02 décembre 2007

Ma vie avec Mozart

Éric-Emmanuel Schmitt dit en parlant de Mozart:
Tu as été mon secret, puis mon bonheur; j'espère que tu deviendras mon rendez-vous.
Je voudrais te rejoindre dans l'idéal d'un art simple, accessible, qui charme d'abord, bouleverse ensuite. Comme toi, je crois que la science, le métier, l'érudition, la virtuosité technique doivent disparaître sous l'apparence d'un naturel aimable.Il nous faut plaire avant tout, mais plaire sans complaire, en fuyant les recettes éprouvées. en refusant de flatter les émotions convenues, en élevant, pas en abaissant. Plaire, c'est-à-dire intéresser, intriguer, soutenir l'attention, donner du plaisir, procurer des émotions, du rire aux larmes en passant par les frissons, emmener loin, ailleurs...
De tout temps, la production artistique s'est divisée entre art noble et art populaire, que ce soit en littérature, en peinture, en musique. De tout temps Mozart donne la solution. Au XVIIIe siècle, sévissait une querelle entre musique savante et musique galante: la musique savante appartenait au passé avec son écriture horizontale, contrapuntique, où chaque voix gardait son indépendance et parcourait son chemin en s'entrelaçant aux autres, une science que Bach avait portée à son plus haut degré de perfection dans ses fugues;en réaction, la musique galante offrait une musique mélodique, aisée, plaisante, où l'orchestre accompagnait le chant et marquait la rythmique pour la danse. Tu as perçu les dangers qu'il y avait dans les deux camps: l'ennui. On s'ennuie d'une oeuvre seulement savante. Entre ces deux monde séparés, tu tendis le pont de ta musique, galante en apparence, savante en profondeur; par un mélange de travail et de spontanéité, tu as permis aux contraires de se rejoindre.
Ton exemple dément les idées niaises, les doctrines manichéennes qui voudraient qu'on adopte un parti à l'exclusion de l'autre. Tant pis pour les fabricants d'incompatibilités, te voilà populaire et élitiste à la fois. Ta liberté vient du plaisir, ton seul maître...

1 commentaire:

Véro a dit...

Plutôt intéressant, j'en prends bonne note.