28 février 2006

Écrire

Souffleur de mots dans la collection écrire (Yvon Paré)

J'habite un village depuis toujours et ne cesse de l'inventer et de le visiter. Je le fais avec patience, avec amour, rabotant une couche de mots après l'autre jusqu'à ce que la phrase sonne juste dans le grand tout du livre. J'écris avec tant de lenteur. Je pousse et reviens sur les paragraphes, les soupèse, change un mot là et ici, repasse sur les phrases jusqu'à ce qu'elles soient lisses et douces pour la lecture. Un texte comme une caresse, un sourire, un souffle qui fait bruire les feuilles dans le bouleau jaune. j'aime les images qui vous attendent au détour d'un sentier et vous retiennent à bras-le-corps. J'aime les bonheurs d'écriture qui vous font sourire comme quand on goûte un vin un peu corsé. Il faut que la phrase soit chaude, imbibée de soleil comme l'eau aux plus beaux jours de l'été dans les longs méandres de la rivière Ashuapmushuan. L'écriture, c'est la musique et la couleur du rêve.
Parfois aussi, dans notre grande maison ouverte à tous les angles du jour, je me surprends à regarder droit devant,subjugué par les oiseaux dans les branches du bouleau qui se dresse comme un cri au milieu du jardin. Silencieux comme mon père, je me laisse bercer par le matin tranquille. Je soupire dans les lenteurs du temps. Mon père toujours là malgré la mort survenue trop tôt. Ma mère aussi avec ses rages de mots qui font trembler la feuillée de l'arbre. Elle revient dans le matin plein d'oiseaux et me houspille. "L'ouvrage ne se fait pas", lance-t-elle. Et c'est assez pour que j'avale une dernière gorgée de café et que j'aille m'installer à ma table d'écriture.
J'écris pour que la vie continue même si je me morfonds dans ce trou noir qui avale tous les peuples qui s'obstinent à ne pas relever la tête. ... J'écris pour secouer une langue menacée et frileuse.Je me gave des souffles de la neige et des éclats de bleuts. ...Je marche, je respire, je ris avec ces hommes et ces femmes démunis et invisibles. Nous sommes si nombreux dans l'indifférence du monde à ne pas avoir de visage, si nombreux à tourner dans l'errance et l'insignifiance. ... Je me nourris du froid, des pelures du soleil et m'enfonce au plus profond de mon enfance pour débusquer des images, pour raviver la flamme et inventer un village réel et fictif. ... Écrire, c'est forger des lendemains qui font du vent sur l'âme. Il suffit de s'accouder aux phrases et de prendre son temps. C'est le travail de toute une vie.

27 février 2006



Mamzelle Sophie mange une clémentine et regarde son grand-papa qui prépare les poubelles. Posted by Picasa


Mamzelle Sophie mange une clémentine. Posted by Picasa


J'avais photographié un p'tit cou fin mais le p'tit cou fin était flou aujourd'hui. Ce sera pour une prochaine fois. Posted by Picasa

22 février 2006





Le repos des guerrières. Posted by Picasa



Un petit pied qui ira danser. Posted by Picasa



Des petites mains qui se reposent. Posted by Picasa


Une enfant au repos. Pleine d'abandon. Posted by Picasa

20 février 2006

Lettres au maître, à l'ami, au précepteur, à l'amant Emily Dickenson.

Dans cette vie de porcelaine, on aime être sûr que tout va bien, de peur de trébucher sur ses espoirs comme sur un amas de vaisselle brisée.





Miss Top modèle fait des photos. Posted by Picasa



Que dirait la reine Élisabeth si elle voyait cela? En tout cas c'est bon jusqu'à la dernière goutte. Posted by Picasa


Un de ces dimanches soirs quoi de plus intéressant que de lire le dico avec papa et tata Véronique Posted by Picasa

17 février 2006

Méchamment les oiseaux: Suzanne Prou.

En vérité, j'ai peu pensé jusqu'ici. Je n'ai pas eu le temps: les nécessités quotidiennes m'ont tenu captif, le travail, les obligations familiales, les mille tracas de chaque jour ont fait de moi un être asservi à l'immédiat.

Mais, depuis le commencement de mon inactivité forcée, je me prends à me retourner sur moi-même, à m'examiner. Tout un remous de vieilles sensations bouge en moi, monte à mes lèvres, à ma peau, fourmille au bout de mes doigts. Je me sens vaste, profond, jeune et vieux à la fois. Je suis comme un marin au retour d'un voyage, d'un pillage: son sac est bourré de richesses enfouies à la hâte, non triées, pas même dénombrées;il s'arrête un moment, il pose son bagage, il l'ouvre, il y enfonce une main prudente et avide. Il n'inventorie pas, il remue, du bout des doigts, à l'aveuglette, ses trésors; il ne les identifie pas, il les caresse, il les tâte, au hasard. Puis, il resserre les cordons du sac: il a le temps.

07 février 2006



Grand-papa mange du bleu mais Sophie a voulu faire tutu. Posted by Picasa



Sophie regarde le gros camion qui déneige. Posted by Picasa

06 février 2006



Sophie est très concentrée sur sa collation. Posted by Picasa


Sophie apprécie le riz que grand-maman a fait pour elle. Posted by Picasa


Aujourd'hui Sophie a mangé un peu de purée chez grand-papa et grand-maman. Posted by Picasa

05 février 2006




Grand-papa qui enlève la neige sur son garage. Posted by Picasa


Grand-papa qui a fini d'enlever la neige sur son garage. Posted by Picasa