30 décembre 2010

Réflexion...




Vivre, c'est s'adapter




Ce matin même, alors que le jour se levait à peine, un intime partait à l’étranger pour un séjour de quelques mois. Nous avons éprouvé, de part et d’autre, un serrement au niveau du plexus solaire et de la gorge. Un stress. C’est l’effet du changement. La nécessité de s’adapter.




Le changement est renouvellement, certes. Mais aussi rupture. Le changement est stimulation, mais il suppose toujours une certaine insécurité.

Il n’y a guère que le sein de la mère que l’on perçoit comme le lieu de la sécurité. Mais, même dans le sein de la mère, la sécurité est illusoire. S’il est un lieu où le changement est systématique, c’est bien là... De la conception à la naissance, le changement est pour ainsi dire de l’ordre de l’absolu. Il est vrai qu’on n’en a pas conscience.

Le changement appelle l’adaptation. Vivre c’est s’adapter au changement auquel on est soumis à chaque instant. L’organisme est essentiellement un système d’adaptation. Rien qui ne soit stable. Il faut avancer en passant d’un état à un autre : avancer comme sur un fil en s’employant à garder son équilibre.

Cesser de s’adapter, c’est mourir.

À chaque instant, je ne suis pas le même. Et les autres, pas davantage. Il faut aller avec. À chaque instant, le monde change. Il faut aller avec. Il arrive que, sur le coup, on résiste. On en vient parfois à éprouver une fatigue, une lassitude à devoir s’adapter sans cesse.

Nous recherchons tous le centre du labyrinthe. Car le centre en nous est stable. Tout tourne autour. Mais le centre est stable. D’où peut-être la résistance au changement : dans l’immobilité, on a l’illusion de se rapprocher du centre.

On se dit aussi parfois : plus ça change, plus c’est pareil. En ce sens peut-être qu’après s’être adapté à un changement d’état, il faudra l’instant d’après – dans un jour, dans un mois, dans un an, selon la nature du changement – s’adapter à nouveau.

La tentation de ne plus avoir à s’adapter au changement relève de l’instinct de mort. Offrir une trop grande résistance, c’est en somme se retourner, regarder derrière soi : c’est prendre le risque d’être changé en statue de sel, de devenir un mort vivant.

La peur de ce qui devient entraîne une rigidité. L’harmonie n’est pas dans l’arrêt, la fixité, mais dans le mouvement.

Aller avec ce qui devient, c’est vivre. C’est aussi se renouveler. Il faut même parfois, pour vivre intensément, créer les conditions du changement. Comme l’artiste s’impose des contraintes qui vont lui permettre de se dépasser. Se trouver dans un nouvel état, une nouvelle situation, de nouvelles conditions, c’est la possibilité qui s’offre d’explorer un nouveau territoire, à l’extérieur dans l’action mais aussi, par répercussion, à l’intérieur de soi.

La résistance à ce qui devient provoque une souffrance, une usure, une fatigue. La non-résistance est un état qui, au contraire, appelle la joie, le plaisir de vivre, d’explorer, de découvrir.

Est-il possible de se définir à la fois dans le changement, le mouvement, ce qui sans cesse devient, se transforme, mais aussi au centre du labyrinthe?

C’est là la question.

Curieusement, ce n’est pas en offrant une résistance au changement que l’on vit l’instant présent, mais plutôt en allant avec le changement. Non pas réagir au changement mais agir dans le changement, je dirais même agir le changement, en être sinon toujours le créateur, du moins le co-créateur. L’adaptation est alors si naturelle qu’elle accompagne le changement, au point d’en faire partie.

La résistance suppose en fait un écartèlement de la conscience, un étirement qui s’étend à la fois dans le passé qui retient et dans l’avenir qui appelle; alors que la non-résistance est comme l’eau, elle épouse tous les méandres de la rivière, tous les accidents de son lit, toutes les anfractuosités.

La non-résistance, c’est l’adaptation-instant. L’instant présent ne peut être vécu que si on le vit sans y penser. Comme si de rien n’était. Car le fait d’y penser suppose un décalage.

L’attitude juste, c’est de faire un avec ce qui devient.






Retour au débutPropos de Jacques Languirand
ayant fait l'objet d'une chronique parue dans
le Guide Ressources, Vol. 08, N° 07, avril 1993



Ainsi parle Jacques Languirand.

Et quand on essaie de s'adapter et que ça ne va pas. (j'allais employer le mot clanche mais on dirait que ce mot n'existe pas pour ce que je veux dire.)

J'exagère un peu, ça va mais...
Y a toujours quelque chose qui grince.
Faire son possible, est-ce qu'on peut ? Sans récrimination ?


15 décembre 2010

Des idées, des idées...

Je sens que ma tête travaille.
Je sens que ma tête conçoit.
Je sens que ma tête écrit.

Je ne suis pas encore vraiment passée à l'acte, mais le processus macère doucement. Des histoires j'en ai plusieurs...

Tout ça, parce que je suis allée fouiller dans une librairie afin de trouver des livres à lire pour une enfant de 6 ans.

Je crois que je n'ai pas vraiment à réécrire mes textes, en tout cas, pas de fond en comble. Je crois que je dois travailler la façon de les présenter pour qu'ils plaisent à des éditeurs, qui eux, connaissent peut-être mieux que moi ce que lit un enfant.

Pourtant, j'ai lu pas mal d'histoires pour enfants et aux enfants, car j'étais enseignante au préscolaire en plus d'être mère et maintenant grand-mère. Et j'étais maniaque, car je désirais transmettre le goût de la lecture.
Donc, j'en ai vu des livres d'histoire et c'est maintenant que le clic se fait sur le comment.
Et je me dis qu'il ne suffit pas d'écrire une histoire...

05 décembre 2010

Des mots qui feront plaisir à Andrée Poulin.

.... Du livre Les ruines du ciel écrit par Christian Bobin.

« Les pissenlits se multiplient devant la maison comme les notes dans les Variations Goldberg de Bach : d'abord quelques-uns, isolés, timides, et soudain une chaude pluie d'or partout sur l'herbe verte. » p. 16

« La vision du chat noir au milieu des pissenlits jaunes : j'étais au paradis des yeux. » p.35

à cause de son livre Miss Pissenlit.

Petite armoire à coutellerie

Petite armoire à coutellerie


Après avoir lu Nulle part ailleurs, je ne sais pas si c'était une bonne idée de lire Petite armoire à coutellerie. J'ai beaucoup aimé le premier livre de Sabica Senez. Le deuxième, je le trouve moins fluide. Et je n'ai pas pu faire autrement que de comparer ce livre à Je ne veux pas mourir seul de Gil Courtemanche : « l'impossible deuil d'une histoire amoureuse. »

Ce ne sont pas les mêmes mots, mais le fond reste le même. Et ils sont malades autrement.

Quelques mots tirés du livre de Sabica Senez:

« J'ai été ton fruit, et j'en redemanderais.
J'ai le goût de tout toi. De A à Z, du nord au sud, de gauche à droite et en diagonale. Mais on dirait bien que ce n'est pas permis ni de le penser, ni de le dire, ni de le faire.
J'ai le droit de pas grand-chose avec toi. »

« Tu as d'autres chats à fouetter. Pas de temps à perdre à te soucier de mon souci de toi. »

« Tu m'as demandé de te laisser en paix. Shlaaaak! »

« Ton absence prend toute la place: ton vide occupe mon vide. »

« J'ai tout donné et on n'a rien pris. Alors, mon corps de l'intérieur s'est fait mal à lui-même.
Peu avant qu'il ne soit trop tard, la gravité de mon état m'est apparue.
J'étais devenue le poison."

« Ce n'était pas tant une envie de mourir qu'une peur d'en mourir. Au bout de mon sang. »

04 décembre 2010

Je ne veux pas mourir seul. Gil Courtemanche.

Quatrième de couverture (ici)



Je n'ai pas beaucoup de commentaires à formuler, sinon que j'ai beaucoup aimé ce livre, sauf peut-être vers la fin du livre p. 147 où j'ai trouvé que cette fin était un peu ardue, comme s'il fallait trouver une fin. J'ai même senti un changement dans l'écriture. Mais pour le reste... écouter l'émission qui suit. Émission avec Christiane Charette

Après la lecture de ce livre, j'ai feuilleté, par hasard, le livre d' Anny Duperey, Les chats de hasard J'ai relevé une citation qui convient bien au livre de Gil Courtemanche.

« Les gens qui aiment les chats adorent cette indépendance qu'ils ont, car cela garantit leur propre liberté. Ils ne supportent pas les entraves ni pour eux-mêmes ni pour les autres. Ils ont cet orgueil de vouloir être choisis chaque jour par ceux qui les aiment et qui pourraient partir librement, sans porte fermée, sans laisse sans marchandage. Et rêvent bien sûr que l'amour aille de soi, sans effort, et qu'on ne les quitte jamais. Ils ne veulent pas obtenir les choses par force et voudraient que tout soit donné. Les gens qui aiment les chats, avec infiniment de respect et de tendresse, auraient envie d'être aimés de la même manière - qu'on les trouve beaux et doux toujours, qu'on les caresse souvent, qu'on les prenne tels qu'ils sont, avec leur paresse, leur égoïsme, et que leur seule présence soit un cadeau. » p. 17-18.



Quelques mots extraits du livre de Gil Courtemanche:

« Je croyais que le plaisir des fleurs et celui d'un bon repas pouvaient remplacer la main que je ne tenais pas. » p. 18

« Ce n'est pas tellement l'envie de vivre, c'est plutôt la peur de mourir. La crainte du rien absolu, l'angoisse de ne pas exister. »

Et là, « Les hommes ont besoin d'ordre, de directives, d'ultimatums. Les femmes pensent que l'amoureux, s'il aime vraiment, doit deviner les signes, doit comprendre par lui-même les insatisfactions. Je n'ai pas compris les signes qui me semblent aujourd'hui évidents. » p.92,

j'ai pensé Au silence des hommes de Christine Orban.
Plus bas, sur cette page d'Amazon,j'ai fait un commentaire.


03 décembre 2010

Nostalgie...


J'aimais bien posséder des livres.
Un brin de nostalgie ce matin.
Je pouvais souligner à ma guise.
Dans les livres de la bibliothèque, je ne peux pas.

Y a des livres comme ceux-ci : Je ne veux pas mourir seul et Nulle part ailleurs
que je noircirais de graphite...
Un pur délice.

Je viens de réécouter l'émission de Christiane Charette avec Gil Courtemanche et elle dit: « J'ai souligné les trois quarts du livre. »
J'avais dit ailleurs que Gil Courtemanche était cynique dans cette émission, il n'en
est rien. Je n'avais pas écouté avec ma bonne oreille.

02 décembre 2010

Nulle part ailleurs. Sabica Senez



Quatrième de couverture à lire ici.


J'ai commencé à lire ce livre en même temps que le prix Goncourt. J'avais presque fini bien avant celui-ci. Je l'économisais. Tout à fait mon genre, ce livre. Je veux dire mon genre d'écriture. Sauf que moi, je n'ai pas encore publié de livres. Mais bon, arrêtons cette ritournelle. Cesse d'en parler et mets-toi à l'oeuvre. Trouve une idée originale, ma vieille.

Il s'agit d'un
roman épistolaire dont le résumé se lit plus haut. Chaque chapitre commence par une citation de Calamity Jane et se poursuit par la lecture des lettres du père à sa fille.Quinze ans plus tard, elle les commente.

J'ai entamé ce livre en même temps que nous connaissions le thème de Défifoto pour le premier décembre: il s'agit de Jim Jarmusch du nom de ce réalisateur américain plus français qu'américain dans son style cinématographique. Il fallait faire une photo à partir des films de J. J. ou à la manière de J. J. Il excelle dans les films en noir et blanc et ses personnages, un peu paumés, sont la plupart du temps sur la route (ce que j'en ai vu) .

J'ai fait un petit montage photo avec les mots de Sabica Senez pour illustrer mes propos. J'espère que celle-ci ne m'en voudra pas trop. Je ne l'ai pas publiée sur Défifoto.



Il m'a semblé que Nulle part ailleurs ferait un bon scénario, un bon road-movie pour
J.J.
Le père dans ce livre se déplace constamment sur sa moto. Il vit comme s'il avait dix-sept ans. Quand il s'arrête, il veut gagner un peu d'argent pour s'arrêter un peu, se loger, se nourrir et entretenir sa moto. Dans ces moments, il correspond avec sa fille et il la voit quelques fois et puis hop! Il repart.
Une sorte de Survenant des temps modernes.

J. J. dira : « Fuir pour mieux dompter sa solitude ».

Je m'en voudrais de ne pas parler de l'illustration de la couverture que je trouve magnifique : un collage de Denise Morisset. J'ai pris ce livre à la bibliothèque, mais je vais l'acheter.