22 mars 2010

En vrac

Tous les matins, je le vois et je le trouve courageux.
Qu'il fasse beau, qu'il fasse moins beau, il s'habille selon la température et il va prendre sa marche.
Il marche d'un long pas lent en se dandinant. Je suppose qu'il marche de tout son pied d'arrière vers l'avant.
Je ne saurais dire s'il est sociable. Il est toujours seul. Je le rencontre parfois et il n'a pas d'expression. Pourtant il vit dans le même immeuble que moi. Il a l'air sévère et je crois qu'il doit avoir une grande vie intérieure.
Ou peut-être écoute-t-il son coeur poursuivre sa vie.

Ce matin j'ai ouvert un livre de Marité Villeneuve : Des pas sur la page ou l'écriture comme chemin.
Ce livre ne se lit pas comme un roman. Il parle du métier d'écrire. Ce matin donc, j'ai ouvert le livre au hasard et j'ai lu ceci
Écrire, c'est résister. À ce qui tue. À ce qui interdit la vie. Aux empêcheurs de tourner en rond. Si on me surprend en plein acte de résistance, est-ce que je ne risque pas ma peau ? Mais si j'arrête, je meurs aussi.
         Les loups ne s'apprivoisent pas... Tu dois marcher debout et traverser la   horde. Apprivoiser, c'est se faire ami. Pas d'amitié possible avec la critique, le jugement et le dénigrement ! Casse tout cela ! "Tu crées ou tu crèves!" Ne cache pas ta vie.  N'étouffe pas la voix qui dit "c'est moi, j'existe" : tu donnes raison aux loups.
Écrire me fait parfois l'effet d'un choc, d'un courant électrique, d'une onde cérébrale. Un électrochoc au cerveau qui tient les neurones allumés.
J'écris pour répondre à un appel. Pour retrouver des terres oubliées. Un ailleurs inconnu où veulent aller les mots. Si ce n'était que cela , écrire ? Recréer cette terre, ... Ce pays qui est en soi.

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