27 mars 2016

Port St Joe Fl


St Joe.

 

Je me berce sur la galerie de cette maison louée, à deux coins de rue du golfe du Mexique. Mon café à la main, j’écoute le jour se lever. L’aube m’enveloppe de sa moiteur.

Nous sommes à la limite d’un fuseau horaire. Quand sept heures sonne ici, il est six heures à quelques kilomètres plus loin. Tout ici s’éveille lentement. Nuls rayons de soleil à l’horizon. Seuls  les oiseaux gazouillent depuis quelques heures déjà et quelques automobilistes qui sillonnent les rues.

***

Je transporte ma chaise sur la plage.

Nous aimons marcher une heure ou deux sur ces plages quasi infinies et désertes en mars, la tête penchée, à l’affût des coquillages. Nous sourions quand nous voyons les pluviers effarouchés s’enfuir devant nous en picorant sans cesse et les mouettes rieuses indignées de nous voir sur leur territoire. Plus loin, là-bas, des pêcheurs du dimanche ont planté leurs lignes dans le sable et ils attendent assis au soleil et dans le vent. Un jour, nous avons vu deux urubus se délectant d’un canard mort. Et puis, après avoir marché nos dix milles pas quotidien nous nous assoyions pour un peu de repos et nous écoutons, sentons l’humeur de la mer. Que demander de mieux ?

***

Je déplace ma chaise à l’arrière de la maison pour une période de lecture. Je suis le soleil. Il est à son zénith.

Bien vite, je suis distraite par mon ami Anole. Anole (anolis carolinensis) est un petit lézard vert quasi filiforme. Je l’observe depuis quelques jours déjà. Je l’ai vu changer de couleur. Pour mieux se camoufler, il devient vert dans le feuillage, et brun sur la branche d’un arbre. Petit caméléon sans en être un, il passe du vert au brun et du brun au vert selon ses émotions et la température. Le voilà qu’il essaie de m’impressionner en balançant sa tête et en déployant son fanon gulaire.


 

Les écureuils avec leur queue accroche-cœur me narguent. Ils viennent voler sous mon nez les graines des oiseaux. Si je veux les chasser, ils se dressent sur leurs pattes de derrière et crient, histoire de m’affoler un peu. Et c’est la poursuite d’un arbre à l’autre.

***

De retour à la berçante sur la galerie, j’y traîne mon tricot. Je tricote une chaussette. Des mailles à l’endroit et une petite variation sur le dessus du pied. Ce tricot automate me permet de regarder les alentours, mine de rien. Des voitures passent régulièrement devant ma porte. On ne me connaît pas mais on me salue. Mes mains prisonnières ne répondent pas. Je compare les mœurs. Chez-nous, les gens baissent la tête quand on les rencontre.

À ma droite, un parc où je n’oserais pas m’aventurer. Madame y amène son chien mais curieusement elle n’a pas de petits sacs.

Le soleil achève sa course. Ses rayons encore chauds me comblent.

 

Ginette Chicoine ©

 

 

04 août 2015

La lucarne, José Saramago

«Le temps s'écoulait lentement. Le tic-tac de la pendule repoussait le silence, s'obstinait à l'éloigner, mais le silence lui opposait sa masse dense et lourde, où tous les sons se noyaient. Sans défaillance, l'un et l'autre se battaient, le son avec l'opiniâtreté du désespoir et la certitude de la mort, le silence avec le dédain de l'éternité.»

26 juillet 2015

Sèna par Françoise de Luca.

Tout un roman écrit au Tu. Comme si le personnage se regardait, ou  voulait se convaincre ou voulait tout dire sans trop s'impliquer comme on peut s'impliquer avec le Je.

Le roman est bâti en trois parties :
 - l'enfance de Thomas et la rencontre marquante avec Teresa.
 - l'étudiant Thomas qui rencontre Sèna, autre rencontre marquante
 - l'homme Thomas qui fait la paix avec lui-même
Chacune de ces parties comptent plusieurs chapitres courts et fort bien écrits.

J'avoue que, quand j'ai lu les premiers chapitres, j'éprouvais une certaine gêne, je n'arrivais pas à me concentrer. Disons-le, je trouvais cette lecture longue.
Pourquoi l'auteur s'attardait-elle aussi longtemps sur la relation de Thomas et de Teresa ? La suite saura nous le dire.
C'est à ce moment là que je me suis rendue compte que le livre était bâti en trois parties. Des fois, je trouve malheureux qu'il n'y ait pas une table des matières pour nous guider dans notre lecture.

Voyons ce qu'en pense Danielle Laurin 
                                  Josée-Anne Paradis de la revue Les libraires

En tout cas, je peux dire que ce livre m'a ému et m'a fait réfléchir sur la portée du regard que l'on porte sur l'autre et tous les préjugés que l'on porte avec soi.

24 juillet 2015

Petite promenade en ville.

Hier,
De gros nuages s'enfuyaient dans le ciel. Pleuvra-t-il ou non ? Les prévisions ne sont guère encourageantes. On nous tient en haleine. 
Nous décidons de risquer une sortie. Nous apportons nos parapluies au cas où.

Bois-de-Coulonge, nous voici...

Nous avions apporté nos caméras. Nous les négligeons.
Peut-être, parce que nous avons l'impression de toujours photographier la même chose.

J'ai vu :

Ce papillon, d'une rare beauté.
En fait, je le croyais rare mais en faisant des recherches, j'ai vu que c'était un papillon très commun au Québec. Morio (nymphalis antiopa,antiopa )