26 décembre 2009

Les murs

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/2009/11/02/005-prix-robert-cliche.shtml



Le langage contient, les chiffrent rassurent, les mots enferment; la vie est trop grande, on la claustre en trois lettres et on compte ses heures. Si les mots n'existaient pas, tout deviendrait trop.
         p. 30

Le prix Robert-Cliche  récompense l'auteur d'un premier roman.

J'y reviens.
Pour la troisième fois, j'ouvre pour modifier mon billet.
J'y ajoute quelques mots, à peine.
Finalement, j'ai lu ce livre jusqu'à la fin.
Il faut, pour pouvoir dire si on aime ou pas.
Je crois, dans le fond, que ce livre me déçoit.
Au début, il y a un certain rythme qui me plaît.
Quand la jeune suicidaire change d'hôpital, le rythme change. Il est plus lent. Le rythme de l'hôpital probablement mais dans le fond la trame est la même : non acceptation d'être encore vivante, refus de manger, mutilation.
Et puis, elle se remet à manger pour arriver à sortir de l'hôpital, c'est la condition.
Mais il manque quelque chose...le non-dit.
En fait, selon mon humble avis, il s'agit de la description d'un personnage qui pourrait faire un roman.

Et puis tout le long, je me suis dit, on ne peut pas faire une telle description si on ne l'a pas vécue...
Elle dit que non.






26 novembre 2009

La traversée du continent.(suite)

Que Michel Tremblay ne m'en veille pas mais j'ai fait un peu de lecture rapide autour des chapitres du Manitoba et surtout autour de la description de Bebette (grand-tante de Rhéauma) et de l'origine de son saperlipopette.
Pourtant, j'avais bien aimé le chapitre où il parlait de Régina qui vivait à Régina : très émouvant et juste assez long.
Il me semble que cette description de Bebette n'amenait rien de plus pour nous lecteurs de romans.
Michel Tremblay est surtout un homme qui écrit pour le théâtre. Oui, je sais, il a aussi écrit plusieurs romans... On dirait qu'il décrit ce personnage pour un comédien, pour que le comédien entre bien dans la peau de son personnage.
Mais qui suis-je pour critiquer Michel Tremblay ?
Toujours est-il que moi, j'avais hâte de connaître la suite avec Rhéauma.

Il me reste quelques chapitres à lire.

20 novembre 2009

La traversée du continent.

Je trouve que Michel Tremblay raconte bien.
Je m'attache à Rhéauma. Mais je la trouve assez évoluée pour ses 10 ans et pour l'époque. Elle a des pensées d'adultes.
Je suis sûre que Michel Tremblay en est conscient.
Pourquoi alors ?

Le langage québécois ne me dérange plus.
Le fameux complexe d'infériorité s'en va avec la mondialisation, ou l'ouverture sur le monde.

17 novembre 2009

Lectures

Pas un mot d'écriture depuis bientôt un mois.

Je n'écris pas, je lis.

D'abord j'ai lu :
L'immense abandon des plages de Mylène Durand.
J'ai beaucoup aimé ce livre, très poétique. C'est un roman inhabituel, à trois voix. Trois voix qui ne se rejoignent pas.
On y parle des îles de-la-Madeleine. Presque tout se passe là. En fait cette île est en quelque sorte la vedette de ce livre.
Ce livre n'est pas facile à lire mais je crois qu'il en vaut la peine. Des descriptions à couper le souffle. Je n'en ai pas sauté une.

J'ai lu aussi La louée de Françoise Bouffière. Le sujet est banal à mon avis mais la narration est menée en maître. Peut-être un peu trop didactique.

Et je lis présentement La traversée du continent de Michel Tremblay.




28 octobre 2009

mais écrire n'est pas facile.
Ce matin une phrase.

23 octobre 2009

Le matin

En fait, les idées me viennent le matin.
Le temps que je passe éveillée dans le lit avant de me lever.
Les jours où je ne combats pas pour dormir à tout pris.

Ce matin, je pensais à Michel Tremblay. J'ai entrevu une émission à la télé, canal vox, Le confident, animée par Louise Deschâtelets où il se dévoilait. Je n'ai pas vu l'émission au complet, je suis un peu frustrée car j'ai essayé de voir si je pouvais revoir cette émission par le biais d'archives et sur mon ordinateur. Et non ! Ma seule chance sera dimanche 18 h. Espérons que j'y penserai.

Je me trouve des atomes crochus avec lui. Allez savoir pourquoi. J'ai peut-être lu 10 lignes de ses romans, pas de farce. Je n'accroche pas. J'ai vu Les belles soeurs à ses premières présentations. J'étais jeunette et probablement un peu snob. J'étais gênée, je n'avais pas aimé. Il parlait en joual. Tout ce qui était honni à l'époque. Les français nous parlaient de notre dialecte. J'avais honte. Peuple sans histoire et sans langue...Il fallait apprendre à parler.

Et 50 ans après tout est encore à faire. Moi, qui croyais que nous avions progressé.

http://www.ledevoir.com/2009/10/24/273121.html



J'ai ajouté un lien pour illustrer mes dires. Le lien se trouve à droite de ma page. Un lien montre un jeune Michel Tremblay et un aussi jeune Jacques Boulanger et leur langue pointue qui semble un peu ridicule aujourd'hui.


Quand j'écoute parler Michel Tremblay, il m'intéresse. Il dit, par exemple, qu'il a dans la tête des personnages avant de savoir ce qu'ils vont faire. C'est mon cas. Si je regarde mes textes, ce sont des personnages que je n'ai pas encore su loger dans une histoire. Et lui aussi écrit le matin.

Je l'ai vu une fois au salon du livre. J'aurais pu lui parler mais je ne l'ai pas fait.
Il m'intimide. Qu'aurais-je pu lui dire? Peut-être que je lui écrirai un jour.




22 octobre 2009

De retour...

Cette nuit, j'ai rêvé d'une aventure qui se passait à Venise. J'aurais envie de dire : Venise, la magique.
Et me voici à 5 heures du matin qui écris sur la table du coin cuisine comme au bon vieux temps.
Je n'ai pas grand mérite me direz-vous...Le décalage horaire me turlupine. Je trouve que ce phénomène me dérange plus au retour. De toutes façons, mes nuits sont complètes après 5 heures de sommeil.
Mais je sens que je vais me mettre à réécrire .Il me faudra cependant un peu de discipline .
Julie me disait:« J'espère que tu as pris beaucoup de photos.» Et bien non! Je suis loin du compte habituel. J'ai voyagé autrement. J'ai beaucoup appris sur les vieilles pierres des vieux pays (et j'ai encore beaucoup de lectures à faire) mais j'ai surtout observé:
- d'abord le groupe parmi lequel nous voyagions
- les touristes en général. Il y en avait beaucoup. Quelques fois j'arrivais mal à les départir des autochtones. Les guides nous ont dit que beaucoup d'Européens ont voyagé en Europe cette année à cause de la crise économique. Véritable tour de Babel...
- et les gens des pays visités, leur façon de vivre à première vue, leur façon et leur insistance à attraper le touriste.

*************

Quelqu'un du groupe m'a dit à Venise : «Vous êtes de toutes les femmes présentes ici celle qui a le moins parlé.»
J'étais un peu surprise et un peu mal à l'aise qu'on me dise ça. Pourtant, j'ai vécu en groupe. J'ai aussi parlé aux gens. Les vieux complexes de culpabilité et d'infériorité (tant de gens, nous donne l'impression de tout savoir et de tout connaître et toi tu mesures ton ignorance) qui refont surface.
Ma tête s'est mise à penser vite (ne pas se laisser impressionner) et je lui ai répondu que j'observais
que j'avais beaucoup parlé dans ma vie à cause de mon travail
et que d'autres personnes parlaient pour moi,
pourquoi répéter ce qui s'était dit.

Dans un groupe, il y a des personnes qui parlent d'autres qui écoutent.
Je suis étonnée de voir comment certaines personnes ont beaucoup de choses à dire tout le temps.
De vrais moulins à paroles. Des fois, j'aurais envie de mettre mes mains sur mes oreilles...

Ne vous inquiètez surtout pas : J'ai fait un très beau voyage.



25 septembre 2009

Tombeau du Capricorne Guy Goffette

II Élégie pour un ami.

Toujours, encore, demain, ces mots de peu,
de rien, jetés en passant, nous débordent.
Ils amassent dans les marges de nos vies
un sable lisse et sans

vertige, auquel nul ne prête attention
jusqu'à ce que le coeur soudain batte
de l'aile et commence à compter ses pas,
parce que tout est dit,

tout, il n'y a qu'à tirer la porte.
Mais elle résiste soudain et grince comme
la mémoire devant une montagne d'oublis :
ce tas de sable, ce

silence qui prend toute la place et qui crie.

25 juillet 2009

Qu'est-ce qu'un haïku ? suite

" Le haïku commence par un éclat de rire, par un rire transgressif et libérateur."

Un effluve de pisse (kireji)
ils exhalent aussi
les chrysantèmes
du poète Issa


il fait chier son chien

sur le gazon du voisin

plaisir d’été (kireji)

de moi


" L'esprit du haïku suppose de s'affranchir, par le rire, des préjugés qui encadrent notre appréhension du monde. L'humour est ce qui fait sauter le verrou du conformisme. Il en dévoile les raideurs, il en démystifie les faux-semblant. Il fait surgir la vie au milieu du machinal. Au coeur de tout haïku, même de ceux qui nous paraissent les plus graves et les plus mélancoliques, il y a une part de jeu et un fond d'enjouement.

Ce rire est l'écho d'une jubilation profonde au spectacle du monde et au simple fait d'exister.


Par moments les nuages

à ceux-là donnent un répit

qui contemplent la lune


du poète Bashô


les étourneaux piaillent

picorent le terrain

voyages en groupe

de moi


Je suis un peu culottée de mettre mes humbles haïku tout près de ceux des grands maîtres.



Un petit bout du chapitre qui me fait penser à Bobin:


Le haïku "cherche dans le commun, dans l'ordinaire, dans le dérisoire même, la source de la poésie et de la beauté."


à suivre...






21 juillet 2009

Qu'est-ce qu'un haïku?

Je lis présentement L'art du haïku (Vincent Brochard et Pascale Senk).

Qu'est ce genre de poésie à part ses trois caractéristiques formelles : cadence de 5,7,5 syllabes,
vocable associé à une saison "kigo" et le mot-césure "kireji".

J'aime bien ce passage du livre:
"Ces caractéristiques ne suffisent cependant pas à définir ce qu'est un haïku. Elles n'ont en rien valeur de normes absolues. Bashô (le maître du haïku) lui-même les relativisait."

Il y a eu Bashô (1644-1694), Buson au XVIIIième siècle, Issa à la charnière du XVIIIième et du XIXième siècle et puis Shiki à la fin du XIXième siècle.

"Par définition pourrait-on dire, le haïku ne se laisse pas enfermer dans un carcan. D'ailleurs, en engageant, au nom d'un retour à la pureté de l'intention et contre l'académisme, la rénovation du haïku, Shiki introduisait les ferments d'une dissolution des règles formelles elles-mêmes.....
Pour comprendre ce qu'est le haïku, il faut s'imprégner de son esprit. Cet esprit est mouvant, fluctuant. Il est à la croisée des traditions et d'influences variées aux interactions complexes. Il ne se laisse pas saisir en quelques principes abstraits. Il ne se laisse pas enfermer dans un cadre théorique, dans une philosophie toute faite. On ne peut le figer à un moment donné dans le temps."


à suivre.








27 juin 2009

Tanka

tiré de l'amour-poème de Keiko Yokoyama traduit par Bertrand Petit

Les premières oies sauvages
crient sur leur passage
en traversant le monde,
alors que le coeur des hommes
souffre de lassitude.

24 juin 2009

Un poème qui en dit long.


Pierre Perrault cinéaste et écrivain

LA CHANSON DE MARIE

la pomme rouge et la gelée blanche
puisqu'on parle de la vie
tourmentent le même jour
le pommier doux

dis marie
mon grand pays
au bout de ce grand bout de neige
dis ce que tu penses de la terre

de la terre qui reprendra nos visages
pour en faire des feuillages
aux branches du coudrier



21 juin 2009

Anne Hébert écrit:

La poésie n'est pas le repos du septième jour. Elle agit au coeur des six premiers jours du monde, dans le tumulte de la terre et de l'eau confondus, dans l'effort de la vie qui cherche sa nourriture et son nom. Elle est soif et faim, pain et vin.
Notre pays est à l'âge des premiers jours du monde. La vie ici est à découvrir et à nommer; ce visage obscur que nous avons, ce coeur silencieux qui est le nôtre,tous ces paysages d'avant l'homme, qui attendent d'être habités et possédés par nous, et cette parole confuse qui s'ébauche dans la nuit, tout cela appelle le jour et la lumière."
"Le poète est au monde deux fois plutôt qu'une. Une première fois il s'incarne fortement dans le monde, adhérant au monde le plus étroitement possible, par tous les pores de sa peau vivante. Une seconde fois il dit le monde qui est autour de lui et en lui et c,est une seconde vie aussi intense que la première.

20 juin 2009

Les accoucheuses tome 2

J’ai fini de lire le deuxième tome de Les accoucheuses.

J’ai trouvé le début long. L’auteure fait un retour sur le 1er tome ce qui a mon avis n’est pas nécessaire.

J’ai assisté à toutes sortes d’accouchements. J’ai beaucoup appris .

J’ai aussi beaucoup appris sur l’évolution de la médecine dans le Bas-Canada.

Ce livre je l’ai lu d’une façon plus critique.

Je peux dire qu’à certains endroits, j’ai fait de la lecture rapide.

S’il y a relecture d’une oeuvre avant sa publication certaines personnes ont dû faire aussi de la lecture rapide de ces 836 pages.

Par exemple au chapitre XXIX, on écrit qu’une sage-femme n’est pas présente à une réunion et quelques pages plus loin, elle s’interpose. ???

À plusieurs endroits, p. 646 à 647 pour en citer un, l’auteure passe d’une période de temps à une autre sans crier gare, même pas d’astérisques entre les deux.

Malgré tout j’ai envie de lire le tome 3.

On s’attache aux personnages surtout à celui de Flavie qui lutte pour atteindre son objectif i.e. devenir médecin.

En fait, c’est aussi, ce livre, l’évolution de la condition féminine.

«... Flavie s’étonne du malaise évident des personnes à proximité pendant que Françoise et elle discutent avec flamme. Elles sont rares, les dames qui osent se mêler à cette discussion, et la gêne est encore plus flagrante du côté des messieurs!

Grâce à Françoise, Flavie a compris que ce n’est pas uniquement le sujet lui-même qui cause un problème, mais le fait qu’elles en parlent ouvertement en public ! Elle a longuement médité sur le fait que, effectivement les femmes qui prennent la parole sont source de scandale...Il paraîtrait que cette attitude virile est contraire aux lois de la nature et à l’enseignement des Écritures ! »

Léonie, la mère de Flavie, a ouvert une école pour parfaire l’instruction des sages-femmes. Bien sûr, sa tâche est énorme... Nicolas Rousselle, médecin qui s’oppose farouchement au travail des sages-femmes, lui dit :

« Je suis persuadé, moi, qu’il est impossible pour une personne du sexe faible de se charger d’un tel travail, sans conséquences néfastes. Le système nerveux féminin n’est pas conçu pour l’excès intellectuel... »

07 juin 2009

Les accoucheuses Anne-Marie Sicotte

Je viens de finir de lire Les accoucheuses tome 1 (La fierté) de Anne-Marie Sicotte : une grosse brique de 866 pages. Je ne pensais pas que j’aurais ce courage. J'étais contente que les caractères soient gros. Il est évident que j’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai présentement en main le tome 2 qui est tout aussi volumineux.

Tout (relatif, mettons beaucoup) le monde parle de ce livre : un bestseller québécois. Il faut être patient pour l’avoir à la bibliothèque. Il fallait que je lise ce livre pour savoir qu’est-ce que c’était au juste. Disons qu’on ne qualifierait pas ce livre de grande littérature et encore une fois tout est relatif : Balzac, Zola : comment étaient considérés ces écrivains ? Des écrivains qui décrivent la société française de leur époque. Et bien Anne-Marie Sicotte décrit la société canadienne (Province du Canada), la vie des femmes, au I9ième siècle c’est-à-dire vers 1845-48 sur notre continent. La trame historique est véridique mais les personnages sont inventés. Le livre est très bien documenté. On se rappelle tellement mal notre histoire…L’histoire me semble le parent pauvre de l’instruction que nous avons reçue. En tout cas, j’ai le goût de refaire mes classes, de fouiller un peu plus. Et je trouve que nous ne sommes pas orgueilleux. Nous bâtissons, nous vivons l’histoire : mais savons-nous comment nous en sommes arrivés là, connaissons-nous tous les combats.


Immédiatement, on s'attache aux personnages de Léonie et Flavie.

Simon est instituteur et le père, Léonie accoucheuse et la mère . Ils ont trois enfants : Laurent , Flavie et Cécile. Flavie suit les traces de sa mère malgré l'Église .

Je n'ai pas pu faire autrement que de revenir en arrière dans ma propre vie.

De revoir comment tout se passait quand j'étais plus jeune.

J'ai été surprise de voir comment la pensée était libérale (du moins chez certaines personnes ou familles) en ce temps-là, malgré l'Église. Et je trouve qu'un siècle plus tard la pensée n'avait pas beaucoup évolué ou n'avait évolué que très lentement.

Ici, je parle de la sexualité : il faut faire une distinction entre la bourgeoisie et les gens du peuple comme il est dit. La bourgeoisie est plutôt coincée i.e. les relations entre jeunes gens se résument en du marivaudage.

Chez les gens du peuple on passe aux actes, on se touche. En tout cas Flavie sait comment faire pour retirer du plaisir sexuel sans devenir enceinte. Moi, quand j’avais cet âge, je croyais qu’à regarder un garçon je pouvais devenir enceinte. Aucun spectre d’enfer ou de péché derrière tout cela. Est-ce que l’auteur exagère un peu ?

Je suis un peu paresseuse. Je voulais copier des extraits qui m'avaient ...disons...rappelés des souvenirs ou émus mais je n'avais pas envie de tout copier c'est pourquoi j'ai photographié ces extraits. En cliquant dessus, on peut rapprocher et lire.


L'influence intempestive du clergé.






Le contexte des autres extraits :

Flavie la fille de Léonie veut devenir sage-femme. Sa mère l'initie à cette profession. Flavie et Léonie se font regarder de travers car les médecins croient posséder toute la science. Ils ont aussi peur que les sages-femmes deviennent trop importantes . Une sage-femme, femme du peuple, avait aussi la réputation d'avoir des moeurs légères. Léonie ouvre une école pour sages-femmes . Elle accepte que les étudiants en médecine viennent apprendre comment mettre des enfants au monde. Flavie a envie d'aller plus loin, d'en connaître plus sur son travail. Secrètement, elle aurait envie de devenir médecin. Léonie fait un marché avec l'école de médecine pour que Flavie puisse assister à des dissections de cadavres. Tout se fait en cachette car on ne saurait accepter des femmes à ces dissections : questions de pudeur, de résistance et de petit cerveau des femmes. De plus, un étudiant en médecine, qui vient de la bourgeoisie essaie de séduire Flavie, cette fille du peuple. Ses intentions laissent assez à désirer... Alors pour Léonie, le vase déborde car Simon, son époux, qui est très ouvert et tolérant d’habitude, lui reproche d'avoir mis sa fille en danger.




Il est aussi question du développement du féminisme.

J'ai lu des interviews d'Anne-Marie Sicotte et un point a retenu mon attention:

Encourager les auteurs québécois ! Ceux et celles des autres pays n'ont pas besoin de vous pour vivre, mais nous, oui ! C'est seulement en écrivant sans relâche que j'ai réussi à atteindre le niveau où je suis actuellement. Aurais-je pu écrire en vase clos pendant trente ans ? La réaction du public est essentielle pour nous forger en tant qu'auteur, pour nous mettre sous le nez nos forces et nos faiblesses. Et pour écrire, il faut pouvoir en vivre ! Si nos éditeurs ont une grande responsabilité à ce niveau (de meilleurs droits d'auteurs), le public lecteur en a une très grande également.

Il y aura une suite quand j’aurai fini le deuxième tome.

03 mai 2009

Ce matin...





...il m'est arrivé une chose cocasse. Je lis le livre Le mec de la tombe d'à côté écrit par Katarina Mazetti. C'est un roman suédois. Donc, j'ouvre le livre à la page marquée. J'avais un signet et le relevé de la bibliothèque comme marque page . Le relevé, en fait, ne servait pas à marquer la page : il était là mais il aurait pu être ailleurs. Alors, j'ouvre le livre, sans prendre garde, à la page du relevé. Je commence à lire. J'ai recommencé au début du chapitre car j'ai pensé : J'étais somnolente hier au soir, je ne me souviendrai plus de rien. Et je lis, mais mon autre moi me parlait en même temps. Il me disait que je n'avais absolument rien lu hier au soir car je ne me souvenais plus de ce début de chapitre et que peut-être j'avais bu trop de vin. Les chapitres étaient intéressants et intrigants . J'ai donc lu 3 chapitres comme cela.

Tout à coup, je relève la tête et mes yeux tombent sur le relevé de bibliothèque là sur la table. J'hésite, je regarde une deuxième fois : ce n'est pas mon signet ! Je constate que mon signet est plus avant dans le livre . Je lis et je me rends compte de mon erreur. Je suis rendue au chapitre 17 mais j'ai déjà lu les chapitres 25, 26, 27.

Cette erreur ne semble pas trop perturber ma lecture de ce roman écrit à deux voix : - d'une veuve intellectuelle, bibliothécaire de son métier et
- d'un paysan célibataire qui vivait avec sa mère décédée.
En fait, il s'agit de la rencontre de ces deux solitudes qui n'ont pas grand chose en commun et qui ont des points de vue différents face aux divers moments de leur vie.
Parfois assez drôle. Émaillé de mots que je qualifierais de bizarres, de l'argot (ratiches : dents) et des mots que je n'ai jamais entendus dans ce sens (paillasse: plan de travail d'un évier, à côté de la cuve). Je ne sais pas s'ils sont d'usage courant en France. Bien sûr, ce livre est traduit. Mais la traduction n'est pas déplaisante.

J'en suis au troisième livre écrit a deux voix. Et des livres choisis au hasard.

23 avril 2009

Rien ne va plus...

J’ai essayé de lire : FUGITIVES d’Alice Munro
Ce sont des nouvelles. Elle est une auteur canadienne.
Elle écrit en anglais mais je la lis en français. Je ne saurais lire en anglais. Du moins ce serait trop long.

D’après mes recherches, elle est récipiendaire de plusieurs prix dont le prix du gouverneur général. Donc ses livres doivent être formidables à lire dans la langue d’origine mais en français...
peut-être que je lis mal. Je ne lis pas seulement pour lire une histoire. Pour moi, les mots ont de l’importance, les mots et leur alignement.

Exemples :

p. 68

Elle parle qu’elle a eu un petit accident c’est-à-dire ses menstruations.
Je n’ai rien à redire avec cela.
Alors, elle s’en va aux toilettes pour changer sa garniture

« Le visage en feu, prise de crampes, la tête lui tournant un peu, le coeur soulevé,
elle se laissa tomber sur les toilettes, ôta sa garniture trempée, ...

Quand elle se leva, elle fixa la nouvelle garniture... »

Depuis quand appelle-t-on des serviettes sanitaires des garnitures ?

J’ai vérifié le mot dans le dictionnaire, je me suis dit, il y a peut-être un sens caché.

Nada!

Et un peu plus loin, cette phrase que je trouve bizarre:

« Des bretzels et des cacahuètes furent tout ce qu’elle put obtenir et elle les engloutit de telle façon que la conversation réfléchie teintée d’un peu d’esprit de contradiction qu’ils avaient eue jusqu’alors ne put reprendre. »

Est-ce que j’ai la berlue ?

Toujours est-il que j’ai écrit aux Éditions Boréal.
Je leur ai demandé s’il y avait relecture des livres après la traduction.

Je n’ai pas encore eu la réponse à ma question.

20 avril 2009

l'écriture encore et souvent

un jour, j’ai pris la parole.

Je ne sais plus quel âge j’avais

Mais je sais que j’ai participé au concours de poésie de Radio-Canada. Il faudrait voir en quelle année ces concours ont commencé.

(je suis allée voir sur Radio-Canada mais je n’ai rien pas trouvé grand chose. Ils parlent d’il y a 30 ans. Mais je devais avoir dans les environs de 17 ans, je crois...)

J’étais pleine d’espoir et pleine d’illusions.

J’avais envoyé des poèmes. Je crois bien qu’ils étaient rimés. C’était ce qui se faisait à l’époque, du moins je pense.

J’ai essayé en vain pendant plusieurs années de retrouver ces poèmes. Ils étaient sur papier seulement. Dans un minuscule cahier à anneaux duquel j’ai délogé les feuilles pour le donner à une de mes filles. Des feuilles en liberté se perdent des fois. Et peut-être que j’ai dit bof ! Je me soupçonne de les avoir détruites.

Est-ce que j’aurais manqué de ténacité ? Ou bien la vie en a décidé autrement. Et je pense à Nancy Huston qui dit dans L’espèce fabulatrice que nous, les humains, nous trouvons facilement des raisons pour nous déculpabiliser.

Peut-être avais-je perdu un peu confiance en moi ?

Déjà.

Rien n’est facile avec l’écriture.

19 avril 2009

La machine

On dirait que la machine à lecture est repartie.

Pour écrire, il faut lire.

J'ai beaucoup lu mais depuis un certain temps j'avais des problèmes. Je n'arrivais pas à trouver les livres. J'allais dire chaussure à mon pied mais je ne lis pas avec mes pieds que je sache!

En deux jours, j'ai lu Les carnets de Douglas de Christine Eddie.

Je ne ferai pas un long commentaire sur ce livre parce que ce serait répéter ce que d'autres ont déjà dit. (Voir mes liens.)
Je ne peux m'empêcher cependant de faire un certain parallèle avec L'élégance du hérisson.

Nous suivons, dans ces deux romans, deux personnages qui ne sont pas très heureux.
Je veux dire que chaque personnage participe à l'élaboration du livre. Je sens que je m'exprime mal. Un chapitre est consacré à un personnage et l'autre chapitre à l'autre personnage.
Dans L'élégance du hérisson chaque personne se raconte ou raconte ses pensées profondes tandis que dans Les carnets de Douglas nous avons un narrateur extérieur qui les regarde vivre.


Là s'arrête la comparaison car
l'auteur de L'élégance du hérisson a une écriture un peu plus songé, voire philosophique et qui pourrait être rébarbative à la longue. J'avoue avoir eu envie de sauter quelques longueurs.
L'écriture de
Les carnets de Douglas est beaucoup plus simple. Les chapitres sont courts, racontent en peu de mots et quelques fois, ils sont poétiques.

Pour Douglas, Éléna choisit le corps qui lui allait le mieux. Elle demanda à l'humidité de lui boucler encore plus les cheveux et au soleil de lui colorer les joues. L'eau de la rivière lui adoucissait la peau et la lumière égayait ses yeux. Elle enfila ses jambes du dimanche et se vêtit de ses plus beaux seins. Elle s'accrocha à la bonne humeur et son rire se mit à retentir en écho dans la forêt. Aimer Douglas la rendit heureuse.
Un petit bémol : je trouve que les chapitres sont courts et j'aime bien. Le style aussi : c'est-à-dire que Christine Eddie raconte en peu de mots et j'aime bien aussi mais je trouve qu'elle manque un peu de fluidité ce qui me rend un peu mal à l'aise.

Mais c'est un livre à lire.







13 avril 2009

Titre

Je me demande souvent que veulent dire les titres des livres.
L'élégance du hérisson suscite aussi ma curiosité.
J'y suis arrivée.
Le personnage principal est une femme fort intelligente qui se cache derrière le rôle d'une concierge.
L'auteur dit:
Madame Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse,mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégants.


Une pensée profonde à mon humble avis.

Elle a parlé avant des maisons de retraite et elle dit que quand on y entre ça veut dire:
Je suis fini(e), je ne suis plus rien, tout le monde y compris moi, n'attend plus qu'une chose : la mort, cette triste fin de l'ennui.
Je dois avouer que je disais des maisons de retraite (car il y en a une pas loin de chez-nous), ce sont des mouroirs mais je n'avais jamais conceptualisé la chose.

Il faut vivre avec cette certitude que nous vieillirons et que ce ne sera pas beau, pas bon, pas gai. Et se dire que c'est maintenant qui importe: construire, maintenant, quelque chose, à tout prix, de toutes ses forces.Toujours avoir en tête la maison de retraite pour se dépasser chaque jour, le rendre impérissable. Gravir pas à pas son Everest à soi et le faire de telle sorte que chaque pas soit un peu d'éternité.
Le futur, ça sert à ça : à construire le présent avec des vrais projets de vivants.

12 avril 2009

L'élégance du hérisson Muriel Barbery

La Civilisation, c'est la violence maîtrisée, la victoire toujours inachevée sur l'agressivité du primate.
La faculté que nous avons de nous manipuler nous-mêmes pour que ne vacille point le socle de nos croyances est un phénomène fascinant.

05 avril 2009

L'espèce fabulatrice Nancy Huston

L'univers comme tel n'a pas de Sens. Il est silence.
Personne n'a mis du Sens dans ce monde, personne d'autre que nous.
Le Sens dépend de l'humain, et l'humain dépend du Sens.

Parler, ce n'est pas seulement nommer, rendre compte du réel; c'est aussi, toujours, le façonner, l'interpréter et l'inventer.
Le réel est sans nom. Le nom "juste" ou "naturel" d'un objet, acte ou sentiment n'existe pas.
Sans hommes: pas de nom.
Dieu qui nomme les premiers hommes, etc., c'est une fiction. Nous ne sommes pas Sa création, Il est la nôtre.
Dieu ne peut pas être, ailleurs que dans nos histoires. Pour être Dieu il faut parler et pour parler il faut une langue et pour avoir une langue il faut déjà faire partie de l'histoire humaine.

28 mars 2009

Et puis...

Alberto Manguel dit:

Lire, presque autant que respirer, est notre fonction essentielle.

écrire bis bis bis

Pour écrire, il faut lire paraît-il.

Je n'arrête pas de lire depuis quelque temps. Des nouvelles et de la poésie.

Chaque jour je me rends compte qu'il y a tellement d'auteurs à lire que je ne connais pas.
C'est presque décourageant.

Et, effet contraire, plus je lis, plus je me demande pourquoi je veux absolument écrire.


22 mars 2009

Un coeur rouge dans la glace Robert Lalonde Nouvelles

Écrire ce n'est pas raconter une histoire. C'est s'attaquer à l'indicible, c'est chercher la transparence.

21 mars 2009

L'écriture (Suzanne Jacob)

Suzanne Jacob dit:

Il faudrait retrouver...la première fois où l'écriture est venue, plutôt que moi venue à elle.


c'est la main qui écrit, qui fait apparaitre cet autre Je


Ce n'est pas le dictionnaire qui met les mots au monde. C'est la vie. C'est la nécessité de nommer la vie pour la rendre lisible.


Le roman est venu de la vie, pas du roman. Et c'est toujours à recommencer, de laisser la structure se déployer de l'intérieur, de la vie, non pas comme une commande à l'extérieur, mais comme une nécessité, une passion de l'intérieur.


03 mars 2009

Pourquoi dire?

Belle phrase n'est-ce pas?

20 février 2009

Je souffle...

Michel Pleau m'a demandé si j'avais eu peur.
Il pose souvent des questions qu'on n'oserait pas poser. Je lui ai dit qu'en effet j'avais eu des craintes. Il m'a dit qu'il ne fallait pas. Il a trouvé mes haikus pas mal bons. Bien sûr, j'ai un peu de travail à faire, des haikus à changer, d'autres à trouver, mais il m'a dit que d'ici un mois je devrais envoyer tout cela dans une maison d'édition.

Il paraît aussi que mon autre poésie est bonne.

13 février 2009

Je ne sais plus je ne sais pas.

J'avoue que je doute.

J'ai
prêté mes haïkus à Michel Pleau (prix du gouverneur général) pour qu'il les regarde. C'est parce que j'ai de petites ambitions.

Je tremble un peu. Moi je les aime bien mais sont-ils publiables. Ce n'est pas lui l'éditeur mais vaut mieux connaitre l'avis de quelqu'un qui s'y connaît pour avoir publié plusieurs recueils de poésie dont 1 de haïkus .

Il m'a parlé de publier à compte d'auteur. Peut-être ne voulait-il pas trop me donner d'espoir. Mais je ne crois pas que je publierai à compte d'auteur. Je crois plutôt que j'abandonnerai.

08 février 2009

Ce que j'apprends dans mes ateliers...

J'apprends que pour atteindre l'universalité dans l'écriture, il faut en quelque sorte s'oublier.
Il faut écrire en laissant revenir à la surface les mots qui nous ont faits. C'était peut-être de cela dont nous parlait Monsieur Pontbriand quand il nous parlait d'origine.
Je cite ici une auteure que je ne connais pas mais il y a des bouts de son discours qui me font réfléchir.
http://www.danielriot.com/archive/2004/11/26/viviane_forester_l_horreur_eur.html

Viviane Forrester nous dit: Je ne sais rien, rien d'avance quand j'écris...écrire c'est chercher, ce n'est pas dire ce qu'on sait, mais chercher ce qu'on ne sait pas.
...l'écriture n'est pas un moyen de trouver le salut, mais la possibilité de vivre au présent, tout en sachant que c'est fugace, constamment en état de perte. La jouissance c'est d'être au présent.

La difficulté, quand on écrit, c'est à la fois de tenir compte de l'existence qu'on a, banale, et avec cette banalité, ce discours banal, de dilater un peu la pensée.

Non pas espérer: vivre au présent. Même dans le désespoir. Jouir.

... on ne connaît jamais l'autre, on voit des parois de peau qui renferment des secrets. Chaque personne est très mystérieuse pour elle-même, et, pour l'autre, un monument ambulant de mensonge, d'inconnu; c'est pour cela qu'on a peur les uns des autres, qu'on se méfie.

En tant qu'écrivain, je suis ce que j'écris, une femme, un homme, un caillou, du vent sur la peau, la peau sous le vent,.. une virgule! Je pense qu'il n'y a pas d'écriture féminine et d'écriture masculine.

Être n'est jamais gagné, c'est constamment à réanimer.


27 janvier 2009

L'imaginaire, de mots pour le dire.

C'est le titre de l'atelier du lundi. Prof.: Laurier Veilleux.
J'aurais une photo mais je trouve que ce n'est pas vraiment lui.
J'avais pris un livre de poésie (La peur des éclipses) dont il est l'auteur sans savoir que j'allais l'avoir comme prof.
J'ai lu quelques pages et j'aime sa poésie, cette poésie qui ressemble à un récit mais...
Pas hermétique du tout. Et il est d'accord avec toi Hélène: l'écriture...

C'est comme un autre travail. Il faut juste s'y mettre, sans attendre d'avoir le goût, ou de se sentir prête, ou assez bonne, ou je ne sais quoi.

l'inspiration, les muses il ne faut pas trop compter la-dessus.




23 janvier 2009

Poésie

Aujourd'hui commençait mon atelier de poésie avec Michel Pleau.
J'y suis allée à pieds.


C'est lui. Drôle. Des fois je retrouve Yvon Deschamps dans sa façon de parler.

Il est l'heureux récipiendaire du prestigieux prix du gouverneur général pour son livre La lenteur du monde.








22 janvier 2009

Tout...

...est réuni: le lieu, la table, l'ordi,la chaise, la fenêtre vers laquelle je peux me tourner de temps en temps.

Il faudra que j'ajuste la chaise. Un peu basse à mon avis. Ou question d'habitude.

Il me manque le mot, la phrase qui déclenchera le tout.


Posted by Picasa

09 janvier 2009

Une pensée...

qui me fait réfléchir.

« En ce moment, à l’endroit même où vous vous trouvez, il y a une maison qui porte votre nom. Vous en êtes l’unique propriétaire, mais, il y a très longtemps, vous en avez perdu les clefs. Ainsi vous restez dehors, ne connaissant que la façade. Vous ne l’habitez pas. Cette maison, abri de vos souvenirs les plus enfouis, refoulés, c’est votre corps. » (Thérèse Bertherat, avec la collaboration de Carol Bernstein, Le corps a ses raisons : auto-guérison et anti-gymnastique, Paris, Seuil, 1976, p. 9).