de l'écrivant: le premier accomplit une fonction, le second une activité; pour l'écrivain, écrire est un verbe intransitif; pour l'écrivant, le verbe mène toujours à un objectif ,- endoctrinement, témoignage, explication, enseignement "Écrivains et écrivants" in Essais critiques (Paris, Seuil,1971)

Une histoire de la lecture, Alberto Manguel Actes Sud Leméac

essai traduit de l'Anglais par Christine Le Boeuf

28 janvier 2006

Je lis La perle de John Steinbeck.
C'est un livre qui mérite d'être lu.
Voici un court extrait:
...on dit que l'homme n'est jamais satisfait; qu'une chose lui soit offerte, et il en souhaite une seconde. Cela est dit dans un sens de dénigrement et c'est cependant là une des plus grandes qualités de la race humaine, celle qui la rend supérieure aux animaux, lesquels se contentent de ce qu'ils ont.

25 janvier 2006

Regarder la télévision demande beaucoup d'attention.


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Maman apprend le japonais.



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Mamzelle Sophie dort.



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À quoi pense cette maman? Posted by Picasa

23 janvier 2006


Samedi le 21 Sophie a dormi chez ses grands-parents.
À l'heure du déjeuner. Posted by Picasa
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Mioum, mioum c'est bon. Posted by Picasa


Sophie mange du yogourt. Posted by Picasa
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sophie mange un gâteau de grand-maman. Posted by Picasa
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Tata et tonton regarde tigrou avec Sophie.


L'après-midi Sophie a pris une collation avec grand-papa: un petit gâteau au chocolat et à la banane.

22 janvier 2006



Il neige vraiment beaucoup. Posted by Picasa

Sophie observe nos voisins qui veulent photographier la nouvelle neige.

Mamzelle Sophie regarde la télévision avec grand-papa.

Sophie mange du yogourt à la banane.

Après avoir mangé Sophie essuie sa bouche.

En fin de semaine, Sophie s'est fait garder chez ses grands-parents.
Ici elle mange un biscuit et elle observe son grand-papa.


19 janvier 2006




Extrait du discours prononcé devant l'Académie suédoise le 7 décembre 2000 par Gao Xingjian, prix Nobel de littérature.
La raison d'être de la littérature.

"...se parler à soi-même constitue le point de départ de la littérature, communiquer au moyen du langage vient en second.Lorsque l'homme injecte ses sentiments et ses réflexions dans le langage, puis qu'il recourt à l'écriture, alors naît la littérature. Lorsque, ensuite, sans visée utilitaire, et sans même penser jamais être diffusé, il continue cependant à écrire et recueille du plaisir grâce à l'écriture, et même un dédommagement, c'est déjà une récompense."

Dans Au plus près du réel (dialogues avec Denis Bourgeois) on peut lire:

D.B. Je pense que tant qu'on a d'autres moyens de communiquer, on n'écrit pas.Il faut se sentir complètement démuni de toute autre possibilité pour se mettre à écrire.
G.X. L'écriture, pour moi, c'est un moyen de supporter l'existence. Si cette vie peut avoir quelque valeur, c'est uniquement parce que je le constate par mon écriture: je me sens bien vivant, je peux avoir mon indépendance. Dans l'écriture, je dis ce que je pense. Dans la vie, par contre, ce n'est pas possible.

G.X. Si on a envie d'écrire, c'est bien parce qu'on garde une curiosité pour cette vie; c'est déjà pas mal. Ça montre qu'on conserve une certaine vitalité, sinon il n'y a plus qu'à se suicider.
D. B. Ce qui est paradoxal, c'est qu'en écrivant, on cherche quelque chose comme l'essence du réel tout en sachant qu'elle n'existe pas, que le "réel" est toujours à surgir là ou on ne l'attend pas.
G. X. Écrire, c'est vouloir sentir de plus près ce réel, même s'il reste mystérieux.
...On doit capter ce qui n'est pas dit, ce qu'on peut observer; cette curiosité, cette soif...
Ceux qui veulent écrire, ce sont souvent les gens qui plus sensibles que les autres. Cette sensibilité devient tellement fine que ça devient une obsession. L'obsession de saisir cette sensibilité, de rendre visible cette sensibilité.


Des fleurs pour rendre
la vie plus facile.

Les fleuristes enlèvent les étamines.
Il paraît que ça tache.
Heureusement il y en avait qui étaient cachés.

de Pierre, Julie, Sophie: pour un anniversaire et pour un merci.






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16 janvier 2006




Sophie a voulu faire un petit somme en attendant papa et maman. Posted by Picasa



Finalement Sophie a dormi beaucoup. Posted by Picasa



Mamzelle Sophie est venue prendre son bain chez grand-papa et grand-maman. Posted by Picasa