30 août 2010

Nouveau Blog

J'ai commencé depuis quelques jours à nourrir un nouveau blog.
Il s'agit ni plus ni moins d'un carnet de voyages.
Il y a moins de fioritures à moins que je découvre des façons de faire.

Aller voir ailleurs si j'y suis

Et pourquoi pas ?

26 août 2010

L'énigme du retour, Dany Laferrière

Partout, on ne dit que du bien de ce livre.

Tu dois être la seule au pays à ne pas avoir lu Dany Laferrière, me dis-je.
J'avais des problèmes avec l'homme que j'écoutais dans ses débuts. Je ne pouvais pas le blairer, ni lire trois lignes...
car j'ai essayé
rien à faire.
J'ai regardé sa photo à l'intérieur de la page couverture, j'ai regardé sa main, car je trouve que les mains nous ou plutôt me renseignent beaucoup sur les gens
et j'ai pensé que sa main me plaisait.

Ce livre m'a poussée à vouloir en savoir plus sur l'homme,c'est pourquoi, j'ai regardé en différé l'émission Contact avec
Stéphan Bureau et Dany Laferrière.
Maintenant, j'ai l'impression d'avoir violé un peu son intimité, lui, qui est si jaloux de son intimité.
Il dit dans cette émission qu'il est un homme en trois morceaux:
son coeur est à Port-au-Prince
son esprit, le combat, est à Montréal
la zone neutre est à Miami.
Il y a aussi un lieu spécial: Petit Goâve.

Je suppose qu'il y a un temps pour tout,
surtout que maintenant je crois avoir saisi ce que vit un écrivain en exil, en constante recherche de son identité.

Alors, Dany Laferrière est-il haïtien, canadien ou américain ?

"Mon neveu voudrait devenir un écrivain célèbre.
Son père est un poète en danger de mort.
Son oncle, un romancier vivant en exil.
Pour son grand-père ce fut la mort en exil."

"Arrivé au Nord, il m'a fallu me défaire
de toute la lourde réalité du Sud
qui me sortait par les pores.
J'ai mis trente-trois ans à m'adapter
à ce pays d'hiver où tout est si différent
de ce que j'avais connu auparavant.

De retour dans le Sud après toutes ces années
je me retrouve dans la situation de quelqu'un
qui doit réapprendre ce qu'il sait déjà
mais dont il a dû se défaire en chemin.

J'avoue qu'il est facile
d'apprendre que de réapprendre.
Mais le plus dur c'est encore
de désapprendre."

" Du balcon de l'hôtel, je vois la place,
le marché, la librairie
et au loin la route poussiéreuse qui descend
vers la maison de ma mère.
À part mon escapade avec cet ami vers sa ferme
je n'ai pas quitté ce périmètre de sécurité.

Qu'est-ce qui m'effraie donc ?....
Si je ne m'éloigne pas trop du cercle doré, c'est pour ne pas me sentir étranger dans ma propre ville. Je repousse chaque fois le moment de cette confrontation."

"Je m'étais promis de ne pas regarder la ville
avec les yeux du passé.
Les images d'hier cherchent sans cesse
à se superposer à celles d'aujourd'hui.
Je navigue dans deux temps."

...." La veille, j'avais pris un jus de fruit dans une goguette sur mon chemin, juste pour me prouver que j'étais toujours l'enfant du pays."

" Je suis resté un long moment
debout sous cette pluie fine....
De jeunes enfants ....
sont venus m'entourer
comme si j'étais une étrange apparition.
J'ai eu beau leur parler en créole rien n'y a fait.

C'est là que j'ai compris
qu'il ne suffit pas de parler créole
pour se métamorphoser en Haïtien.....
On ne peut être haïtien que hors d'Haïti."

Tout ce préambule pour dire que le livre m'a plu.
La maison d'édition le qualifie de roman.
Roman? Je ne vois pas.
Des haïkus non plus.


12 août 2010

33, chemin de la Baleine




Quatrième de couverture:

«Voici un roman d'amour, un grand roman d'amour contrarié qui se déroule sur deux époques : les années cinquante et maintenant.
Une vieille dame charmante, qui n'a plus tout à fait sa tête, reçoit la visite d'un jeune homme porteur d'un paquet de lettres anciennes dont il lui fera la lecture. Or ces lettres d'amour et d'abandon, écrites par une jeune femme à son mari écrivain, comportent d'étranges ressemblances avec le passé confus de la vieille dame.
La jeune femme sera trahie, mais la qualité de son amour, sa candeur, sa force nous pousse à prendre parti pour elle, et à souhaiter de tout coeur un dénouement heureux.
Dénouement heureux il y aura, mais pas exactement là ou le lecteur l'attendait...»


Mon avis:

Un roman épistolaire très triste. Au début, je le trouvais même ennuyant, car les lettres de cette jeune femme relataient son quotidien dans l'attente et l'espoir. Et je me suis souvenue de la vie des femmes dans les années 50 et de Ringuet et ses 30 arpents

http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/936.html

Et je me suis souvenue qu'en ce temps-là, les femmes vivaient dans l'ombre de leurs maris et qu'elles n'avaient pas grand-chose à dire. Mais je n'ai pas compris comment on pouvait attendre aussi longtemps. Je me disais, pourquoi ne va-t-elle pas à l'île aux Coudres pour en avoir le coeur net?

Peut-être que dans le fond, elle ne voulait pas savoir.

Et je me suis dit, peut-être, que j'aurais fait pareil...en ce temps-là.

Peut-être, est-ce cela qui me dérange?

Quelques citations:

« J'ai encore désobéi à mon devoir de t'attendre ici du soir au matin. »

« Si moi je ne marche presque plus, toi tu continues de piétiner ma douleur à longueur de journée. »

« En t'espérant,je fais des voeux : si ma mère fait brûler les oeufs, tu arriveras avant midi. S'il fait soleil, tu rentreras lundi.... »

04 août 2010

178 secondes Katia Canciani

Katia Canciani

Je qualifierais ce roman, de roman facile.
Est-ce qu'on s'en souviendra longtemps après l'avoir lu? Je n'en jurerais pas. Seul mon goût du Grand Nord a refait surface quand elle parle de Yellowknife. Pas pour les moustiques, mais pour le soleil de minuit, les aurores boréales, l'immensité.
Je lis et je pense.
Des pensées coupables.
Des fois, je pense que je pense plus que je lis.
Je dois être un peu jalouse.

Toujours est-il que ce livre raconte la traversée du continent, du Québec vers l'ouest, d'un jeune québécois de 18 ans, et puis, comme il n'avait pas mis le pied dans les provinces de l'atlantique, il le fera à la fin de son voyage. Pourquoi les jeunes vont-ils dans l'ouest? La plupart du temps pour apprendre les rudiments de l'anglais. Nicola, lui, recherche son moi, un sens à sa vie. Il a été trop couvé, il veut maintenant prendre ses propres décisions. Il n'a jamais connu sa mère et personne ne veut lui parler de sa mère.
"...je n'avais pas eu de mère, sauf pour me mettre au monde. J'avais eu un père présent, mais imparfait, une famille aimante, mais asphyxiante, une enfance et une jeunesse en demi-vérités....Ce n'était pas l'apprentissage de l'anglais qui me poussait vers là où le soleil se couchait..., mais bien la découverte de moi-même. »

« Il n'y a que toi pour donner un sens à ta vie. »

Redonnons à César ce qui appartient à César: Katia Cancini a un sens de l'humour qui fait sourire.
Par exemple, elle fera dire à son héros: « Je haussai les épaules
 avec le même enthousiasme qu'on ressent devant une enveloppe contenant une facture. »
ou
"... Ma fougue avait rétréci comme peau de chagrin. »
« Je bus une gorgée de bière, fier comme un jeune castor devant son premier barrage. »

Les éditions David qualifient ce livre de roman, moi, j'ajouterais pour adolescents (12 à 17 ans)