Messages

Dans le fond...

... la planète est petite. Je n'ai pas écrit depuis longtemps sur ce blogue. Il me semblait n'avoir rien à dire. Loin du quotidien, tout change. Nous sommes en Italie. Présentement dans les Pouilles, à Otrante , cité balnéaire située au sud du talon de la botte. Avant hier, nous étions à Matera en Basilicate, nous visitions les Sassi, des habitations troglodytiques. Nous allions visiter une église rupestre. Nous parlions en français (ce qui est rarement possible en Italie) avec une jeune dame à l'acceuil. Un moment donné, nous lui avons dit que nous venions du Canada et plus précisément du Québec. Alors, elle nous a dit qu'elle avait étudié et fait une thèse sur la poésie québécoise féminine à Bari car son professeur était fou de la poésie québécoise  . Elle a particulièrement étudié la poésie de Nicole Brossard et d'une autre poète dont elle ne se souvenait plus du nom. J'étais fière, de connaître un peu notre poésie. Elle se souvenait de Nicol...

Jean Provencher écrit...

 dans L'homme enchevêtré Flamme banale L'étincelle muette infuse, s'insinue entre les cordes sensibles, gagne doucement, comme à la dérive, chaque entaille. Dérive bientôt rageuse, implacable. L'étincelle se prépare au combat dans une sorte de compassion. Dévorante. p. 37   

Une blessure de luxe

Le voyage quotidien sous le fardeau du mensonge Derrière les masques multiples. Faire semblant de se battre pour devenir. Éviter de voir ce qui se trame sous les choses. La conscience est une coupure profonde. Une blessure de luxe. Pour le reste, chacun sait qu'il est sage d'assurer sa survie avant de mourir. Laurier Veilleux  La peur des éclipses p.46

Étrangement...

Mes lectures se recoupent . Michel Pleau  écrit dans Regards sur le poème : Le poème est une terre qu'il faut remuer avec délicatesse.  Le travail du poète consiste à retrouver ce qu'il a enterré. Rouvrir la petite boîte des mots et redonner la mémoire aux choses et aux êtres en lui, leur laisser reprendre la parole. Il se cache sous les décombres du poème l'autre que je cherche et dont j'entends la respiration en moi. L'autre n'est pas ailleurs que dans la conquête du langage, que je déterre enfin, pour retrouver une voix originelle. p. 13 Mais   elles diffèrent. Je lis présentement un roman de Jean-Paul Dubois  : Le cas Sneijder Le personnage parle aussi de la mémoire qui est plutôt dérangeante pour lui. Je me souviens de tout ce que j'ai fait, dit ou entendu. Des êtres et des choses, de l'essentiel comme du détail, fût-il mièvre, insignifiant ou superfétatoire.   Je garde, je stocke, j'accumule, sans discernement ni hiérarchie, m'...

LES OFFENSÉS

LES OFFENSÉS Par ordre de famine les indigents furent alignés Par ordre de colère les séditieux furent examinés Par ordre de bonne conscience les maîtres furent jugés Par ordre d'offense les humiliés furent questionnés Par ordre de blessure les crucifiés furent considérés. En cette misère extrême les muets venaient en tête Tout un peuple de muets se tenait sur les barricades Leur désir de parole était si urgent Que le Verbe vint à leur rencontre de par les rues Le faix dont on le chargea fut si lourd Que le cri « feu » lui éclata du cœur En guise de parole. Anne Hébert p. 114 Oeuvre poétique 1950-1990

Anne Hébert écrit...

Écrire un poème s'est tenter de faire venir au grand jour quelque chose qui est caché. Un peu comme une source souterraine qu'il s'agirait d'appréhender dans le silence de la terre. Le poète est une sorte de sourcier, sans baguette de coudrier, ni aucune baguette magique, qui se contente d'être attentif (à la pointe extrême de l'attention), au cheminement le plus lointain d'une source vive. La moindre distraction de sa part suffirait pour que disparaisse et se cache ailleurs ce souffle d'eau dans le noir, cette petite voix impérieuse qui cogne contre son coeur et qui demande la parole. La ferveur ne suffit pas, il faut la patience quotidienne de celui qui attend et qui cherche, et le silence et l'espoir, sans cesse ranimés, au bord du désespoir, afin que la parole surgisse, intacte et fraîche, juste et vigoureuse. Et alors vient la joie. Le poète est au monde deux fois plutôt qu'une. Une première fois il s'incarne fortement dans le mond...

Nos poètes québécois.

Nous parlons beaucoup des romanciers québécois et peu des poètes québécois. Les poètes qui mettent un baume sur les égratignures et les autres blessures plus profondes. Un poème ne se lit pas comme un roman. Il faut le lire à petites bouchées et le savourer. Souvent  il faut le lire à haute voix et le laisser agir doucement comme une médecine douce. Souvent, il faut le relire sans se poser mille questions. Voici une petite bouchée d'un poème de Michel Pleau tirée de son dernier livre : Le petit livre de l'été . Les fraises des bois nourrissent l’âme et tachent les doigts. On ne sait pas encore qu’ elles mûriront longtemps dans la mémoire. Pour l’instant, on s’agenouille, on récolte le bonheur au ras du sol. p. 62

RAS LE BOL

Pourquoi faudrait-il se sentir coupable ? Pourquoi faudrait-il se sentir coupable de vivre à l'aise en cette fin de vie ? Selon certains, on devrait se sentir coupable d'avoir fait des études et surtout que nos parents aient payés ces études. Pourtant, mon père a travaillé à la sueur de son front. Il en est mort dans la jeune cinquantaine. Nous étions six à la maison. Mon époux, ils étaient 11 enfants. Ces enfants ont aussi fait des études universitaires pour la plupart. Et qui a payé, le père qui entretenait une petite terre. Nous avons, à notre tour, travaillé à la sueur de notre front et payé des impôts que nous payons encore. En même temps, nous avons eu nous aussi des enfants que nous avons élevés sans l'aide de l'état et dont nous avons payé les études. Tous les matins, durant notre vie d'adulte, nous nous sommes levés pour aller travailler. Pourquoi faudrait-il se sentir coupable de vivre à l'aise en cette fin de vie ?

Lune

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La lune m'a dit: regarde-moi, je suis là - Vite, une échelle.

Le prince de la brume, Carlos Ruiz Zafon.

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Le Prince de la brume relate l'histoire de Max et Alicia, sa soeur. En 1943, pendant la guerre, leur père Maximilien Carver, horloger, décide de quitter sa ville et de migrer vers une petite ville sur les rivages de l'atlantique, en Angleterre. Il ne veut pas exposer sa famille aux affres de la guerre. Ils habiteront une maison laissée à l'abandon par le docteur Fleischmann et son épouse. Très tôt, Max se rendra compte de quelques anomalies dans le jardin tout près de la maison. Leur petite soeur Irina adoptera aussi un chat errant qui a des comportement suspects. Max et puis Alicia feront la rencontre de Roland avec lequel ils se lieront d'amitié. Roland aime plonger tout près d'un bateau naufragé. Ils rapportent souvent des trophées. Il entrainera ses amis dans son sillage. Mais là entre en jeu, Le Prince de la brume , un esprit maléfique qui ne les ménagera pas. Carlos Ruiz Zaf ó n a écrit ce roman pour la jeunesse, je dirais pour les adolescents. Au débu...

Yeah!!!

Le livre numérique est arrivé à la bibliothèque Gabrielle Roy. Chouette pour les gens qui voyagent. Juste à temps pour moi.

Sous la Glace, Louise Penny.

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Armand Gamache enquête dans un village fictif des Cantons-de l'Est, Three Pines. Un meurtre à Three Pines et un autre à Montréal. Ces crimes sont-ils reliés ? Voilà une des questions posées. En parler trop, serait risquer de dévoiler des secrets romanesques. Je trouve toujours un peu long, les débuts de ces romans car il faut camper les personnages et il faut attendre avant de voir ou comprendre leur interaction. J'ai bien aimé ce roman qui se passe dans un village chaleureux. J'ai pensé qu'il était, peut-être, un peu idéalisé. Ou peut-être est-ce ainsi dans les villages anglophones: tout le monde se connaît et sympathise. J'aurais aimé vivre dans ce village. J'ai aussi lu une entrevue que Louise Penny a accordé à Nathalie Petrowski . Je trouve, qu'au point de vue écriture, j'ai des atomes crochus avec Louis Penny. Son parcours est semblable au mien, sauf que moi, j'ai un peu abandonné après la vague de refus et je ne crois pas avoir encore ...

1Q84 suite

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Les deux personnages principaux de ce livre, Aomamé et Tengo, se sont rencontrés quand ils étaient enfants. Ils vivaient un peu en marge des autres enfants car ils étaient éduqués de façons différentes. Un jour Tengo est venu en aide à Aomamé. Aomamé a gardé un souvenir impérissable de Tengo. Les parents d'Aomamé ont un jour déménagé. Ils ne sont plus revus.  Tous les deux se souviennent de l'autre. Se rencontreront-ils ? Le livre nous les présente alors qu'ils ont trente ans. Chacun vit sa vie. Des vies paralèlles. Elle est tueuse à gages, très efficace. Et lui est un écrivain qui se cherche. Quand je lis, je m'interroge souvent sur le titre. Par exemple, pourquoi avoir donné ce titre 1Q84 ? Bien avant d'avoir trouvé la réponse dans le livre lui-même, j'étais allée voir sur internet. Je n'avais pas pensé à Orwell car je ne connaissais pas cet auteur. Maintenant, je me sens un peu ignare de ne pas l'avoir lu. J'y verrai. Dans le livre, les...

Haïku

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Un goût de jeunesse

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Sporadiquement, je prépare ces tartines pour déjeuner. La première fois que j'en ai mangé, j'étais au couvent. On ne disait pas des tartines, on disait des toasts à la mélasse. Ce jour-là, il y en avait des montagnes, au centre des grandes tables, des pensionnaires que nous étions. Rien que d'y penser, je salive. Dégoulinantes de mélasse. Imprégnées de mélasse. Nos doigts tout collés. Elles me rappellent qu'un jour ce fut la fin. La fin de l'école élémentaire comme on disait en ce temps. Il fallait choisir, l'ordinaire ou l'extraordinaire. Fallait-il vraiment choisir ? Non, pas vraiment. Mais déjà, j'avais des goût différents. Déjà, je m'affirmais. Il fallait que je sorte de l'ordinaire. Comment cela m'est-il venu ? Mystère et boule de gomme. Mes parents n'étaient pas instruits. Ils auraient voulu l'être. Mon père en souffrait. Pour eux, s'instruire était primordial. Mon père nous répétait souvent qu'il n...

1Q84

Je lis présentement ce livre de Haruki Murakami. Il fait dire à Komatsu ( éditeur)  à la page 39 : «... on ne peut écrire un bon texte si on en a l'intention , mais pas la moindre idée de la façon de s'y prendre. Pour écrire, il faut soit en avoir reçu le talent à l'origine, soit dépenser une énergie démentielle pour s'améliorer, jusqu'en en crever. » Il faut aimer écrire pour devenir écrivains. « - Pourtant, ce n'est pas suffisant.    - Il faut aussi un «quelque chose de spécial ». À tout le moins, il faut qu'il y ait quelque chose qui m'empêche d'interrompre ma lecture. » p. 40 Ceci me fait réfléchir :   «Cette petite Fukaéri, elle a quelque chose de particulier. Quand on lit , La chrysalide de l'air , on le comprend. Ce n'est pas rien, cette puissance imaginative . Malheureusement, sur le plan formel, ça ne vaut rien. Un style d'une extrême pauvreté. Alors que toi, Tengo, tu sais écrire. Tu as ce don et, en même temp...

Belle publicité pour une semaine de lecture

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Il fait fret ce matin. Pourquoi ne par rêver ? à la Baie Georgienne

Don Quichotte de Qc

Je me sens une Don Quichotte... Ce soir, je suis allée à l'épicerie pour des achats de dernière minute. J'écoutais les caissières (une jeune et une moins jeune) parler comme des caissières. Elles parlaient de leurs heures de travail. - Moi, je close à 19:00 de dire la plus vieille. La plus jeune de rétorquer, moi je close à 21.00. Je n'ai pas pu faire autrement que de m'insérer dans leur conversation. J'étais seule à la caisse. Je dis : C'est une nouvelle mode que d'employer le mot anglais ? La plus vieille me dit, je sais : la fermeture. Mais depuis que je travaille comme caissière c'est le mot qu'on emploie. Je ne sais pas pourquoi. J'ai pensé en moi-même que je me doutais bien pourquoi : toutes ces chaînes appartiennent à des anglophones , probablement que la plupart des directives sont en anglais... Alors, j'ai dit : Il n'y a pas que les français qui deviennent anglophones. Et elle de dire : Chez les jeunes c'est ...

Haïku

tomates, oignons et vin blanc les moules frémissent envie de mer. 

Haïku

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Ce matin, j'avais un haïku qui me trainait dans la tête. Ils sont ainsi. Ils doivent trainer... Je n'ose pas trop dire qu'il s'agit vraiment d'un haïku car il y a des règles à respecter pour dire qu'un haïku est un haïku. Disons qu'il s'agit d'un pseudo haïku. L'important, à mon humble avis, c'est de saisir l'instant présent en peu de mot. la neige et le vent unis dans la tempête une dune froide Je ne crois pas qu'il ait dit son dernier mot. Si quelqu'un a des suggestions... Il me fera plaisir de les considérer.