20 octobre 2013

Journal d'un écrivain en pyjama (suite)

p. 23

« Tout ça pour que l'on comprenne qu'écrire n'est pas une opération qu'on peut entreprendre de manière désinvolte. Quand on a porté une histoire trop longtemps en soi, on sent monter la fièvre au moment d'écrire. On doit alors se tempérer afin de dégager un espace pour pouvoir travailler dans le calme. Si Garcia Marquez a pu écrire Cent ans de solitude, c'est parce que sa femme s'est occupée de tout ce qui concerne la vie quotidienne. Ainsi, il a pu s'installer, avec une machine à écrire portative et une rame de papier, dans la petite maison au fond de la cour.»

J'ai tiqué. J'ai pensé : heureux hommes...

18 octobre 2013

Journal d'un écrivain en pyjama Dany Laferrière

«Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Mais écrire est différent de lire. L'écrivain et le lecteur sont aux deux extrémités de la chaîne.»

14 septembre 2013

À mon rythme...

Une photo prise au Château Montebello le 16 juin 2013.
Comme le dit ClaudeL, une façon de laisser sa trace...

 

22 mai 2013

Vieillir

Très beau texte de Bernard Pivot 
Extrait de son livre paru en avril 2011 
Les mots de ma vie ! ...
 
«Vieillir, c’est chiant. J’aurais pu dire : vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme. Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge. Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. “Avec respect”, “En hommage respectueux”, “Avec mes sentiments très respectueux”. Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus ! Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. J’ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. -- “Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que”… -- Moi aussitôt : «Vous pensiez que…? -- “Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir”. – “Parce que j’ai les cheveux blancs”? – “Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée”… -- “Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous”? –"Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge”… -- “Une question de quoi, alors?” – “Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois”…» J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre. Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve. Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà. Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge? Non, Mozart.  »

04 mai 2013

Cap Tourmente

Aujourd'hui, nous sommes allés faire notre pèlerinage au Cap Tourmente.
En fait, nous n'étions pas allés depuis belle lurette, nos étés se passant à jouer au golf. Cette année, nous ferons autrement. 



La classique photo de champignons parasites.




 

Le printemps.

Sur le fleuve...

 

Tout-à-coup, les oies se sont envolées.

 


Une quenouille. Comme les quenouilles.

 
 
 

Nous avons pensé à Riopelle



Avant que l'arbre  ne soit plus là.

03 avril 2013

Defifoto

Le thème de Defifoto ce mois-ci: cheval.

J'ai un peu regretté de ne pas avoir montré celui-ci croqué sur El Paseo,
 Palm Desert, Californie.
 
 
 
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27 mars 2013

Denis Thériault

J'ai lu de cet auteur La fille qui n'éxistait pas, que Venise a si bien commenté dans son Passe-Mot.
Je partage entièrement ce qu'elle écrit dans son commentaire et j'ajoute que j'ai été charmée par l'écriture de Denis Thériault.
Tellement charmée que je lis présentement L'iguane.

J'adore ! Il me fait sourire.

Vives nos auteurs québécois!



20 février 2013

Révélation brutale

Je viens de finir Révélation brutale de Louise Penny.

Et je dis bravo Madame Louise !
Mon mari disait de moi que j'étais «addicted». Je ne suis pas bilingue mais je savais bien qu'il voulait dire droguée.
Jusqu'au bout le suspense était présent.
J'aime bien, pour un moment, croire en ces policiers idéaux, je suppose, qui sont cultivés, au courant de l'actualité et qui ne sacrent pas.

J'ai hâte de vous lire à nouveau.


06 février 2013

Jusqu'au dernier mot...


«19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler!»
 
Il n'est qu'un embryon et il nous parle.
Il nous parle de l'indicible.

La page couverture de ce livre est très explicite.
À sa naissance, on le mesurera de toutes les façons
pour savoir si il rencontre les normes de l'enfant parfait aryen.

Max est le premier enfant à naître du programme Lebensborn initié par Himmler. Des femmes allemandes blondes aux yeux bleus seront réquisitionnées, voire forcées  de s'accoupler à des militaires (SS) allemands ayant eux aussi les caractéristiques du parfait allemand.
Il sera arraché des bras de sa mère dès son plus jeune âge.

« Et puis, je viens à peine de réussir à me détacher d’une mère. Je viens de rayer le mot « maman » de mon vocabulaire. Vous avez été témoin de ce que cette épreuve m’a coûté : j’ai été malade, j’ai maigri, j’ai douté, j’ai eu peur, j’ai failli être embarqué dans la camionnette de livraison, alors, avoir une autre mère, une mère adoptive, quel intérêt ? Je me pose des questions sur ce qu’on attend de moi : va-t-il falloir simuler l’amour pour cette mère ? Comment ? Je crains de ne pas y arriver, je n’ai pas été conçu pour cela. »

Nous suivons l'évolution de Max jusqu'à l'âge de 9 ans et demie.
On ne peut pas croire qu'il restera toujours avec la tête froide. On voudrait le secouer. Des fois on se dit qu'il est trop jeune, qu'il ne connaît pas autre chose, qu'il ne se sortira pas de ce lavage de cerveau.

Sarah Cohen-Scali écrit surtout des romans jeunesse. Celui-ci s'adresse à des jeunes à partir de 15 ans et aux adultes.


Entrevue avec Sarah Cohen-Scali





23 janvier 2013

Venez-vous souper ce soir?

Je cuisine de ce temps-là : 





 une petite quiche

 et une tarte à la bise

 j'ajouterais une petite salade verte et bien sûr un petit vin blanc pas piqué des vers. 

On parlerait de livres. De celui que j'ai lu dernièrement.

Hollywood de Marc Séguin

Je ne sais plus quoi penser ni que dire.
Au début, j'étais euphorique.

J'ai même écrit au tout début du livre :

Elle a vécu le pire dans son pays natal en Bosnie.
Dans son pays d'adoption, elle jouit de la vie, jusqu'au jour où, en sortant de son logement, elle tombe raide morte. Un petit trou dans le front, une balle perdue à Jersey City.
J'ai même écrit: un livre qui me parle. Je n'ai pas à me forcer. Ce livre, j'ai envie d'en parler.

Ensuite, le narrateur et amoureux de Branka, raconte Branka.

Quand j'ai voulu écrire ces lignes, je me suis demandé, pourquoi ce titre car les titres ont toujours, pour moi, beaucoup d' importance.
Et j'ai cherché sur le web.
Et là, j'ai débiffé de la carriole (j'ai été étonnée).

Il paraît que ce roman est plein de clichés hollywoodiens. D'où le titre.
Ah! pensais-je. Je suis donc une femme à clichés.

Et pourtant, quand on écoute les nouvelles à la tévé y a rien d'étonnant. Aux États les armes à feu, c'est monnaie courante. Et c'est pas du cinéma. Donc cette situation aurait pu arriver.

Est-ce que j'ai aimé ce livre ?

Je pourrais dire les 48 premières pages c'est certain.
Après, cette recherche  de dieu de Branka me tombait un peu sur les nerfs.
Je l'ai lu jusqu'au bout...et je suis restée sur ma fin. J'aurais eu plein de questions à poser aux personnages.












09 janvier 2013

J'ai lu...

325 pages sur 634 donc presque la moitié du livre et tout est à recommencer.
Je m'en doutais bien.
Mais Victor Lessard ne s'en doute pas encore.

Moi qui commençais juste à me démêler dans les personnages.
Et d'autres s'ajouteront, je le sens.

03 janvier 2013

Je me rends compte...

... en lisant Je me souviens écrit par Martin Michaud ,qu'en 1980, je n'étais pas tellement là au point de vue politique.

Comment un roman policier peut-il ainsi m'ouvrir les yeux ?

À la page 113 de cette brique de 633 pages, Martin Michaud nous parle de la nuit des longs couteaux. J'ai eu des tressaillements au ventre.


J'ai feuilleté un peu plus loin pour voir s'il y aurait d'autres ajouts semblables et j'ai constaté que oui. Je ne les ai cependant pas lus avant le temps.
 

Et j'ai compris le double usage du titre : Je me souviens.
 
Et j'ai aussi compris pourquoi et depuis quand on ne faisait presque plus partie du Canada. Depuis quand (surtout) le reste du Canada nous regardait avec indifférence. Je sais, on dirait que j'ai vécu sur une autre sphère, trop occupée au quotidien. Mais bon vaut mieux se réveiller avant de ne plus pouvoir. Bien humblement j'en parle.
 
Chapeau monsieur Michaud!
 
Peut-être y aura-t-il une suite à ce billet.