12 juillet 2010

Enthéos Julie Gravel-Richard (2008)


Je suis un peu en retard dans mes lectures.
À moins de fréquenter des blogues de lecture, on ne sait pas tout ce qui se publie. J'ai découvert ces blogues récemment.
Et je n'ai que deux yeux. Il m'arrive parfois de lire deux livres en même temps. J'avoue que l'idée n'est pas très bonne.
Même petit à petit, je n'arriverai pas à tout lire, car je ne lis pas que des livres québécois.

Après n'avoir lu que du bien sur Enthéos (qui veut dire enthousiasme, en grec), je l'ai réservé à la bibliothèque. Et je l'ai lu bien avant d'autres qui attendent encore.

Enthéos pour le résumé.

Dès la première page, le style m'a plu. Un style bref, haletant. Le livre est écrit à la troisième personne : donc un narrateur omniscient. Au début de certains chapitres, Julie Gravel-Richard emploie le tu pour transmettre sa pensée. Mais ce tu est vu de l'extérieur. Jusqu'au chapitre 30, je ressens comme un malaise. On dirait que le livre n'a pas d'âme un peu comme Normand Lamarche dit à Thomas : « Votre travail manque d'âme ». Au chapitre 30, toujours ,ce narrateur oomniprésent,mais imperceptiblement le ton change, les sentiments s'expriment autrement. Mon coeur chavire jusqu'au chapitre 49. Une finale qui ne me laisse pas indifférente. Je crois que j'aurai ce livre dans la mémoire longtemps. Il m'a donné des goûts (que j'avais ddéjà,mais je recule toujours devant l'abondance) de relire les auteurs grecs et aussi de lire Les nourritures terrestres que je n'ai jamais lu.
J'ai particulièrement aimé lire sur mon environnement : je ne verrai certainement plus Le Bonnet d'âne et la rue St-Jean de la même façon.

Pour en savoir plus sur Julie Gravel-Richard :

Jule G.-R.

Made in Québec

Enthéos

Des phrases qui me font réfléchir:

"... prisonnier de son espoir, de ce mal incurable incrusté en lui comme en l'humanité entière... » p. 118

« Mais il a oublié que l'espoir est un mal. Qu'il trace la voie à la souffrance. Qu'il entraîne les hommes dans un sillage de maux, qu'il les pousse à tout supporter. En attendant que quelque chose change. Pour le mieux. » p. 172

5 commentaires:

Venise a dit...

Un avis bien formulé, Ginette, vous vous êtes bien suivi dans cette lecture, réalisant même à la page où votre attention s'est transformée. Je suis impressionnée !

Félicitations pour votre nomination finaliste du concours de La Poste restante. J'espère que vous êtes fière !

Julie GravelR a dit...

Bonjour Ginette!
C'est une belle lecture que vous avez faite d'Enthéos. Merci de ce billet!

Et je suis contente que vous ayez continué votre lecture, passé les fameux 30 premiers chapitres! En fait, la troisième personne peut être vue comme un "je", car c'est uniquement Thomas qu'on entend penser. Ainsi, il ne s'agit pas à proprement parler d'un narrateur omniscient, car on n'entre jamais dans la tête des autres personnages, comme Elsa, par exemple. On n'est que dans la tête de Thomas. Tout ce qu'on y voit, tout ce qui est décrit, passe par Thomas. Sa sensibilité ou sa "non-sensibilité", si on veut.

Le malaise s'explique sans doute ainsi. Tant que Thomas est mal, qu'il refuse une part de lui-même, alors il se coupe de son "enthéos". C'est quand il se libère qu'on voit le changement.

Du moins, c'est ce que j'ai voulu créer comme dynamique dans le roman.

En lisant Venise, j'en conclus que vous avez participé au concours des Correspondances et que votre lettre a été sélectionnée? Je vous en félicite! Je lirai ça sur place. Si vous participez à l'événement, nous nous y croiserons peut-être...

Ginette a dit...

Merci d'avoir pris la peine de lire mon billet.
Je prends notes de vos commentaires sur le narrateur.

Nous sommes 15 à avoir été sélectionnés aux Correspondances. Il n'est pas sûr que vous puissiez me lire.

ClaudeL a dit...

D'un blogue à un autre, de Venise, à Julie, à ici...
Le point de vue du narrateur me titille beaucoup ces jours-ci, je lis donc avec grande curiosité.

J'ai aussi écrit des lettres pour le concours de Poste restante. Pas été choisie par contre :-(

Nous nous verrons donc aux Correspondances.

Et puis une blogueuse qui n'a pas entre 20 et 40 ans, enfin!

Ça nous fera de quoi jaser.

Anonyme a dit...
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