26 mars 2011

Seule Venise, Claudie Gallay


Quatrième de couverture:

A quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide son compte en banque et part à Venise, pour ne pas sombrer. C'est l'hiver, les touristes ont déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge l'arrachent à sa solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil roulant, une jeune danseuse et son amant. Il y a aussi, dans la ville, un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera renaître en elle l'attente du désir et de l'autre. Dans une langue ajustée aux émotions et à la détresse de son personnage,
Claudie Gallay dépeint la transformation intérieure d'une femme à à la recherche d'un nouveau souffle de vie. Et médite, dans le décor d'une Venise troublante et révélatrice, sur l'enjeu de la création et sur la force du sentiment amoureux.

J'ai adoré ce livre. Tout est parfait. L'histoire est bien menée et bien écrite.
Retourner à Venise par l'écriture m'a beaucoup plu. Je revois les lieux dans ma tête, en gros, car je n'y suis pas restée assez longtemps. Je me rends compte aussi que je pourrais y passer beaucoup plus de temps. J'aimerais aussi rencontrer des gens natifs de l'endroit comme l'héroïne du roman, des gens imprégnés de Venise.




24 mars 2011

La petite et le vieux


Ce livre me laisse perplexe.
Je le trouve très bien écrit, mais est-ce suffisant?

Est-ce un conte ou un roman?

Je n'arrive pas à croire qu'une enfant de 8 ans puisse avoir des pensées d'adulte.
Je n'arrive pas à croire qu'elle puisse sortir de chez elle aussi facilement.
Peut-être, suis-je naïve.
Je le lis, je me fais un devoir de la lire jusqu'à la fin. D'autres, l'on très apprécié.

J'ai même souri au début quand Hélène dit: « J'étais parvenue à me convaincre que j'étais un garçon et je tenais à ce qu'on m'appelle Joe. » Je me trouvais des atomes crochus, car j'aurais bien voulu étant plus jeune être un garçon pas pour les mêmes raisons, surtout pour les privilèges accordés aux garçons.
« J'aurais aimé Oscar... » J'avais un Oscar dans ma classe quand j'enseignais. Il s'appelait Oscar, belles dents. Le fameux dentier qui me servait à montrer comment on se brossait les dents.

Donc, je me dis que je devrais le relire, peut-être qu'une subtilité m'a échappée.

Il y a une substitution de narrateur comme dans cette phrase : « Il est passé devant la maison presque tous les jours pendant des années. Même quand Margot n'y était plus. » p. 192

Et ici,

« Elle ne me l'a jamais dit, mais j'ai compris ce jour-là qu'elle avait pour le prêt. Comment imaginer qu'ils n'en aient jamais parlé, d'ailleurs, mon père et elle? J'ai donc gardé la voiture et je l'ai forcé à vivre encore huit ans. » p. 211, 212.

Finalement, quand j'oublie que c'est une enfant de 8 et plus tard 10 qui raconte, j'aime bien ce livre pour l'écriture et ses pensées d'adulte.

23 mars 2011

Philippe avec un grand H ou la découverte de l'homosexualité.


Je peux dire en partant que j'ai beaucoup aimé ce livre, car Guillaume Bourgault traite du sujet en profondeur.
Il donne des réponses aux questions que pourrait se poser un jeune qui doute.

Je relève ici un mot de l'auteur qui précède le roman. Ce mot m'a beaucoup impressionné : « Au Québec, près de 40 % des suicides chez les jeunes hommes de quatorze à vingt-cinq ans sont liés à la non-acceptation de leur homosexualité, par eux-mêmes ou leur entourage. Aussi, chez les gais, la première cause de mortalité n’est pas le sida, mais bien le suicide »

Et ceci :
« Chacun a sa propre façon de réagir à la découverte de son homosexualité. Alors, si Philippe peut constituer un « modèle », il ne faut pas nécessairement l'imiter. Sachez qu'une sortie de placard (un coming out) peut avoir de profondes répercussions sur les relations familiales et interpersonnelles, l'estime de soi, et même la carrière. Il faut, avant chaque pas, en mesurer toutes les conséquences et s'assurer de pouvoir l'assumer. Et quoi qu'il arrive, n'oubliez pas cette statistique : environ 10% de la population est homosexuelle.»

Le livre est bâti autour des questions suivantes:

Comment à 15 ans, découvre-t-on son homosexualité?

Les hésitations.

Les luttes.

La décision qu'il prend.

Ce livre est publié par les éditions Vent d'Ouest. Un roman pour les ados à partir de 12. Je ne crois pas que je le mettrais entre les mains d'un enfant de 12, car il y a dans ce livre des descriptions assez crues et un tantinet vulgaires qui pourraient choquer un jeune. D'ailleurs, à la bibliothèque, je l'ai trouvé dans la section adulte et non dans la section jeunesse. Peut-être, est-ce pour cette raison.


05 mars 2011

L'homosexualité dans la littérature jeunesse.

Oups! Les commentaires que j'ai lus ailleurs me semblaient tellement parfaits que j'ai oublié de dire que j'ai beaucoup aimé ce livre.




Je lis présentement sur ce sujet en littérature jeunesse.

J'ai trouvé un excellent résumé et une excellente analyse sur le web.

Sylvie Massicotte dans Les habitués de l'aube voit l'homosexualité à travers les yeux d'une adolescente. Chez Gaétan Chagnon, le narrateur est plutôt omniscient.

J'ai beaucoup aimé l'entrevue que Gaétan Chagnon a accordée à Lionel Labosse au sujet de son livre.

En particulier ces passages:

- Accepteriez-vous qu’on qualifie votre livre de roman « gai » ou roman « LGBT » ?
- Personnellement, je préfère parler de roman à thématique homosexuelle plutôt que de roman gai comme tel. De la même manière qu’on ne parle pas de roman hétérosexuel. À trop vouloir tout cloisonner, tout compartimenter, j’ai grand-peur qu’on coure le risque de voir les divers groupes se scléroser, se fermer à ce qui est différent d’eux. Et j’ai surtout des réticences à apposer des étiquettes susceptibles de rebuter un jeune lecteur, de l’éloigner d’une lecture qui pourrait lui être profitable.

et ceci:

- Quelle est votre position sur l’utilisation du joual. Pensez-vous que ce soit un frein pour le succès des ouvrages canadiens dans le reste du monde francophone ?
- Encore faudrait-il préciser ce que l’on entend ici par joual. N’étant pas spécialiste de la question, je ne me risquerai pas sur ce chemin hasardeux. Cependant, il me semble que la majeure partie des romans publiés ici, au Québec, sont tout à fait exportables. Qu’on y retrouve quelques emprunts lexicaux différents des vôtres, quelques survivances langagières inattendues, quelques néologismes surprenants, quelques déformations amusantes, n’est-ce pas là ce qui fait la beauté, la richesse d’une langue ? Vous et moi parlons des variétés de français différentes, en constante évolution, subissant de nombreuses influences, même dialectales. Mais avec l’essor des télécommunications, nous parviendrons toujours à nous comprendre, en continuant parfois, souvent, à nous faire sourire mutuellement.

Une citation du livre:

- Tu sais, mon Gaël, je crois que j'ai découvert pourquoi l'hippocampe te fascine autant. C'est que tu lui ressembles. vous êtes tous les deux différents de votre entourage. Mais dis-toi bien aussi que, comme lui, tu as le droit d'être différent et de garder la tête haute. p. 204