25 juillet 2009

Qu'est-ce qu'un haïku ? suite

" Le haïku commence par un éclat de rire, par un rire transgressif et libérateur."

Un effluve de pisse (kireji)
ils exhalent aussi
les chrysantèmes
du poète Issa


il fait chier son chien

sur le gazon du voisin

plaisir d’été (kireji)

de moi


" L'esprit du haïku suppose de s'affranchir, par le rire, des préjugés qui encadrent notre appréhension du monde. L'humour est ce qui fait sauter le verrou du conformisme. Il en dévoile les raideurs, il en démystifie les faux-semblant. Il fait surgir la vie au milieu du machinal. Au coeur de tout haïku, même de ceux qui nous paraissent les plus graves et les plus mélancoliques, il y a une part de jeu et un fond d'enjouement.

Ce rire est l'écho d'une jubilation profonde au spectacle du monde et au simple fait d'exister.


Par moments les nuages

à ceux-là donnent un répit

qui contemplent la lune


du poète Bashô


les étourneaux piaillent

picorent le terrain

voyages en groupe

de moi


Je suis un peu culottée de mettre mes humbles haïku tout près de ceux des grands maîtres.



Un petit bout du chapitre qui me fait penser à Bobin:


Le haïku "cherche dans le commun, dans l'ordinaire, dans le dérisoire même, la source de la poésie et de la beauté."


à suivre...






21 juillet 2009

Qu'est-ce qu'un haïku?

Je lis présentement L'art du haïku (Vincent Brochard et Pascale Senk).

Qu'est ce genre de poésie à part ses trois caractéristiques formelles : cadence de 5,7,5 syllabes,
vocable associé à une saison "kigo" et le mot-césure "kireji".

J'aime bien ce passage du livre:
"Ces caractéristiques ne suffisent cependant pas à définir ce qu'est un haïku. Elles n'ont en rien valeur de normes absolues. Bashô (le maître du haïku) lui-même les relativisait."

Il y a eu Bashô (1644-1694), Buson au XVIIIième siècle, Issa à la charnière du XVIIIième et du XIXième siècle et puis Shiki à la fin du XIXième siècle.

"Par définition pourrait-on dire, le haïku ne se laisse pas enfermer dans un carcan. D'ailleurs, en engageant, au nom d'un retour à la pureté de l'intention et contre l'académisme, la rénovation du haïku, Shiki introduisait les ferments d'une dissolution des règles formelles elles-mêmes.....
Pour comprendre ce qu'est le haïku, il faut s'imprégner de son esprit. Cet esprit est mouvant, fluctuant. Il est à la croisée des traditions et d'influences variées aux interactions complexes. Il ne se laisse pas saisir en quelques principes abstraits. Il ne se laisse pas enfermer dans un cadre théorique, dans une philosophie toute faite. On ne peut le figer à un moment donné dans le temps."


à suivre.