30 avril 2015

Pin de Norfolk


Comment un pin de Norfolk (araucaria) peut-il me faire penser à un chat.
Je dis un chat mais je veux parler de mon ti-Mec.
Ti-mec était un chat noir, tout doux, avec une touffe de poil blanc sur le poitrail.
Il avait été sauvé, par mes filles, des sabots des chevaux à l'écurie. Quand il est arrivé de l'écurie, il était tout noir et tout rond dans la bombe de Véronique. Seuls ses yeux brillaient de peur. Irrésistible ! Nous avions déjà deux chats.
Il est toujours resté sauvage, sauf avec moi.
Quand j'étais seul, quand il sentait que ça n'allait pas, il venait se frotter sur mes jambes. Il mendiait mes caresses.

Pourquoi le pin de Norfolk me fait-il penser à lui ? Il ne miaule pas, il ne mendie pas mes caresses. Il est tout vert, vert forêt, au bout de ses branches, le vert est plus tendre. Ses aiguilles sont lustrées. Je crois que ce sont mes mains surtout qui éprouvent cette sensation de tendresse... Il est léger. J'aime le voir grandir. Il dépend un peu de moi.
 

29 avril 2015

Insomnie

Je me pensais insomniaque. À vrai dire, je ne le suis pas.

Voici la définition d'insomnie : L’insomnie se caractérise par de la difficulté à dormir suffisamment, au point où cela entrave les activités de la vie courante (somnolence, moins bonne attention, irritabilité, etc.). Certaines personnes dorment naturellement peu d’heures par nuit sans répercussion néfaste : elles ne sont donc pas insomniaques.

Donc, pour moi dormir 5 heures est normal.

Je ne me souviens pas avoir fait la grasse matinée. Même avant d'avoir des enfants. Quand mes enfants étaient petites, je ne dormais que d'une oreille.
Aujourd'hui, il m'arrive souvent de ne dormir que 5 heures et d'être en pleine forme. Autrement dit, je dois me forcer pour dormir plus longtemps.

Que faire lorsqu'il fait nuit ? Reproduire ce que l'on a fait toute la journée ?
Et le faire sans bruit pour ne pas réveiller l'autre.

Chiant que tout cela. C'est pourquoi, je me force à dormir.

27 avril 2015

Tutti frutti

La neige a fondu, enfin !
Je remarque que l'eau s'accumule dans les fondrières. Hier, j'ai vu deux canards qui profitaient de cet espace d'eau. Le mâle bien tranquille et la femelle qui lissait ses plumes.
Je me suis demandé si c'était la saison des amours.

26 avril 2015

Tutti Frutti

Je crois avoir résolu un mystère. Un petit mystère. Certes pas le mystère de la Sainte-Trinité. Il s'agit d'un petit mystère d'appartement. Nous vivons dans un condominium. Nous rencontrons tous les jours nos voisins. Et principalement la dame d'en haut qui stationne près de nous. Une dame d'un âge certain, veuve, musicienne et toujours tirée à quatre épingles. Comment fait-elle pour être toujours coiffée de façon quasi parfaite, pas une boucle défraîchie, pas une racine blanche. Parfaite ! Parfaite je vous dis cette coiffure. Et cette façon de bouger la tête...
Alors, vous voyez quels genres de soucis sont les miens.

Et j'ai aussi observé qu'elle n'est pas souvent là à l'heure des repas. Je la soupçonne de manger plus souvent qu'à son tour à l'extérieur. Manger seule n'est pas toujours intéressant.

Pour en revenir à sa chevelure, je crois qu'elle porte une perruque.
Cette idée m'est venue cet hiver avec nos froids plus que froids, elle ne portait pas de chapeau. Bon, j'avais pensé qu'elle ne voulait pas défaire ses boucles, une coiffure doit durer au moins une semaine. Mais là, avec ces froids sibériens ma tête a revu ses hypothèses. Définitivement, elle porte une perruque...
Je ne sais pas si je pourrai m'en rendre compte un jour... pour de vrai. Histoire à suivre.

16 avril 2015

Robert Lalonde, Le seul instant.

Je viens de finir la lecture de ce livre. Pour moi, Robert Lalonde égale ressourcement. Je sens le cœur qui déborde.
J'écris ici les mots qui me touchent. Quelques fois, ils viennent de lui et d'autres fois non.
Je les consigne ici, car j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque électronique donc je ne peux souligner des pages et des pages.

«Je cherche une clarté qui change tous les mots. La poésie est la langue naturelle de ce que nous sommes sans le savoir.» Joë Bousquet, Lettres à Poisson d'or. p. 36 du livre de R. L.

Ici, ce sont les mots pour le dire de Robert Lalonde qui me plaisent :

«Lune pleine, quasiment déjà la lune rousse de l'équinoxe. Il fait froid d'une perfidie hors saison. L'astre livide navigue laborieusement en brise-nuages. Le cœur se serre : serait-ce déjà la fin de l'été, de mon bonheur ici ? p. 114

LA TOURTERELLE TRAVERSE LE CIEL, lâchant son sifflement de moulinet qui se dévide. La lumière a changé : oblique, rasante, elle allume furtivement les feuillages, à présent  d’un vert dur, métallique, annonçant l’embrasement final, le roux, le bronze et le violet d’automne. Et c’est enfin l’été, comme l’année dernière, début septembre. Un alanguissement en retard, qui s’installe tout juste avant de décamper et brûle comme les derniers feux de l’amour, quand  l’arrachement approche. C’est poignant et triste et on  s’abandonne. Échoué au commencement du naufrage, on se pâme dans le deuil entamé, dans la perte anticipée. Aura-t-on le temps d’apercevoir tout ce qu’on n’a pas  découvert encore de la saison béatifique ? Il faudra y mettre  cette foi dont Goethe dit qu’elle est « amour de l’invisible, confiance dans l’impossible et dans l’invraisemblable ». Il  faudra tâcher de garder ouvert l’œil américain sur lequel  déjà retombe une paupière lourde, fatiguée d’avoir battu  dans l’attention fiévreuse. Et cela alors que le jardin et les  bois s’endorment, que la chatte rêve sur la galerie — peut-être de poursuites trop vite abandonnées —, que le bleu  du ciel nous ramène au printemps, laissant traîtreusement  croire que le jour va naître, qu’on aura le temps, qu’elle  sera longue et foisonnante cette nouvelle saison qui  démarre. Mais non, c’est presque fini. On ne le sent pas, mais on le sait. Le cœur devrait se serrer, mais il se dilate, il  se laisse abuser. La nécessité a achevé sur terre ce qu’elle  avait à accomplir, et s’ouvre un espace céleste où peut-être  il est permis de vivre, d’agir, de voir, d’aimer et de parler  dans une autre langue, une langue nouvelle qui nous révélerait que nous nous trompons, quoi que nous entreprenions, que les passions sont inutiles, les rêves insensés et les  espérances vaines, que tout ce qui depuis toujours nous est  demandé, c’est de rester là où nous sommes et d’ouvrir  l’œil pour voir tout apparaître sans qu’il nous soit nécessaire de rien faire, de rien décider, de rien espérer. Qu’il ne  nous faut pas en rajouter, qu’il faut au contraire en ôter, que le véritable art de vivre est fondé sur de grandes omissions, que l’oubli de notre personnage agité s’impose une  fois pour toutes et qu’il règne sur toutes choses une tranquillité qui naît d’un équilibre de forces contraires et  égales : énergie infinie et infini repos. Et qu’alors seulement la vision est possible, l’éternité retrouvée, la certitude  acquise que l’âme, celle que la tradition platonicienne et  chrétienne a coutume de voir comme l’opposée du corps, est de nature physique, comme l’arbre, le fleuve, le torrent, l’oiseau, la chatte, le vent.  Je rêve ? Peut-être et peut-être pas. C’est que bientôt il    me faudra retourner en ville, où la fameuse vision se cache  plus habilement que le soleil derrière les nuages.  p. 123-124

Et je comprends tellement Robert Lalonde dans cet article :

http://www.lapresse.ca/arts/livres/201103/13/01-4378825-robert-lalonde-la-creation-a-besoin-du-vide.php