14 mars 2012

1Q84 suite

Les deux personnages principaux de ce livre, Aomamé et Tengo, se sont rencontrés quand ils étaient enfants. Ils vivaient un peu en marge des autres enfants car ils étaient éduqués de façons différentes. Un jour Tengo est venu en aide à Aomamé. Aomamé a gardé un souvenir impérissable de Tengo. Les parents d'Aomamé ont un jour déménagé. Ils ne sont plus revus. 
Tous les deux se souviennent de l'autre. Se rencontreront-ils ?
Le livre nous les présente alors qu'ils ont trente ans. Chacun vit sa vie. Des vies paralèlles.
Elle est tueuse à gages, très efficace. Et lui est un écrivain qui se cherche.

Quand je lis, je m'interroge souvent sur le titre. Par exemple, pourquoi avoir donné ce titre 1Q84 ?
Bien avant d'avoir trouvé la réponse dans le livre lui-même, j'étais allée voir sur internet.
Je n'avais pas pensé à Orwell car je ne connaissais pas cet auteur. Maintenant, je me sens un peu ignare de ne pas l'avoir lu. J'y verrai.

Dans le livre, les deux personnages principaux en parle :

«1Q84 - voilà comment je vais appeler ce nouveau monde, décida Aomamé.
Q, c'est la lettre initiale du mot Question. Le signe de quelque chose qui est chargé d'interrogations.... Que cela me plaise ou non, je me trouve à présent dans l'année 1Q84. L'année 1984 que je connaissais n'existe plus nulle part. Je suis maintenant en 1Q84. L'air a changé, le paysage a changé. Il faut que je m'acclimate le mieux possible à ce monde lourd d'interrogations. Comme un animal lâché dans une forêt inconnue. Pour survivre et assurer ma sauvegarde, je dois en comprendre au plus tôt les règles et m'y adapter.»
 p. 199



Et Tengo de dire

«Oui, nous sommes justement en 1984. Le futur aussi devient réalité. Et puis, aussitôt, il se transforme en passé. George Orwell, dans ce roman, décrit une société future très sombre, sous le joug du totalitarisme. Rigoureusement contrôlée par un dictateur, Big Brother. La moindre information est soumise à la censure, l'Histoire est sans cesse récrite. Le héros travaille dans un ministère, sa tâche consiste à remplacer les mots, à choisir les nouveaux termes qui conviennent. Du fait qu'une nouvelle Histoire est fabriquée, l'Histoire ancienne doit être entièrement annulée. Comme la langue doit changer, la signification des mots en vigueur jusque-là aussi. L'Histoire ne cesse d'être récrite, si bien que plus personne, en fin de compte, ne parvient à savoir ce qui est vrai. Plus personne ne sait qui est l'ennemi, qui est l'allié.»
 p. 443




Aomamé et Tengo s'interrogent sur des événements qui ont eu lieu et dont ils n'ont aucun souvenir. Pourtant, ils lisent très régulièrement les journaux. Il leur arrive aussi d'entrer dans un état second. D'où le côté fantastique de ce roman.

J'ai aimé ce roman, même si au début, j'ai failli tout laisser tomber.
Le fait d'écrire, de faire vivre deux personnages qui se sont connus et qui vivent chacun leur vie, relève du défi. Il y a danger de redondance même si les héros ont vécu de façons différentes.
J'ai manqué de concentration quand Murakami épluche les journaux de l'époque et qui plus est du Japon. J'avoue avoir fait de la lecture rapide à certains endroits.
J'ai quand même hâte de lire le second volume.

Quand je lis, j'aime aussi les références à la musique, aux lectures etc. de l'auteur. Curieusement, avec ces liens, j'apprends à mieux connaître l'auteur, car je pense souvent à l'auteur pendant ma lecture et non seulement à ce qu'il écrit.

J'adore la guitare et j'ai particulièrement aimé cette musique.




Citations:

«La plupart des gens ne savent pas appécier la valeur d'un roman. Mais, ils ne veulent pas rester à l'écart de la mode. Donc, il suffit qu'un livre ait reçu un prix, que tout le monde en parle, pour qu'il soit acheté et lu.» p.51

« L'Histoire nous enseigne que, au fond, nous sommes les mêmes, autrefois
comme aujourd'hui. Même si nos vêtements ou nos modes de vie ont beaucoup changé, nos pensées et nos actes ne sont pas très différents. L'être humain, finalement, n'est qu'un simple véhicule, ou un vecteur, pour les gènes. Nous sommes leurs montures tout au long de leur voyage, de génération en génération, exactement comme les chevaux que l'on remplace lorsqu'ils vont mourir. Et les gènes n'ont aucune notion de ce qui est bien ou de ce qui est mal. Ni la moindre idée de ce que nous éprouvons. Ils ignorent si nous sommes heureux ou malheureux. Nous ne sommes pour eux qu'un moyen. Leur priorité, c'est d'obtenir pour eux-mêmes le meilleur rendement.» p. 373


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