21 février 2012

Un goût de jeunesse

Sporadiquement, je prépare ces tartines pour déjeuner.
La première fois que j'en ai mangé, j'étais au couvent. On ne disait pas des tartines, on disait des toasts à la mélasse. Ce jour-là, il y en avait des montagnes, au centre des grandes tables, des pensionnaires que nous étions.
Rien que d'y penser, je salive.
Dégoulinantes de mélasse.
Imprégnées de mélasse. Nos doigts tout collés.







Elles me rappellent qu'un jour ce fut la fin.
La fin de l'école élémentaire comme on disait en ce temps.
Il fallait choisir, l'ordinaire ou l'extraordinaire.

Fallait-il vraiment choisir ?
Non, pas vraiment. Mais déjà, j'avais des goût différents.
Déjà, je m'affirmais. Il fallait que je sorte de l'ordinaire.
Comment cela m'est-il venu ?
Mystère et boule de gomme.

Mes parents n'étaient pas instruits. Ils auraient voulu l'être. Mon père en souffrait. Pour eux, s'instruire était primordial. Mon père nous répétait souvent qu'il nous léguait l'instruction.
Pour moi, l'ordinaire, consistait à continuer à fréquenter l'école de ma ville et ensuite l'école normale.
Moi, je voulais faire mon cours classique : apprendre le latin et tout et tout.
J'avais Judith Jasmin dans ma mire. Rien de moins. Que d'ambition !

Alors mes parents m'inscrivirent au collège de Lachine chez les soeurs de Sainte-Anne. J'étais loin de me douter des contraintes de la vie de pensionnaire. J'y restai deux ans.

Les tartines hantent encore ma bouche.





18 février 2012

1Q84

Je lis présentement ce livre de Haruki Murakami.

Il fait dire à Komatsu (éditeur) à la page 39 :

«... on ne peut écrire un bon texte si on en a l'intention, mais pas la moindre idée de la façon de s'y prendre. Pour écrire, il faut soit en avoir reçu le talent à l'origine, soit dépenser une énergie démentielle pour s'améliorer, jusqu'en en crever.»


Il faut aimer écrire pour devenir écrivains.

« - Pourtant, ce n'est pas suffisant.
   - Il faut aussi un «quelque chose de spécial». À tout le moins, il faut qu'il y ait quelque chose qui m'empêche d'interrompre ma lecture.» p. 40


Ceci me fait réfléchir :

 «Cette petite Fukaéri, elle a quelque chose de particulier. Quand on lit, La chrysalide de l'air, on le comprend. Ce n'est pas rien, cette puissance imaginative . Malheureusement, sur le plan formel, ça ne vaut rien. Un style d'une extrême pauvreté. Alors que toi, Tengo, tu sais écrire. Tu as ce don et, en même temps, tu as un sens artistique. Même si tu as tendance à en faire trop, ton style est spirituel, délicat et dynamique, c'est sûr. Seulement, à l'opposé de Fukaéri, tu n'as pas encore saisi ce que tu devais écrire. Alors bien souvent, dans tes textes, on ne voit pas où est le coeur de l'histoire. Ce que tu devras écrire, tu le trouveras en toi. C'est comme un petit animal apeuré tapi dans un trou profond, qui aimerait s'enfuir, mais qui n'arrive pas à s'échapper. Tu sais qu'il est caché là, au fond. Mais tant qu'il ne sort pas, tu ne pourras pas l'attraper.» p. 50

12 février 2012

Belle publicité pour une semaine de lecture

Il fait fret ce matin.
Pourquoi ne par rêver ?


à la Baie Georgienne









10 février 2012

Don Quichotte de Qc

Je me sens une Don Quichotte...

Ce soir, je suis allée à l'épicerie pour des achats de dernière minute.

J'écoutais les caissières (une jeune et une moins jeune) parler comme des caissières.
Elles parlaient de leurs heures de travail.
- Moi, je close à 19:00 de dire la plus vieille. La plus jeune de rétorquer, moi je close à 21.00.

Je n'ai pas pu faire autrement que de m'insérer dans leur conversation. J'étais seule à la caisse.

Je dis : C'est une nouvelle mode que d'employer le mot anglais ?

La plus vieille me dit, je sais : la fermeture. Mais depuis que je travaille comme caissière c'est le mot qu'on emploie. Je ne sais pas pourquoi.
J'ai pensé en moi-même que je me doutais bien pourquoi : toutes ces chaînes appartiennent à des anglophones , probablement que la plupart des directives sont en anglais...

Alors, j'ai dit : Il n'y a pas que les français qui deviennent anglophones.

Et elle de dire : Chez les jeunes c'est pire.

J'ai répondu : je sais à cause d'internet où presque tout est en anglais.

Mais, je passe beaucoup de temps sur internet, je lis aussi l'anglais et je n'emploie pas des tas de mots anglais dans mes conversations.

Je devrais peut-être m'y mettre.

Si je ne veux pas passer pour une matante ou une vieille chialeuse complexée.

07 février 2012

Haïku



tomates, oignons et vin blanc

les moules frémissent

envie de mer.


03 février 2012

Haïku

Ce matin, j'avais un haïku qui me trainait dans la tête.
Ils sont ainsi. Ils doivent trainer...

Je n'ose pas trop dire qu'il s'agit vraiment d'un haïku car il y a des règles à respecter pour dire qu'un haïku est un haïku.

Disons qu'il s'agit d'un pseudo haïku.

L'important, à mon humble avis, c'est de saisir l'instant présent en peu de mot.



la neige et le vent
unis dans la tempête

une dune froide


Je ne crois pas qu'il ait dit son dernier mot. Si quelqu'un a des suggestions...

Il me fera plaisir de les considérer.






02 février 2012

Elle est bien bonne...

J'ai réservé à la bibliothèque Charlotte before Christ, histoire de voir de quoi il en retourne avec ce livre, après avoir lu l'article de Nathalie Petrowski , porté à notre attention par Claudel .
Je n'ai pas encore lu ce livre. Il m'attend à la bibliothèque.

Ce qui me fait rigoler c'est qu'à côté du titre de ma réservation, la bibliothèque a cru bon d'ajouter : texte en français.

Un brin cocasse, non ?

Givre...






Mon amie blogueuse parle de givre ce matin.
J'ai tout de suite pensé à Nelligan.

À Claude Léveillée si vous cliquez sur Soir d'hiver.
Soir d'hiver.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j'ai, que j'ai!
Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? Où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
À tout l'ennui que j'ai, que j'ai!...





01 février 2012

La chorale du diable Martin Michaud.

 Dans ce qui a tout l’air d’être un drame familial, une femme et ses trois enfants sont sauvagement tués à coups de hache. L’auteur présumé du carnage, le mari, s’est suicidé après s’être tranché la langue. Mais est-ce bien ce qui s’est passé ?

Deux jours après, une alerte AMBER est déclenchée à l’échelle de la province de Québec : une jeune fille dévoilant ses charmes sur Internet a été kidnappée. Par qui ? Pourquoi ?

Deux énigmes que vont s’attacher à résoudre en parallèle deux policiers au style rentre-dedans : Victor Lessard qui, sans compter les cadavres laissés derrière lui, en voit d’autres surgir de son passé, enlaidis par le temps ; et Jacinthe Taillon, son ancienne coéquipière à la Section des crimes majeurs, qui lui voue une haine infernale.

Naviguant à travers le fanatisme religieux et la perversité de démons ordinaires, ils vont s’engager dans une valse à quatre temps diabolique entre Montréal, Sherbrooke, Val-d’Or et… le Vatican.

                                            Jusqu’à découvrir le secret terrifiant a chorale du diable.
(Cet extrait est la description qu'on peut lire du livre sur le site des éditions Goélette)

Comme d'habitude, je ne lis presque jamais la quatrième de couverture.
Peut-être que j'aurais dû. En effet, je me suis demandé pendant un petit bout de temps ce que venait faire Jacinthe Taillon là-dedans. Je n'avais pas compris qu'il y avait deux enquêtes qui se déroulaient en parallèle.


Je me rends compte que je pourrais commenter ce livre en utilisant les mêmes mots que dans mon commentaire de Il ne faut pas parler dans l'ascenseur.

J'avoue que pendant les premières 173 pages, j'étais pas mal mêlée. J'ai même écrit à Martin Michaud pour le lui dire. J'avais l'impression de lire une série télévisée mais sans les images. Les images aident à se démêler quand on est mêlé : les personnages se laissent apprivoiser plus facilement. J'ai persévéré et je n'ai pas été déçue.

Contrairement à Lucie du blog Clavier bien tempéré, j'espère que tous les livres que je lirai seront bien écrits, même les romans policiers. Je trouve que Martin Michaud écrit bien. Il ne nous prend pas pour des ignares. Il m'a fait souvent sourire avec ses comparaisons qui sortent de l'ordinaire :
" Ils sont trempés comme des vers sur un hameçon valsant dans les profondeurs d'un lac. " p. 23
" Et cette douleur qui mord son bras le rend fou, comme si quelqu'un le forçait à écouter à l'infini la même note de piano." p. 463

Et j'en passe.

J'ai un peu moins aimé les sacres. Mais, là c'est mon problème. Ils font partie de notre réalité . Pourquoi le cacher ? J'ai longtemps combattu cette mauvaise habitude mais j'ai baissé pavillon. Même que des fois...

Pour ceux qui n'auraient pas lu le livre, les dates ne sont pas à négliger.

J'ai beaucoup aimé que l'action se passe surtout à Montréal. J'aime reconnaître les lieux de mes lectures. J'ai eu le goût d'entrer chez Schwartz’s . Je ne sais si ce restaurant a  beaucoup changé depuis le temps.

Je ne sais pas si quelqu'un a remarqué qu'il n'y a pas un chapitre 39 mais un chapitre 666 ?

Je ne crois pas que ce soit dévoilé le punch final que de l'écrire.

En tout cas personne n'en a parlé. Moi, ma curiosité a été piquée. J'ai fait ma petite recherche. Il y a matière à en savoir plus. Et peut-être que je suis la seule à ne pas connaître sa signification.

À la fin du livre, tout n'est pas dit. Il faut presque revenir au début pour boucler la boucle. Et là, tout s'éclaire...

Mon conjoint me parle souvent de Harry Bosch ou de Kurt Wallender, je pourrai maintenant lui parler de Victor Lessard.