Messages

Mes mots.

  Butiner J'aime particulièrement ce mot. À cause de sa résonnance, à cause de sa signification. On l'emploie en parlant du travail des abeilles. Mais on peut l'utiliser au figuré : butiner des livres, des mots, des idées, des données, des recettes... En anglais, il faut plusieurs mots pour exprimer cette idée. caméra à la main je butine comme le bourdon un bourdon - caméra à la main  je butine
  en différé le soleil entre en silence se fixe au mur Il était là, il n'est plus. Les nuages s'effilochent.  Maquiller son coeur, maquiller sa face. Trouver de la beauté. Vivre le temps présent, éphémère lui aussi.

Un livre inutile, Christian Bobin. Fata Morgana.

« Les livres sont des boites à musique remplies d'encre. » Un livre à effeuiller. Comme les premiers livres que j'ai lus. Avec un coupe-papier. Objet désuet. Baiser du tranchant   autour de l'hymen. Déchirure douce à l'oreille.  Livre oublié. Que je feuillette aujourd'hui. L'intellect est prêt à l'accueillir. Lire entre les lignes des mots. Bobin s'adresse à des amis très chers. De Paul Claudel, je ne comprends pas trop ce qu'il veut me dire. Il attise ma curiosité, me dit que je ne connais pas bien Claudel. Je retiens de lui son théâtre éthéré, désincarné de mes jeunes années. Relecture. La brume se dissipe. Les mots de Bobin deviennent les miens. Comme on goûte la vanille dans une glace ou le subtil goût de pomme dans le vin. Euréka !  Bobin s'émerveille des mots de Claudel qu'il avait un peu snobé et qu'il découvre « petit Paul c'est une âme d'enfant dans une chair d'homme. » Et il écrit aussi « Pour faire un petit Paul, po...
  Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Ciel gris et stratus. Les météorologues ont le don de nous donner des espoirs. Hier, on avait droit au soleil et peut-être à une température intéressante pour aujourd'hui. Mais ce matin nada! Rien. Je sais la météorologie n'est pas une science exacte, pardon la prévision météorologique n'est pas une science exacte malgré ses progrès immenses. En tout cas, c'aura été une occasion d'écrire des mots météo qui ne sont pas si facile que ça à écrire. J'ai tendance à gribouiller dans la région du r. Je lis aussi Lettre à Benjamin de Laurence Leduc-Primeau. Son partenaire s'est donné la mort. Elle lui écrit une lettre pour crever l'abcès, pour continuer à vivre même s'il n'est plus là. Pour vider sa tête de ce cirque qui roule dans sa tête, de ces pensées qui comme un motif de tissage ou d'imprimerie,  reviennent,  reviennent,  reviennent, toujours, toujours, toujours.  Aparté :     effacer   le...
  Le ciel est bleu réveille-toi. c'est un jour nouveau qui commence. Et   ce matin je me suis encore levée. Avec le soleil aujourd'hui naît l'espoir. Petit à petit, on se dit qu'on la vaincra cette pandémie, la reconstruction du paradis. Non du feu qui détruit tout, mais d'un virus qui détruit presque tout. Les humains soumis à l'invisible. Les personnes âgées ou non. La vie sociale. Même si on en a peu. Surtout la liberté de choisir si on veut ou si on ne veut pas. Car, il ne faut pas se le cacher, quand on prend sa retraite, quand on devient vieux nous sommes un peu confiné ou le confinement ça nous connaît. Ce genre d'écartement de la société. Ne sommes-nous pas discartés depuis le premier jour de la retraite? Oui, oui, je sais. Ce mot vient de l'anglais. Et pourquoi pas, il dit bien ce qu'il veut dire. Saurons-nous encore faire des câlins ? Je me sens un peu R.L. ce matin. Vous êtes humble ma chère. R.L.. dit : la chaîne des Adirondacks, longue  ...

Le carnet d'écrivain

  Aujourd'hui, je me prépare, mentalement. Je me mets en état de... Je me suis inscrite à un atelier virtuel avec Robert Lalonde. Les premiers pas vers un carnet d'écrivain. Je me doute un peu de son fonctionnement parce que j'ai lu plusieurs livres de R.L. Présentement, je lis La reconstruction du paradis. Robert Lalonde dit: Je réapprends à vivre en poète et à écrire de même, à regarder pour faire voir, à écouter pour faire entendre, refusant de toute ma force de me laisser soigner par des thaumaturges ennemis du désir, passionnés d'autodestruction programmée, désirant composer avec la vie comme avec une catastrophe. Plus loin, On avance avec ce qu'on a reçu, avant de tenter de se refaire.

Jean-Jacques Pelletier

  Questions d'écriture. Si décider d'écrire est une étape, savoir à qui on va s'adresser en est une autre. Tout aussi nécessaire pour l'écriture. Un auteur, qu'il le sache ou non, qu'il le veuille ou non, choisit ses lecteurs. Par ses choix d'écriture, il décide qui va avoir de l'intérêt à lire… … la fiction demeure l'endroit le plus supportable. J'écris parce que la maitrise des mots représente un pouvoir et que ce pouvoir peut, dans certains cas, faire une différence. J'écris parce que j'ai peur. J'écris pour ne pas mourir. J'écris pour respirer. J'écris pour digérer. J'écris pour me construire un ersatz d'identité. Et j'écris pour meubler le désert. Pour ne pas être seul. Si j'écris, c'est pour reposer du hasard, de l'incohérence, de l'inachèvement et de la futilité. ... je suis cet enfant revu et corrigé… j'écris donc pour ne pas avoir peur, dans un monde incohérent où n'importe quoi pe...

Robert Lalonde et ses mots

Robert Lalonde parle  de ses fragments d'écriture : boîte de retailles. « Qu'est-ce que la fatigue, sinon une perte de confiance, une injuste trahison du désir ? » La reconstruction du paradis, Robert Lalonde p. 11 « Poète, tu es un vieil enfant qui rêve au paradis que les hommes ont fui.» Iotekha R. L. p. 12 « Tu as peur et tu cries, mais sans voix.» p. 29 Iotekha ...la réalité nous dévisage avec une arrogance stupide. À tant faire le tour du désastre, on en vient à le trouver insurmontable. Un bourdonnement tyrannisait mes oreilles Les voyageurs avancent au pas de l'oie entre les banquettes. ... réseau de branches au-dessus de sa tête, ne laissant filtrer que des aiguilles de lumière qui lui zèbrent les bras... pur noir de la terre noire, le noir goulu.

Encore Robert Lalonde

  À ton âge, tu dois ben savoir ça : la jeunesse s’en va jamais. Cachée au fond de toi, la folle continue de te travailler jour et nuit. On a beau marcher plié, les reins en feu, les yeux pleins d’eau, on marche quand même. Ou plutôt, c’est elle, la jeunesse, qui marche à notre place. Robert   Lalonde ,   À l’état sauvage.

Desert Botanical Garden Phoenix

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Hier, nous sommes allés au jardin botanique de Phoenix.  C'est un jardin spécial qui rassemble la végétation des déserts. Nous avons passé un bel après-midi à nous régaler de cactus en fleurs. Floraison printannière éphèmère. Quand nous sommes venus ici pour la première fois, il y a neuf ans, le jardin était plus sauvage. Aujourd'hui, on a amélioré c'est-à-dire balisé cet espace. J'aimais bien marcher hors des sentiers battus. Pourquoi faut-il que tout soit  encâdré ?

Le poids et l'estime de soi

Quelques fois le matin quand je me lève, j'ai l'impression d'être mince. Il me semble que pendant la nuit, j'ai perdu cet excès de poids que je porte. Il me semble avoir retrouvé ma taille de guêpe. J'ai toujours contrôlé mon poids. Aujourd'hui, je ne suis plus capable. Je ne mange pas beaucoup et je crois que je me nourris bien. Je fais aussi de l'exercice trois fois par semaine. Rien n'y fait. Bien sûr, peut-être que je devrais arrêter de boire du vin, que je devrais arrêter de manger un peu de dessert. Je sais tout cela. Cependant, je me dis qu'à mon âge je ne suis pas pour me priver de tous les plaisirs de la vie, surtout qu'il ne me reste presque plus de plaisirs. De toutes façons, l'illusion ne dure pas longtemps. Quand je me regarde dans le miroir, je constate assez vite que je n'ai pas perdu ce petit pneu de mobylette autour de la taille. Le miroir. Elle me regarde ses yeux m’ interrogent aujourd’hui avec sé...

Moi et le téléphone

J'ai toujours eu des problèmes à parler au téléphone. Si je veux être honnête à parler tout court i.e. entretenir une conversation. Je suis surtout du genre à écouter. Au fil des ans, je me suis améliorée. Régler des affaires au téléphone, pas de problème. Je n'hésite plus. Un moment donné, il faut ce qu'il faut. Pour avoir une vraie conversation, au téléphone ou autrement, il faut relancer. Très peu de personnes pensent à me relancer, alors j'écoute. Puis quand j'ai écouté un bon moment et placé un peu partout de OK, des ah, des onomatopées, et posé des questions et qu'on me dit Et toi? Alors moi, je dis un peu surprise, Moi, ça va. Le néant dans ma tête. Je ne trouve plus rien à dire, surprise et vidée. Si la personne ne pose pas de sous-questions après le Et toi? et puis Moi, ça va, la conversation est finie. Et on raccroche le téléphone. Pourtant, je sais que j'aurais des choses à dire. Mais...

Beige

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  La première fois que je suis venue en Arizona, je me suis demandée pourquoi ? Tout était gris, la végétation pauvre. Et les maisons beiges. Ce fut ma première vison du hublot, nous étions vers le milieu de mars. Et puis, un moment donné au début d'avril le paloverde a fleuri. Je me suis réconciliée avec le paysage. Tout le long des routes des touffes de jaune. Absolument magnifique! Nous sommes fin avril et déjà les belles fleurs jaunes disparaissent. Même les feuilles minuscules disparaissent à la saison sèche. Nous sommes ici, sous un climat semi désertique. Et cette année, j'ai aussi remarqué le magnolia blanc. Époustouflant ! Une orgie de fleurs.   Ce que nous apprécions aussi ici, c'est la sécheresse de la température. 30 degrésC. se supporte mieux que par chez-nous l'été avec l'humidité.

Température

I l y a une limite à la chaleur comme pour le froid. Ce matin, il fait 77 F = 25C. Et je trouve que c'est bien. Je prendrais ce genre de température tout le temps. Mais quand on a eu fini de jouer au golf vers 11h. hier, il faisait 91 F i.e. 33 C. Heureusement qu'il n'y avait pas beaucoup d'humidité. Après nous avons oscillé entre le dedans et le dehors. Si nous sommes venus ici, c'est pour passer du temps dehors, ouvrir les strores et les portes. Raccourcir l'enfermement de l'hiver. Les gens ici vivent à l'air climatisé,les portes et les stores fermés. Nous sommes les seuls à manger dehors. Nous n'avions jamais dépassé le 15 avril. Cette semaine on annonce des températures qui frôleront le 100F. Enfin, je pense bien que le climat idéal n'existe pas. Notre hiver dure trop longtemps.

Question sans réponse

Souvent quand je me pose une question et que je veux une réponse, je vais voir sur internet. L'internet est un goufre quasi sans fond de connaissances. Exemple : Mon époux s'est retrouvé avec un écran noir sur son portable Toshiba. Impossible de changer les choses. Il était très contrarié. Il pensait qu'il n'arriverait pas à fermer l'oeil de la nuit. Alors, j'ai posé la question à Web.: Écran noir sur portable Toshiba. Il comprend les formulations simples. Et hop ! Nous avons eu une réponse qui s'est avérée simple et efficace. Adieu écran noir. Là, je voulais savoir si tous les Américains ont de grands pieds, si oui pourquoi ? Drôle de question me direz-vous. Pas si drôle que ça. Mon époux voulait des souliers de golf.  Profitons-en, aux États ils doivent avoir beaucoup de choix. Nous avons arpenté plusieurs magasins golfiques et impossible de trouver des souliers de la pointure 7. Tu t'informes, rien, nada. Alors nous concluons qu...

L'histoire du petit chien

Je le trouve drôle ce petit chien, du poil partout même dans les yeux. Je ne connais pas sa race. Je m'y connais peu en chien. Il a les pattes courtes. Je le vois descendre l'escalier. Il part du troisième. Sa maîtresse l'a bien dressé. Il descend comme une flèche sans se laisser distraire. Il fait ce qu'il a à faire et remonte aussitôt. Toujours au même endroit. Ni vu, ni connu. La première fois, je me suis demandé ce qu'il faisait là seul et sans sa laisse et sans l'humain. J'ai pensé : Il prend peut-être la clé des champs, il se paye une petite escapade. Non, seulement une petite sortie pour vider sa vessie. Je l'ai vu ce matin, harnaché. Sa patronne avait un petit sac vert à la main. Cette brave petite bête a montré ses crocs.

La tourterelle qui se prend pour un coq

 Le coq s'égosille le matin. Au lever du jour, nous l'entendons. Nous dormons les fenêtres ouvertes. Quel drôle de coq, pensions nous. Il cocorinne bien longtemps... Nous nous sommes mis à écouter plus attentivement.  Plus la journée avançait, plus il perdait son accent de coq. C'est à ce moment là que nous avons compris que cette tourterelle  se prenait pour un coq. J'ai pensé à Roméo, le petit mâle que j'avais mis en cage pour mes filles. Au  printemps, il n'en finissait pas de roucouler. Un bon jour, lasses de l'entendre, nous  lui avons rendus sa liberté. Je suis surprise de voir qu'ici à Ahwatukee AZ, il soit encore vivant.

Wouf, wouf...

Les chiens. Peut-on vivre sans chien ? Je n'en ai jamais vu autant .  Notre appartement se situe tout près d'une station où il y a un distributeur de sacs (dogi-bag). Au moins, il y a des sacs. Et on sait à quoi ils servent. Les gens sont disclipinés pour le solide. Pour l'urine, c'est autre chose. Parfois, nous sommes assis ou nous mangeons sur le balcon et monsieur ou madame suit son chien qui se soulage sous nos yeux, mine de rien. Où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir. Un p'tit pipi vous me direz, ya rien là. Plusieurs petits pipis et on ne sent plus l'odeur des roses. Je plaisante, de roses il n'y a pas ici. Et maintenant, j'entends une de ces pauvres bêtes qui jappe. Bien sûr les patrons sont partis travailler. Un chien n'aime pas passer la journée seul. Et en plus, il n'a pas la notion du temps. En tout cas, je peux dire que je peux vivre sans chien. Si d'autres veulent avoir un chien, pas de problème mais j'aim...

Art Museum Phoenix AZ

Nous sommes allés au musée aujourd'hui. J'avais déjà photographié cet arbre avant. Aujourd'hui, je pouvais le faire comme on le voit : en action. J'ai aussi ajouté ma touche personnelle. Il n'y avait pas d'exposition qui nous accrochait vraiment. Nous le savions. Nous allions là surtout pour le restaurant : une terrasse àˋl'extérieur, bien aménagée où on mange bien. Nous nous sommes posés des questions existentielles. Reviendrons-nous passer un mois en Arizona ou ailleurs? Au début, nous pensions que oui. Le climat est vraiment formidable... du soleil, de la chaleur sèche. Que désirer de mieux en ce mois d'avril et cet hiver québécois qui n'en finit pas de partir. Transporter notre maison ailleurs est-ce ce que nous voulons vraiment ?  Que pouvons-nous faire ici que nous n'avons pas déjà fait ? Le golf ne comble pas tout. Serions-nous blasés à cause de notre grand âge. Pourtant, nous savons qu'il nous reste beaucoup à v...

Port St Joe Fl

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St Joe.   Je me berce sur la galerie de cette maison louée, à deux coins de rue du golfe du Mexique. Mon café à la main, j’écoute le jour se lever. L’aube m’enveloppe de sa moiteur. Nous sommes à la limite d’un fuseau horaire. Quand sept heures sonne ici, il est six heures à quelques kilomètres plus loin. Tout ici s’éveille lentement. Nuls rayons de soleil à l’horizon. Seuls   les oiseaux gazouillent depuis quelques heures déjà et quelques automobilistes qui sillonnent les rues. *** Je transporte ma chaise sur la plage. Nous aimons marcher une heure ou deux sur ces plages quasi infinies et désertes en mars, la tête penchée, à l’affût des coquillages. Nous sourions quand nous voyons les pluviers effarouchés s’enfuir devant nous en picorant sans cesse et les mouettes rieuses indignées de nous voir sur leur territoire. Plus loin, là-bas, des pêcheurs du dimanche ont planté leurs lignes dans le sable et ils attendent assis au soleil et dans le vent. Un jour,...