23 avril 2009

Rien ne va plus...

J’ai essayé de lire : FUGITIVES d’Alice Munro
Ce sont des nouvelles. Elle est une auteur canadienne.
Elle écrit en anglais mais je la lis en français. Je ne saurais lire en anglais. Du moins ce serait trop long.

D’après mes recherches, elle est récipiendaire de plusieurs prix dont le prix du gouverneur général. Donc ses livres doivent être formidables à lire dans la langue d’origine mais en français...
peut-être que je lis mal. Je ne lis pas seulement pour lire une histoire. Pour moi, les mots ont de l’importance, les mots et leur alignement.

Exemples :

p. 68

Elle parle qu’elle a eu un petit accident c’est-à-dire ses menstruations.
Je n’ai rien à redire avec cela.
Alors, elle s’en va aux toilettes pour changer sa garniture

« Le visage en feu, prise de crampes, la tête lui tournant un peu, le coeur soulevé,
elle se laissa tomber sur les toilettes, ôta sa garniture trempée, ...

Quand elle se leva, elle fixa la nouvelle garniture... »

Depuis quand appelle-t-on des serviettes sanitaires des garnitures ?

J’ai vérifié le mot dans le dictionnaire, je me suis dit, il y a peut-être un sens caché.

Nada!

Et un peu plus loin, cette phrase que je trouve bizarre:

« Des bretzels et des cacahuètes furent tout ce qu’elle put obtenir et elle les engloutit de telle façon que la conversation réfléchie teintée d’un peu d’esprit de contradiction qu’ils avaient eue jusqu’alors ne put reprendre. »

Est-ce que j’ai la berlue ?

Toujours est-il que j’ai écrit aux Éditions Boréal.
Je leur ai demandé s’il y avait relecture des livres après la traduction.

Je n’ai pas encore eu la réponse à ma question.

20 avril 2009

l'écriture encore et souvent

un jour, j’ai pris la parole.

Je ne sais plus quel âge j’avais

Mais je sais que j’ai participé au concours de poésie de Radio-Canada. Il faudrait voir en quelle année ces concours ont commencé.

(je suis allée voir sur Radio-Canada mais je n’ai rien pas trouvé grand chose. Ils parlent d’il y a 30 ans. Mais je devais avoir dans les environs de 17 ans, je crois...)

J’étais pleine d’espoir et pleine d’illusions.

J’avais envoyé des poèmes. Je crois bien qu’ils étaient rimés. C’était ce qui se faisait à l’époque, du moins je pense.

J’ai essayé en vain pendant plusieurs années de retrouver ces poèmes. Ils étaient sur papier seulement. Dans un minuscule cahier à anneaux duquel j’ai délogé les feuilles pour le donner à une de mes filles. Des feuilles en liberté se perdent des fois. Et peut-être que j’ai dit bof ! Je me soupçonne de les avoir détruites.

Est-ce que j’aurais manqué de ténacité ? Ou bien la vie en a décidé autrement. Et je pense à Nancy Huston qui dit dans L’espèce fabulatrice que nous, les humains, nous trouvons facilement des raisons pour nous déculpabiliser.

Peut-être avais-je perdu un peu confiance en moi ?

Déjà.

Rien n’est facile avec l’écriture.

19 avril 2009

La machine

On dirait que la machine à lecture est repartie.

Pour écrire, il faut lire.

J'ai beaucoup lu mais depuis un certain temps j'avais des problèmes. Je n'arrivais pas à trouver les livres. J'allais dire chaussure à mon pied mais je ne lis pas avec mes pieds que je sache!

En deux jours, j'ai lu Les carnets de Douglas de Christine Eddie.

Je ne ferai pas un long commentaire sur ce livre parce que ce serait répéter ce que d'autres ont déjà dit. (Voir mes liens.)
Je ne peux m'empêcher cependant de faire un certain parallèle avec L'élégance du hérisson.

Nous suivons, dans ces deux romans, deux personnages qui ne sont pas très heureux.
Je veux dire que chaque personnage participe à l'élaboration du livre. Je sens que je m'exprime mal. Un chapitre est consacré à un personnage et l'autre chapitre à l'autre personnage.
Dans L'élégance du hérisson chaque personne se raconte ou raconte ses pensées profondes tandis que dans Les carnets de Douglas nous avons un narrateur extérieur qui les regarde vivre.


Là s'arrête la comparaison car
l'auteur de L'élégance du hérisson a une écriture un peu plus songé, voire philosophique et qui pourrait être rébarbative à la longue. J'avoue avoir eu envie de sauter quelques longueurs.
L'écriture de
Les carnets de Douglas est beaucoup plus simple. Les chapitres sont courts, racontent en peu de mots et quelques fois, ils sont poétiques.

Pour Douglas, Éléna choisit le corps qui lui allait le mieux. Elle demanda à l'humidité de lui boucler encore plus les cheveux et au soleil de lui colorer les joues. L'eau de la rivière lui adoucissait la peau et la lumière égayait ses yeux. Elle enfila ses jambes du dimanche et se vêtit de ses plus beaux seins. Elle s'accrocha à la bonne humeur et son rire se mit à retentir en écho dans la forêt. Aimer Douglas la rendit heureuse.
Un petit bémol : je trouve que les chapitres sont courts et j'aime bien. Le style aussi : c'est-à-dire que Christine Eddie raconte en peu de mots et j'aime bien aussi mais je trouve qu'elle manque un peu de fluidité ce qui me rend un peu mal à l'aise.

Mais c'est un livre à lire.







13 avril 2009

Titre

Je me demande souvent que veulent dire les titres des livres.
L'élégance du hérisson suscite aussi ma curiosité.
J'y suis arrivée.
Le personnage principal est une femme fort intelligente qui se cache derrière le rôle d'une concierge.
L'auteur dit:
Madame Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse,mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégants.


Une pensée profonde à mon humble avis.

Elle a parlé avant des maisons de retraite et elle dit que quand on y entre ça veut dire:
Je suis fini(e), je ne suis plus rien, tout le monde y compris moi, n'attend plus qu'une chose : la mort, cette triste fin de l'ennui.
Je dois avouer que je disais des maisons de retraite (car il y en a une pas loin de chez-nous), ce sont des mouroirs mais je n'avais jamais conceptualisé la chose.

Il faut vivre avec cette certitude que nous vieillirons et que ce ne sera pas beau, pas bon, pas gai. Et se dire que c'est maintenant qui importe: construire, maintenant, quelque chose, à tout prix, de toutes ses forces.Toujours avoir en tête la maison de retraite pour se dépasser chaque jour, le rendre impérissable. Gravir pas à pas son Everest à soi et le faire de telle sorte que chaque pas soit un peu d'éternité.
Le futur, ça sert à ça : à construire le présent avec des vrais projets de vivants.

12 avril 2009

L'élégance du hérisson Muriel Barbery

La Civilisation, c'est la violence maîtrisée, la victoire toujours inachevée sur l'agressivité du primate.
La faculté que nous avons de nous manipuler nous-mêmes pour que ne vacille point le socle de nos croyances est un phénomène fascinant.

05 avril 2009

L'espèce fabulatrice Nancy Huston

L'univers comme tel n'a pas de Sens. Il est silence.
Personne n'a mis du Sens dans ce monde, personne d'autre que nous.
Le Sens dépend de l'humain, et l'humain dépend du Sens.

Parler, ce n'est pas seulement nommer, rendre compte du réel; c'est aussi, toujours, le façonner, l'interpréter et l'inventer.
Le réel est sans nom. Le nom "juste" ou "naturel" d'un objet, acte ou sentiment n'existe pas.
Sans hommes: pas de nom.
Dieu qui nomme les premiers hommes, etc., c'est une fiction. Nous ne sommes pas Sa création, Il est la nôtre.
Dieu ne peut pas être, ailleurs que dans nos histoires. Pour être Dieu il faut parler et pour parler il faut une langue et pour avoir une langue il faut déjà faire partie de l'histoire humaine.